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Accueil > La Résistance à Châteaubriant > b - Commémorations > Les Forges de l’Espérance (2)

Les Forges de l’Espérance (2)


La menace fasciste

A nouveau prennent place deux classes de chaque côté de la scène. L’une de garçons et l’autre de filles. Elles évoquent la fin des années 30.

Un élève (Denis) : Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles comme disait Voltaire ?

L’instituteur : On le voudrait, mon cher Denis, mais hélas « rien n’est jamais acquis à l’homme » comme le chantera si bien ARAGON quelques années plus tard !

Trois dates suffisent à comprendre :

-  le 4 juin 36 : Albert LEBRUN président de la République charge Léon BLUM de former le gouvernement du Front Populaire.

L’élève (Jacques) :
- Le 18 juin, les ligues fascistes sont dissoutes en France.

L’instituteur : Oui, Jacques c’est très bien,
- mais le 18 juillet, un mois, jour pour jour plus tard, en Espagne, le général FRANCO agresse la République Espagnole.
C’est un coup d’état militaire et malgré l’appel du gouvernement espagnol, Léon Blum décide de ne pas intervenir.

Denis : C’est donc ça la « non-intervention » !

L’instituteur : C’est cela que l’on nomme ainsi, oui. Et le fascisme va bientôt entourer la France à toutes ses frontières, parce qu’HITLER et MUSSOLINI eux, vont soutenir FRANCO,à l’aide de centaines d’avions de bombardement, de chasse et de transport.

L’élève (Jacques) : La fameuse « légion CONDOR » !

Une élève (Jeanne) : (de l’autre côté de la scène)
Mais pourquoi la République française n’a-t-elle pas aidé la République espagnole ?

L’institutrice : Parce que, mademoiselle Jeanne, le gouvernement BLUM, s’aligne sur la position du gouvernement britannique, hostile à toute aide militaire à l’Espagne. C’est un désengagement de la France qui a des traités d’amitié et commerciaux avec le gouvernement espagnol !

Une seconde élève (Martine) : C’est pour cela que vont se créer les Brigades Internationales ?

L’institutrice : Oui, Martine ! Les Antifascistes qui ne comprennent pas cette position de « non intervention », vont se mobiliser et réagir :« Une heure de travail pour l’Espagne »
L’argent permet d’acheter un tank, des mitrailleuses....
Des collectes de lait, de savon, de vêtements sont organisées.

Les brigades internationales

La scène revient dans la classe des garçons.

Un élève (Bernard) : Et le gouvernement Blum ne change pas d’avis ?

L’instituteur : Au contraire, face à la pression, aux débrayages, aux manifestations, il décrète le blocus.
C’est l’abandon de l’Espagne à son sort.
Une véritable trahison.
Alors dans le Front Populaire, le trouble s’installe !

Un élève (Jacques) : C’est pour ça que des volontaires partent en Espagne ?

L’instituteur : Oui, dès juillet 36, par solidarité, des ouvriers, des militants vont offrir leur aide et s’il le faut, leur vie aux Républicains espagnols.

Les deux scènes alternent de cour à jardin.

L’institutrice : Le 3 septembre : 300 000 métallurgistes font une grève d’une heure contre le blocus de l’Espagne républicaine. Et le soir, une foule immense rassemblée au Vélodrome d’Hiver reçoit l’appel pathétique de Dolorès IBARRURI, surnommée « La Pasionaria ». Elle est député d’Oviedo et membre du Parti Communiste d’Espagne.

La Passionaria et les Brigadistes

La Pasionaria (qui entre en scène) : " Ouvriers ! Paysans ! Antifascistes ! Patriotes ! Face au soulèvement militaire fasciste, tous debout !
Défendons les libertés populaires et les conquêtes démocratiques du peuple !
Le fascisme ne passera pas !
Les fascistes ne passeront pas !
No pasaran !

Des voix (en écho) : No pasaran !

La Pasionaria :Français, Françaises ! Aidez-nous ! Vous seuls pouvez nous sauver !

