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Du 1er mai 1873 au 31 août 1873

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 Chemins d’utilité générale ou communale

1er mai 1873 : Lettre du maire de Châteaubriant à monsieur le colonel de Rozières à Châteaubriant «  La lettre que vous m’avez écrite le 26 avril dernier, et dans laquelle vous vous disiez disposé à payer de vos deniers la somme de 300 frs réclamée pour un mandat délivré par la mairie le 2 novembre 1865 au nom de M. le Caissier, me faisait un devoir de m’assurer que vous aviez réellement touché le montant de ce mandat. Il résulte des recherches que j’ai fait faire sur les pièces de comptabilité existant à Châteaubriant que la dite somme de 300 frs vous a été comptée à vous personnellement et conséquemment ce n’est pas de vos fonds personnels que vous aurez à en tenir compte. J’aurais été désolé d’une telle solution. Les intérêts produits par les fonds déposés à la Caisse d’Epargne doivent profiter à la Salle d’Asile et ce résultat ne serait pas obtenu si dans les comptes de l’établissement il n’y a pas à la rente un article de cette provenance. J’ai l’honneur de vous envoyer en communication les deux livrets de Caisse d’Epargne et le double du compte que vous me demandez  »,

2 mai 1873 : au colonel du 64e de ligne à Villeneuve l’Etang : «  Ollivier Prudent est redevenu ouvrier maçon. Pendant un an il avait essayé d’apprendre et de pratiquer le métier de cordonnier, il a été obligé d’y renoncer, le pied estropié s’engourdissant devenait trop douloureux et refusait le service nécessaire pour maintenir la pièce d’ouvrage en chantier. (revoir 2 avril 1873)

Ce n’est pas à dire qu’il n’ait bien des inconvénients dans son état de maçon. Il manque de solidité sur les échafaudages et fait des chutes. L’une a été dangereuse avec interruption de travail. Il ne peut pas être payé et il n’est pas payé comme un ouvrier valide. Sa guérison n’est pas complète et extérieurement, outre la déformation du pied, il y a au talon une excroissance de chair longue, de mauvaise nature, douloureuse, rendant bien difficile l’usage de toute chaussure.

La conduite de M. Ollivier est très bonne et très morale, il est sobre, énergique et sait supporter son malheur avec courage, sans se plaindre. Il mérite à tous égards que l’on s’intéresse à sa position et c’est avec instance, M. le colonel que j’ai l’honneur de le recommander à vos bontés  ».

4 mai 1873 – Conseil Municipal. Une commission de trois membres est nommée pour terminer le prolongement du chemin de petite communication de la Ville Marie à Béré jusqu’à la route n° 41 [partie Nord, route de Fercé] près le bois et le ponceau de La Galissonnière.

Le Conseil examine ensuite la lettre du Sous-préfet du 2 mai 1873 demandant au conseil municipal de délibérer sur la nécessité d’exproprier M. de Fermon pour établir le chemin numéro 41 [partie sud]. «  Cette route reste inutile par suite de cette lacune  » dit le Conseil et il n’y a aucune solution amiable et les experts nommés par les deux parties pour estimer la valeur du terrain n’ont pu arriver à une entente.

Somme prévue au budget : 800 francs

5 mai 1873 : Charon Julien, soldat en congé de convalescence, est décédé à Châteaubriant le 25 juillet 1872. Aussitôt après son décès, son congé, son livret et sa feuille de route ont été remis à la Gendarmerie qui les réclamait.

«  Aujourd’hui un frère du décédé qui fait partie de la classe 1872, réclame l’exemption en qualité de frère de militaire mort en activité de service. Son dossier est déposé à la Sous-préfecture mais on exige à l’appui le congé de son frère  » : le maire le réclame au commissaire du recrutement à Nantes en disant : «  ce congé étant sans doute encore en votre possession, j’ai l’honneur de vous prier, Monsieur le Commandant, de me l’adresser afin que je puisse compléter le dossier »

5 mai 1873 – «  J’avais fait déposer à l’hospice de Châteaubriant la fille Armel atteinte de folie et d’imbécillité. Elle avait la manie de jouer avec le feu et elle alarmait tout son voisinage. J’espérais une amélioration dans son état, le médecin, par un second certificat, a constaté qu’il ne s’en était pas produit et l’administration de l’hospice demande avec instance d’être débarrassée de cette aliénée.  » . Depuis 20 ans elle habite Châteaubriant, elle est originaire de St Malo.