L’instituteur : En octobre, arrivent en Espagne les Volontaires des Brigades Internationales :
Durant les trois années de guerre, ils seront au total 35 000 de 53 nations.

Un groupe de Brigadistes est entré en scène

Le Ministre (Martinez Barrio) : Dans quelles conditions voulez-vous participer à notre lutte ?

Un brigadiste : Monsieur le Ministre Martinez Barrio, nous ne posons aucune condition.

Les Brigadistes

Nous ne désirons qu’une chose : que les Brigades Internationales soient considérées comme des unités uniquement subordonnées au gouvernement et à ses autorités militaires ; qu’elles soient utilisées comme troupes de choc, en tout lieu où ça sera nécessaire.

Le ministre :(A un second brigadiste) Et vous, vous êtes dans le même esprit ?

Le second brigadiste : Je suis ici parce que je suis volontaire, et donnerai, s’il le faut, jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour sauver la liberté de l’Espagne, la liberté du Monde entier.

L’institutrice : Parmi ces brigadistes, 8 500 français dont 3 000 trouveront la mort au combat.

Derrière le texte de la pasionaria, le piano joue.

La Pasionaria  : Mères ! Femmes !
Lorsque les années auront passé
et que les blessures de la guerre seront cicatrisées,
lorsque le souvenir des jours de détresse et de sang
se sera estompé dans un présent de liberté,
d’amour et de bien-être (...)
parlez à vos enfants.
Parlez-leur des hommes des Brigades Internationales.

Dites-leur comment,
franchissant les océans et les montagnes,
passant les frontières hérissées de baïonnettes (...)
ces hommes sont arrivés dans notre pays
comme des croisés de la liberté.
Ils abandonnèrent tout :
tendresse, patrie, foyer, fortune,
mères, épouses, frères, sœurs et enfants
et vinrent nous dire :
Nous voici. Votre cause, la cause de l’Espagne
est la nôtre.
C’est la cause de toute l’Humanité
éprise de progrès !

Chant : A LAS BARRICADAS - Barcelone 1936
Chant anarchiste de la révolution Espagnole
par la Chorale Méli-Mélo dirigée par Catherine Diamin

Guernica

L’instituteur : Le 18 novembre 36, avions allemands et italiens bombardent Madrid : 250 morts, 450 blessés.

L’institutrice : Le lendemain, 19 novembre, HITLER et MUSSOLINI reconnaissent la Junte de FRANCO comme gouvernement de l’Espagne.

L’instituteur : En France, la fausse neutralité du gouvernement BLUM est dénoncée par de plus en plus de travailleurs.

Maurice THOREZ clame le 14 février 37 :
« Il faut sauver la paix, sauver la France en sauvant l’Espagne ! »

Mais comme pour unique réponse le mois suivant, l’aviation germano-italienne bombarde Guernica et réduit en cendres le sanctuaire basque.

Guernica

Sur une sonate jouée au piano, l’immense toile de Guernica peinte par Picasso et reproduite par l’atelier d’Arts Plastiques du Lycée Guy Moquet est hissée doucement.
Des enfants de 10/11 ans s’avancent, un rameau d’olivier à la main.

Un enfant : Lundi 26 avril 1937, c’est jour de foire régulier à Guernica. Guernica ! ville ouverte située à 30 km du front.

Un second enfant : Aux 7 000 habitants de la cité s’ajoutent 4 000 réfugiés de Guipúzcoa et 3 000 visiteurs de la foire, qui en milieu d’après-midi connaît une grande affluence.

Un troisième enfant : Il est exactement cinq heures moins le quart à Guernica !

Premier enfant : Une foule dense et animée peuple la place.

Soudain, le tintement des cloches retentit.
C’est le signal d’une alerte.

Troisième enfant : La population s’éparpille et cherche un refuge à l’extérieur de la ville ou dans des caves.

Deuxième enfant : Les aviateurs hitlériens de « la légion Condor » arrivent aussitôt et s’acharnent d’abord sur le marché. Puis sur l’hôpital.

Troisième enfant : Une clameur de panique monte de la ville. Guernica est lentement et systématiquement mise en morceaux.

Premier enfant : D’abord des grenades et des bombes lourdes pour créer la panique parmi la population.

Deuxième enfant : Puis l’emploi de mitrailleuses pour pousser les gens sous terre.

Troisième enfant : Ensuite le jet de lourdes bombes incendiaires pour démolir les maisons et les brûler au-dessus de leurs victimes.

Deuxième enfant : Aux alentours, les groupes en fuite sont décimés par les mitrailleuses des avions de chasse, et les fermes isolées, bombardées.

Temps - Musique grave.

Premier enfant : À 19h45, la ville n’est plus qu’un brasier immense, jetant des flammes gigantesques vers le ciel, teintant les nuages de la couleur du sang.

Troisième enfant : Toute intervention est impossible.

Deuxième enfant : Il semble que tous les habitants soient brûlés vifs.

Premier enfant : Deux mille morts !

Deuxième enfant : Deux mille morts !

Troisième enfant : Deux mille morts !

Tour à tour les enfants ont déposé leur rameau d’olivier.

Chant : GIROFLÉE GIROFLA
Chorale Méli-Mélo, dirigée par Catherine Diamin

Une adolescente espagnole :
Quiero dormir el sueño de las manzanas.

Un adolescent français :
Je veux dormir du sommeil des pommes

L’adolescente : Alejarme del tumulto de los cementorios

L’adolescent : Loin du tumulte des cimetières

L’adolescente : Quiero dormir el sueño de aquel niño

L’adolescent : Je veux dormir du sommeil de cet enfant

L’adolescente : Qui quiera cortarse el corazón en alta mar

L’adolescent : Qui souhaite se transpercer le cœur en haute mer

Les deux adolescents (ensemble) : Federico Garcia Llorca

Le drap/linceul de Guernica tombe. Des réfugiés espagnols sont regroupés sur scène.

Les réfugiés espagnols

Une réfugiée (qui s’avance) : L’histoire nous dira que nous fûmes au moins 400 000 à nous regrouper à la frontière catalane.

2e réfugiée : Toutes et tous républicains, menacés dans nos vies.

Un vieil homme espagnol : Mais nous laissons derrière nous plus de 600 000 morts et trois années de guerre.

Un adolescent : Ceux qui fuient FRANCO sont considérés par la France officielle comme des indésirables.

Une adolescente : Nos pères et nos frères sont parqués dans des camps français de concentration, dans le midi : Argelès, Le Barcarès,

L’adolescent : Gurs, St Cyprien, Le Vernet d’Ariège ...

L’adolescente : Mon père m’a écrit que là-bas tout manque sauf les barbelés... et la troupe pour empêcher les hommes de sortir.

L’adolescent : On dit qu’HITLER envoie les Espagnols rouges à Mathausen dans un camp.
On leur met un triangle bleu « d’apatrides » sur la veste.

L’adolescente s’est rapprochée du garçon qui la serre dans ses bras.

3e réfugiée : Notre petit contingent espagnol est arrivé à Ancenis, en mai 37. Nous sommes 236, Basques catholiques pour la plupart. Nous n’avons plus rien.
4e réfugiée : Nous remercions la population qui s’est mobilisée pour nous et qui nous a procuré des couvertures, des berceaux pour nos petits, du linge et des chaussures surtout. Merci au Fronte Popular de Nantes et d’Ancenis.
.
L’image se fige.

Un annonceur : (il passe comme un vendeur de gazette) Achetez « le Phare » ! 6 juillet 1937 ! 1850 réfugiés de Santander ont débarqué hier, à Nantes, du cargo anglais « STANCROFT ». Achetez Le Phare !.... Nouvelle arrivée de réfugiés !

Narrateur 12 : Rien de plus pénible que ce débarquement d’une foule de femmes, de jeunes filles, de vieillards, d’enfants désorientés, fatigués parfois au point de n’avoir plus la force de réagir, regardant dans le noir le spectacle d’une ville inconnue... d’une impassibilité presque tragique.....

L’annonceur : (il repasse avec un autre journal) Demandez « le Populaire » ! Depuis le 3 juillet, St Nazaire a accueilli 15 000 réfugiés espagnols ! 15 000 personnes, femmes, enfants, vieillards, dépourvues de tout, débarquées dans notre port !
Demandez Le Populaire !....