Le maire demande son admission à l’asile des aliénés de Nantes.

 Les irrégularités du caissier

6 mai 1873 : à M. le colonel de Rozières à Châteaubriant « J’ai reçu hier la note que vous m’avez adressée en me renvoyant le double de votre compte et les livrets appartenant à la salle d’asile. Cette note établit la manière irrégulière dont vous avez procédé en qualité de caissier de la salle d’asile. Cette position honorifique – gratuite – et rendant service à un établissement de bienfaisance de la ville, avait été acceptée par vos prédécesseurs MM. De Pomblain et Chabert. Ils avaient soin de rendre leurs comptes tous les ans. Vous avez négligé de le faire et maintenant, cessant vos fonctions, vous avez établi vos longs comptes de gestion. C’est mon devoir de les vérifier, de les examiner avant de vous en donner décharge.

J’ai reconnu que vous ne faisiez pas état d’un mandat de 300 frs délivré par la mairie. Je me suis assuré que vous l’aviez encaissé. J’ai vu encore que vous ne faisiez pas bénéficier la salle d’asile des intérêts produits par les fonds déposés à la Caisse d’Epargne et qui s’élèvent à 143,63 frs. Vous devez tenir compte de ces deux sommes qui appartiennent à la salle d’asile et je vous engage à vous libérer pour que je puisse vous donner quitus (souligné ndlr).

Vous comprenez monsieur que je n’ai pas pouvoir de vous déclarer autrement quitte et déchargé de votre gestion. »

8 mai 1873 : au même : «  j’ai reçu le billet de banque de 500 frs que vous m’avez envoyé hier pour complément du règlement de votre compte de la Salle d’Asile. Vous deviez 443,63 frs, je vous renvoie l’excédent qui est de 56,37 frs. J’ai constaté au pied du double ci-joint de votre compte la mention de ce versement. Je vous ai en conséquence donné décharge de votre gestion et je vous ai manifesté la reconnaissance qui vous est due pour vos peines et soins en faveur d’un établissement de bienfaisance  »,

9 mai 1873 : l’ouverture de l’exposition universelle de Vienne (le 1er mai) a provoqué un vent de folie spéculative entraînant le triplement des prix en quelques mois. Le 9 mai, à la suite de la liquidation de deux grandes banques autrichiennes, la Bourse de Vienne s’effondre, entraînant la ruine des spéculateurs et des petits épargnants et le début de la Grande Déflation. La crise s’étend à Paris et Berlin et déclenche une récession rapide : les banques européennes manquent de liquidités et ne se font plus confiance, rendant les prêts interbancaires extrêmement coûteux. Le krach se propage à la Bourse de New York où la bulle spéculative ferroviaire se dégonfle.

Tableau d’Edgar Degas – 1873 Portraits à la Bourse (Musée d’Orsay)

9 mai 1873 : à Châteaubriant le maire réclame un certificat constatant le décès en activité du sieur Charon Julien, soldat au 14e régiment provisoire, matricule 2056, « afin de procurer l’exemption de son frère qui fait partie de la classe 1872 ».

10 mai 1873 au Sous-Préfet : le conseil municipal a pris une délibération expliquant 1° la nécessité d’acquérir de M. de Fermon une parcelle n°37-38 à traverser pour l’établissement du chemin n°41 –
2° l’impossibilité de traiter à l’amiable –
3° la facilité de payer moyennant l’inscription d’une somme suffisante au budget de l’exercice courant.