Narrateur 13 : D’après le récit des rescapés, la population de La Corogne vit dans la terreur. Les fascistes procèdent journellement à des exécutions en série. Il n’est pas de chemin écarté ou même de grande route où l’on ne trouve des cadavres, des exécutés...

L’annonceur : « Le journal de Châteaubriant » ! 110 espagnols, arrivés en train sont hébergés par le maire Ernest Bréant, au rez-de-chaussée de la mairie.
Demandez « le journal de Châteaubriant » !...

Voix 1 - Une castelbriantaise : Qui sont ces Rouges espagnols qui viennent chercher refuge chez nous ?


_

Voix 2 - Une castelbriantaise : Ca va encore coûter des sous en frais d’éclairage !

Voix 3 - Un castelbriantais : On aura tout vu ! La mairie transformée en centre d’hébergement ! Ben !...

Voix 2 - Une castelbriantaise : On peut savoir Monsieur Bréant ?

Le maire (E .Bréant) : Mesdames ! Messieurs ! Les frais occasionnés par cette situation particulière seront pris en charge par la sous-préfecture.

Voix 1 : Mais, Monsieur le Maire, combien de temps vont-ils rester là ?

Le maire : Peu de temps. Avant un mois ils partiront. De nouveaux cantonnements sont en préparation à la Forge de Moisdon-La-Rivière et à Juigné dans les anciennes ardoisières.

Narrateur 12 : Au camp de La Forge, 700 réfugiés femmes, enfants et vieillards sont regroupés sur des paillasses. Parmi eux la famille DIEZ, originaire de Gijon dans les Asturies.

Une mère "Ramona" et ses 3 filles : Odelinda (7 ans), Paz (2 ans) et Amapola - âgée de quelques mois seulement. Déracinées, exilées, fatiguées et dénutries, la famille DIEZ FERNANDEZ ne retournera jamais vivre en Espagne. Odelinda et Amapola sont encore Castelbriantaises aujourd’hui.

Narrateur 13 : Mais, pour l’heure en 1938, à Moisdon-La-Rivière, l’eau potable manque. La vie
est dure et l’hostilité de la population extrêmement vive. Pourtant l’état sanitaire est
dit correct et jusqu’en octobre 39, les Espagnols réfugiés resteront à Moisdon.

Les réfugiés se sont installés tant bien que mal sur des paillasses dans un coin de l’espace.

Une jeune fille : (Elle traverse l’espace, essoufflée)

Je ne sais rien de plus que vous
J’arrive de la ville le cœur barbouillé
Je parle seul et vite
Je suis pressé de tout me dire
Comme si j’allais perdre la mémoire
Il est midi
Et je me fais des signes
Car la lumière est transformée
D’un moment à l’autre
Les visages vont s’éclairer
Quand il sera trop tard
Des femmes et des enfants quittent Barcelone
A pied

EPISODE de René Guy CADOU

CHANT ET DANSE FLAMENCO
« ségueriya »
par Dominique et Isabelle Pemartin
Accompagnés à la guitare par Georges et Vincent Magnier

POEME « Cante Rondo » de F.G. LLORCA
dit par Elodie Retière

Munich

La troisième apparition de la classe mêle les garçons et les filles. Nous sommes dans les années 80.

Un élève - Benoît : Et Monsieur, que devient le Front Populaire en 1938 ?

L’instituteur : Il glisse vers la rupture bien sûr !
En mars 38, Hitler annexe l’Autriche c’est « l’Anschluss », avec la répression des Autrichiens hostiles au nazisme.

Et à peine l’Autriche annexée, Hitler revendique la Tchécoslovaquie.

Une élève - Mathilde : Et les Français ne réagissent toujours pas ?

L’institutrice : Pire, le 29 septembre 38, la France et l’Angleterre signent avec HITLER et MUSSOLINI : « les accords de Munich ».

Le territoire Tchèque des Sudètes est cédé à l’Allemagne.
La France par la signature de DALADIER capitule une seconde fois !

Un élève - Simon : Mais comment expliquer ?

L’instituteur : Eh bien vois-tu Simon, le Front Populaire est divisé entre les pacifistes et les partisans de la lutte armée.

L’institutrice : Il faut penser que nous sommes tout près de 1918...Vingt ans, c’est si peu !

Les Français ne veulent plus la guerre.
Toutes les familles se souviennent de la boucherie de Verdun.

Une élève - Suzanne : Mais ils sont aveugles, il suffit d’écouter HITLER dans son livre « Mein Kampf »

Dans le rôle d’Hitler

Hitler : (qui apparaît comme une ombre - hystérique)

« Car il faut qu’on se rende enfin clairement compte de ce fait : l’ennemi mortel, l’ennemi impitoyable du peuple allemand est, et reste, la France : que ce soient les Bourbons ou les Jacobins, les Napoléons ou les Démocrates bourgeois, les Républicains ou les Bolcheviks rouges (...)

La France est, et reste, l’ennemi que nous avons le plus à craindre. Ce peuple, qui tombe de plus en plus au niveau des nègres, met sourdement en danger, par l’appui qu’il prête aux Juifs pour atteindre leur but de domination universelle, l’existence de la race blanche en Europe...

Une deuxième guerre viendra... Contre la France qui trouble le monde et la paix... »

Suzanne : Personne ne peut dire qu’il ne savait pas !

L’instituteur : Oui, Suzanne, tu as raison ! Le diktat de Munich a détruit deux facteurs de paix.

D’abord le trait d’union entre Paris et Moscou. Depuis les aérodromes tchécoslovaques, les centres vitaux de l’Allemagne pouvaient être atteints !

Et puis, la route vers le sud-est, vers le pétrole roumain , elle était fermée à l’Allemagne par la barrière tchécoslovaque !

Pourtant beaucoup de gens pensent que les accords de Munich ont sauvé la paix !

L’institutrice : Et alors, plus rien ne pourra enrayer la machine de guerre nazie.

Le 1er septembre 39, HITLER entre en Pologne.

L’instituteur : Le 3 septembre, la France et l’Angleterre se déclarent en état de guerre contre l’Allemagne.

Des voix laconiques égrainent alors les dates.

Voix 4 : 25 août 1939 - Les journaux « l’Humanité » et « Le Soir » sont interdits !

Voix 5 : 26 septembre 1939 - par décret du gouvernement DALADIER, le Parti Communiste est dissous !

Voix 6 : 4 octobre 1939 - par décret, les municipalités communistes sont suspendues et remplacées par des délégations spéciales !

Voix 7 : 5 octobre 1939 - les députés communistes sont arrêtés, déchus de leur mandat, emprisonnés...

Un garde mobile français : (il pousse un prisonnier) C’est toi Eugène HENAFF ?

Le prisonnier : C’est moi.

Le garde : Renonce à tes idées. En cas de refus, tu t’exposerais à de sérieux ennuis.

Tu n’as qu’une signature à donner pour être tranquille...

Et même bénéficier d’avantages matériels pour ta femme et tes enfants.

Le garde tend une feuille et un crayon au prisonnier.

Le prisonnier : Non !

Le garde : Non ?

Le prisonnier : Non !

Hommage

Voix 4 : Honneur à ceux qui ont dit « Non » !

Voix 5 : Honneur à eux !

Voix 6 : Honneur à Charles MICHELS, à Fernand GRENIER et à tous les députés communistes qui comme eux n’ont rien renié.

Voix 4-5-6 : Honneur aux députés du « chemin de l’honneur » !

Voix 5 : Fin 39 ! La chasse aux syndicalistes et aux communistes est ouverte ! Aucun militant choisi ne l’est au hasard. RAYNAUD, GARDETTE, AUFFRAY, MOQUET (le père de Guy)...

Voix 7 : Des milliers de militants, des élus municipaux, des secrétaires de syndicats, arrêtés à leur domicile ou à leur travail.

Voix 6 : Traqués ou traités comme des malfaiteurs.