11 mai 1873 – Conseil Municipal – Toujours une histoire de chemins ! Le chemin de petit vicinaluté numéro 4, de Paluel à Béré reste inachevé par suite de l’opposition de Madame de Boispéan qui refuse de livrer les terrains nécessaires à la construction de ce chemin. Le Conseil demande l’expropriation, il a mis 1364,10 francs au budget. [Ndlr : malgré les répétitifs bâtons dans les roues, Châteaubriant honore la mémoire de la famille avec une : Rue du Boispéan],

Travaux de la maison d’école des garçons : ils doivent s’achever dans peu de temps il faut donc financer. Le Conseil prend 6000 frs sur l’excédent de budget 1873 et 4420 francs sur l’emprunt de 12000 francs de subvention et il rappelle que le 27 août dernier il a demandé une subvention de 8000 francs sur les fonds de l’État et du département.

«  Cette demande a reçu un bienveillant accueil auprès du Conseil Général qui a accordé 2000 frs  », le maire redemande 6000 frs de l’État auprès du ministre de l’instruction publique.

Chemin des Vozelles (avec un o) M. de Villemorge consent à faire abandon à la commune du terrain nécessaire mais demande en échange le vieux chemin longeant cette pièce de terre et devenu inutile.

Chemin du pompier : C’est un petit chemin dont le Conseil s’est occupé souvent, par exemple le 26 février 1860, il permettait de rejoindre rapidement le chemin de la Torche à Béré (actuelle rue Jean Jaurès).

Son tracé traverse une propriété de Madame Brossays qui consent à céder le terrain nécessaire au prix de 2 francs le mètre carré.

M. Vauquelin fait observer qu’avant de s’engager à traiter avec Mme Brossays, il faut d’abord s’assurer si Madame de Boispéan, propriétaire de la parcelle qui suit, et par laquelle le chemin doit aboutir à la route de la Torche à Béré, consent également à abandonner au prix de 2 francs du mètre carré. Sans quoi quoi l’acquisition du terrain de Madame Brossays deviendrait inutile et grèverait sans profit le budget de la commune. Le Conseil décide cependant de faire l’acquisition immédiatement « de crainte que par la suite on n’élevât des prétentions plus élevées  »

Il y a aussi lieu d’acquérir un excédent de terrain appartenant à M. Bossé, car, ne pouvant supprimer l’ancien chemin à cause d’un droit de servitude excédent au profit de M.Voiton, « cet excédent réuni à l’ancien chemin fera une place très commode pour le quartier »
[ndlr : cette rue du Pompier s’appelle, de nos jours "Rue de Condé". Elle relie l’ancien hospice (hôpital) au chemin n°3 qui s’appelle désormais : rue Jean Jaurès. Elle est toujours très étroite à son extrémité sud, longeant de très vieilles maisons. Il reste dans le quartier un petit chemin qui conduisait sans doute à un « pont à pied » sur le ruisseau du Deil],

12 mai 1873 : à Monsieur Krimetez gradué (sic) en droit, 8 quai Duguay Trouin Nantes «  Je ne puis vous donner sur M. Flamant Sous-Préfet à Châteaubriant postérieurement au 4 septembre, des renseignements que je n’ai pas. On dit qu’il demeure à Paris et qu’il est professeur dans une institution, c’est la réponse que nous avons faite à plusieurs demandes dans le genre de la vôtre. Vous pourriez peut-être obtenir l’adresse de M. Flamant à Paris par l’intervention bienveillante de M. le Commissaire Central de Nantes »

12 mai 1873 : le maire notifie à M. Ollivier Prudent, copie d’une lettre qui le concerne. «  Une pension de retraite ne vous est pas accordée. Il reste à savoir si une gratification annuelle en votre faveur sera renouvelée. Nous avons répondu à la demande qui nous a été adressée le 19 avril dernier par votre colonel en exposant vos infirmités, vos besoins, en faisant valoir votre bonne conduite et en sollicitant avec instance des secours qui vous seront nécessaires »

 Sous-maître

18 mai 1873 – Conseil Municipal ordinaire qui approuve les documents budgétaires de 1872. Puis Conseil Municipal extraordinaire car M. Lucas Delaunay instituteur communal, demande qu’une somme suffisante soit allouée, étant donné l’extension de nombre des élèves, pour un nouveau sous-maître. Le Conseil adopte le principe et fixe le montant à 500 francs par an, il autorise aussi à faire les dépenses nécessaires pour meubler les nouvelles classes.

24 mai 1873 à Monsieur Guyot receveur des finances à Châteaubriant « Je vous remercie d’avoir bien voulu accepter les fonctions de trésorier de la Salle d’Asile en remplacement de M. de Rozières sortant d’exercice. Je vous témoigne d’avance ma reconnaissance des services que vous rendrez à un établissement de bienfaisance de très-grande utilité pour notre population.

Les recettes de l’établissement se composent :
• de l’allocation de la commune qui est de 800 frs
• de l’allocation départementale qui est de 2 à 300
• du produit d’une quête faite par les soins du comité de patronage et qui s’élève à 4 à 500

Le chef du gouvernement fait quelquefois des dons.

Les dépenses sont de :
• loyer du local appartenant à l’Hospice 200 frs
• pension et entretien des religieuses 800 frs
• chauffage, réparations, secours en alimens (sic) vêtements pour les enfants pauvres, etc 400 frs

Madame Guibourgn présidente du comité de parrainage remplit les fonctions d’ordonnateur de l’œuvre.

D’après le règlement de compte fait avec M. de Rozières, la Salle d’Asile possède actuellement 1806,92 frs
livret de Caisse d’Epargne : 750,40 frs
espèces  : 1056,52 frs

24 mai 1872 : à Paris, Thiers a démissionné et Mac Mahon est élu Président de la République. Le message présidentiel affiche le conservatisme social et le respect de la religion.

27 mai 1873 : le maire de Châteaubriant écrit au Sous-Préfet : « Je vous prie M. le Sous-préfet de vouloir bien solliciter la puissante intervention de M. le Préfet en notre faveur à l’effet de déterminer M. le Ministre à ordonner pour l’Ecole de Châteaubriant une allocation nécessaire pour payer la construction qui s’avance ».

1er juin 1873, séance extraordinaire, le Conseil distingue deux sortes de chemins : les chemins d’utilité générale et les chemins d’utilité communale.

Il retient comme chemin d’utilité générale le chemin de Béré partant de la nationale 163 passant par la Ville Marie avec embranchement à la croix du-dit village, se prolongeant par l’angle du Bois de La Galissonnière, traversant le chemin numéro 41 et de là se rendant par différents villages jusqu’à la route 178 en se prolongeant au Bois Robert.

Tracé du chemin d’utilité générale

Le Conseil retient comme un chemin d’utilité communale, celui qui part du chemin n°34, passant par la Basse et la Haute Laudais, le Moulin Neuf, le chemin de Béré à la mare Guérin, se rendant à la Corbinais, à la Jandelais, traversant le chemin de grande communication n°14 et se prolongeant au village des Nardais.

Chemin d’utilité communale

Le maire demande s’il ne serait pas bon d’y mettre le chemin de Vieille Voie partant de la ferme de Paluel près le moulin à vent du Bois Hamon et aboutissant non loin de l’étang de la Coquerie. Le Conseil émet un vote négatif pour ne pas nuire aux intérêts du faubourg de la Barre.

Négociation avec M. de Fermont qui accepte le prix de 40 frs l’are projeté par le conseil municipal à charge pour la commune de pourvoir aux frais de clôture et d’une barrière. Mais il met pour condition que la commune lui paiera 63 frs l’are une parcelle de terrain qui lui a été prise pour la confection du chemin des Vozelles. Le Conseil rejette cette dernière condition

Enfin le Conseil émet un avis favorable en faveur de François Bellet comme soutien de famille. « Ce jeune homme, qui est bon ouvrier, est nécessaire à sa famille, son père, vieux et infirme, ne pouvant plus travailler.

2 juin 1873 – le maire a besoin de pièces diverses pour le Conseil de Révision prochain (21 juin) : acte d’engagement, certificat de présence sous les drapeaux, pour quatre jeunes engagés de la commune. Il les réclame au commandant du dépôt de recrutement de la Loire-Inférieure.