Voix 5 : Et puis, un peu plus tard, en 40, des jeunes filles et garçons des mouvements communistes arrêtés à leur tour.

Voix 7 : Parmi eux, Paulette CAPLIEZ, Jacques JORISSEN, Guy MOQUET, pour distribution de tracts antifascistes et puis le 13 août 1941 : Odette NILES, Simon BRONSTEIN, Charles KOLOSA, Robert RAOUL lors d’une manifestation anti-allemande. Ils connaîtront la cour martiale, les condamnations et les camps.

Voix 6 : Oui, les camps, car les prisons de la Santé, de Fresnes, du Cherche Midi n’y suffisent plus.

Voix 4 : Des camps d’internement sont alors ouverts à la hâte.

Voix 5 : Aincourt,

Voix 7 : Voves, près de Chartres.

Voix 6 : Pithiviers, Compiègne.

Une jeune homme (à l’écharpe rouge) : Bien sûr, tout cela était prémédité, avec la complicité des organisations patronales. Nous étions fichés ! Inscrits à l’encre rouge !

Une jeune fille (à l’écharpe rouge) : La guerre, c’est aux militants de la classe ouvrière qu’elle est faite. On nous enlève nos droits et nos libertés !

Un gendarme siffle et poursuit les deux jeunes qui se sauvent.

Chant : L’AFFICHE ROUGE de Louis Aragon
Interprété par Dany Coutand et ses musiciens.

Un couple contemporain et deux adolescents entrent en scène. Ils portent des fleurs.

La femme : RETIERE, le Colonel DUMONT, ROL-TANGUY,

L’homme : APPERE, BRETON, JACQUOT, FONTGARNANT, BESSIERES,

L’adolescent : MARY, HERAS, CARRE, PINCON,

L’adolescente : HEMMEN, SCHMIDT, VALLET, CHAMPION

La femme : A vous tous, anciens des Brigades Internationales qui furent les premiers organisateurs des groupes armés de la Résistance.

Elle dépose son bouquet en bord de scène.

L’adolescent : Et à tous ces Communistes Francs Tireurs Partisans, pénétrés, imprégnés de l’esprit de sacrifice pour refuser le fascisme.

Il dépose sa gerbe.

L’adolescente : Esprit de parti et patriotisme total...
Celui-là même qui animait les 12 000 Espagnols qui prirent part directement aux combats de la Résistance pour libérer la France et après juste après... l’Espagne ?

Elle dépose ses fleurs.

L’homme : A tous les Français et à toutes les Françaises bouleversés par les crimes nazis, ceux de la Sablière ici, à Châteaubriant, de Souges près de Bordeaux, de la Blisière, du Mont Valérien, d’Oradour et tous les autres, qui feront leurs, les paroles d’Edmond MICHELET, militant catholique :

« Celui qui ne se rend pas,
a raison contre celui qui se rend ! »
« Celui qui se rend,
ne sera jamais qu’un salaud,
quand même il serait marguillier de sa paroisse. »

Il dépose une couronne.

La femme : Combien de milliers de Résistants faudrait-il citer ?

La jeune fille : Combien de vies données ?

Le jeune homme : Pour le prix de la liberté !

L’ homme : Pour un jour de paix universelle.

Les femmes : Pour forger l’espérance d’une fraternité, partagée à jamais par tous les peuples.

Des enfants de CM1/CM2 entrent en scène et interprètent le poème :

AVEU

Accablé de soucis tourmenté de solitude
Je sais par un chant de joie
Me forger un courage
M’endurcir et l’esprit et le cœur

J’ouvre grand la fenêtre
Je chasse les mauvais esprits
Je rassemble mes forces
Je m’imagine dans le plus beau des lieux

Et soudain c’est comme si les murs
Etaient impuissants à m’arrêter
Soudain je peux agir, oublier

Je peux régner en homme libre et avec courage
Entonner des chants d’avenir
Vous ne pourrez me contraindre.

Wolfgang SZEPANSKY
Poème écrit à Sachsenhausen, 1942

Puis les acteurs de l’évocation et la chorale Méli-Mélo se regroupent pour ensemble, sous la conduite de Dany Coutand, chanter :

L’affiche

L’AGE D’OR
de Léo Ferré

Nous aurons du pain doré comme les filles
sous les soleils d’or
Nous aurons du vin, de celui qui pétille
même quand il dort
Nous aurons du sang dedans nos veines blanches
Et le plus souvent lundi sera dimanche
Mais notre âge alors, sera l’âge d’or

Nous aurons des lits, creusés comme des filles
dans le sable fin
Nous aurons des fruits, les mêmes qu’on grapille
dans le champ voisin
Nous aurons bien sûr, dedans nos maisons blêmes
Tous les becs d’azur qui là-haut se promènent
Mais notre âge alors, sera l’âge d’or

Nous aurons la mer à deux pas de l’étoile
les jours de grand vent
Nous aurons l’hiver avec une cigale
dans ses cheveux blancs
Nous aurons l’amour dedans tous nos problèmes
Et tous les discours finiront par « je t’aime »
Vienne, vienne alors, vienne l’âge d’or.

Documentation bibliographique

- Ce bonheur là ... - Fernand GRENIER
- La traversée de la tourmente 1933-1943 - Roger LINET
- 36-39 Du Front Populaire à la guerre - René VIEU
- Lettres des fusillés de Châteaubriant

- Telles furent nos jeunes années 1939-1945 - Les dossiers de La Mée

- La résistance et ses poètes - Pierre SEGHERS

- Le 36 des femmes Patricia LATOUR

- Le peuple de 36 Roger BORDIER

- Le mouvement syndical dans la Résistance éd. De la Courtille

- 1936 et les années du Front Populaire Jean VIGREUX

- Affiches et luttes syndicales de la CGT éd. Chêne

- Journaux : Le Populaire - Le Phare - l’Humanité

Remerciements pour leur contribution bibliographique à :
Jacqueline TIMBAUD, Odette NILES, Noëlle MENARD, Carlos FERNANDEZ, Jean-Claude BARON,
Hubert DOUCET, Roland FEUVRAIS et la commission évocation de l’Amicale.

Remerciements pour leurs témoignages :
Odélinda et José GUTIEREZ MARTINEZ

Evocation écrite et mise en scène par Alexis Chevalier. Assistanat : Christine Maerel. Une réalisation artistique du Théâtre Messidor

Avec la participation de : Dany Coutand (chant, guitare), Olivier Rousseau (piano) - Ludovic Hellet (contrebasse)

La Chorale Méli Mélo - dirigée par Catherine Diamin

Isabelle et Dominique Pemartin (Flamenco)
Georges et Vincent Magnier (guitares)
Elodie Rétière

Interprétation du spectacle par 70 comédiens et comédiennes amateurs du Pays de Châteaubriant et les jeunes des établissements scolaires publics.


Des photos

1) Les Gerbes : http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/1-GERBES/photo01.JPG

en remplaçant "photo01" par .......photo02, photo03, ......... jusqu’à photo33 on obtient tout

2) Les enfants : http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/2-enfants/photo34.JPG
en remplaçant "photo34" par .......photo35, photo36, ......... jusqu’à photo66 on obtient tout

3) Défilés : http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/3-defile/photo67.JPG

en remplaçant "photo67" par .......photo68, photo69, ......... jusqu’à photo88 on obtient tout

4) La Carrière des Fusillés : http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/4-carriere/photo89.JPG
de photo89 jusqu’à photo108

5) Autour du spectacle : http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/5-autour-spectacle/photo109.JPG
de photo109 jusqu’à photo165

6) Le spectacle :
http://s149162471.onlinehome.fr/SABLIERE/6-spectacle/photo166.JPG
de photo166 jusqu’à photo431


Commémorations de la Sablière

La Sablière

_ La Sablière : Femmes courage - 2007

Photos du théâtre Messidor- Les Forges de l’Espérance -


Plan general du site Resistance

Texte du livre "Telles furent nos jeunes annees", telechargeable ici : http://www.journal-la-mee.fr/bp/LivreMee.pdf

Plan du livre

Index du livre