5 juin 1873, jetons un regard hors de Châteaubriant. Ce 5 juin est signé un traité entre le Royaume-Uni et le sultanat de Zanzibar qui rend la traite illégale dans tous ses ports, ce qui entraîne la hausse du prix des esclaves, qui sont vendus de 50 à 100 dollars par tête entre 1873 et 1890. A l’époque 50 000 captifs chargés de fers étaient vendus annuellement à Zanzibar pour le commerce triangulaire, lequel, avec le trafic de l’ivoire, faisait de ce sultanat maritime une place prospère et célèbre dans le monde entier.
Zanzibar, est un archipel de l’océan Indien situé en face des côtes tanzaniennes, formé de trois îles principales (Unguja, Pemba et Mafia) et de plusieurs autres petites îles. Jules Verne fait de Zanzibar le point de départ de l’expédition d’exploration devant mener aux sources du Nil dans son roman d’aventures Cinq semaines en ballon.

6 juin 1873 : Le maire écrit au directeur de l’école normale de Savenay pour inviter M. Lesseur « à faire parvenir le plus tôt possible l’engagement contracté par lui de se vouer pendant 10 ans à l’enseignement ». Et il ajoute : «  Lesseur serait exempté certainement pour infirmités s’il comparaissait devant le Conseil de Révision mais comme ce n’est pas son intention, je crois, il devra produire la pièce sus-indiquée  »

7 juin 1873 : le maire demande l’admission à l’Hôtel-Dieu de Nantes de Jean-Marie Portais, «  enfant abandonné par suite de la détention et de la condamnation de sa mère pour infanticide »- «  Cet enfant est depuis l’arrestation de sa mère à l’hospice de Châteaubriant et la commission administrative de cet établissement réclame avec insistance sa sortie ».

9 juin 1873 : le Ministre de l’instruction publique a accordé 4000 frs pour aider à la construction de l’école communale.

12 juin 1873 : au commandant des Sapeurs-Pompiers : « A la demande de M. le Curé de Saint Nicolas, je vous engage à convoquer la Compagnie sous vos ordres pour assister aux deux processions de la Fête Dieu.
Nous nous réunirons à l’Hôtel de Ville le 15 juin à 11 h du matin et le 22 à 4 h du soir et avant de nous rendre à l’église nous irons à la Sous-Préfecture nous joindre à M. le Sous-préfet 
 »

14 juin 1873 au maire de St Aubin des Châteaux. « Le nommé Ménager Jean Marie, domicilié à St Aubin, condamné par la Cour Impériale de Rennes le 18 novembre 1868 à six ans de prison pour vols, est décédé le 2 juin courant au pénitencier de Chiavari (Corse). Il laisse une somme de 170 frs. Je vous prie de vouloir bien donner connaissance de ce décès à la famille du sus-nommé et de l’informer qu’elle pourra demander à la mairie de Châteaubriant les renseignements nécessaires pour toucher la somme due à Ménager  »

16 juin 1873 le maire plaide auprès du Préfet pour le jeune Louis Guiton, sourd-muet « appartenant à une honnête famille » qui doit sortir de l’école aux vacances prochaines. «  Le frère Louis pense qu’il est regrettable que cet enfant cesse ses études maintenant qu’il est en état de faire et qu’il fait des progrès. Ce qu’il a appris lui deviendrait inutile parce qu’il ne sait pas encore assez le français pour exprimer ses pensées et comprendre ce qu’on voudrait lui dire. Le retard qu’il a éprouvé dans ses études provient de sa mauvaise santé pendant deux ans, et de l’interruption des cours pendant la guerre. Une année supplémentaire d’études lui serait nécessaire et je viens vous prier, Monsieur le Préfet de vouloir bien la lui accorder pour lui faire acquérir une instruction suffisante et atteindre le but qu’on s’est proposé en l’admettant à l’école spéciale. Pareille faveur fut accordée il y a deux ans à un autre enfant de Châteaubriant, Louis Hessant. Aujourd’hui c’est un jeune homme intelligent, qui parvient à s’exprimer, à comprendre et qui, dans son apprentissage de l’état de bourrelier fait des progrès supérieurs »

17 juin 1873 : le maire fait connaître au Sous-préfet que le nommé Sabion Aristide, dit Clément Cantard, venant du pénitencier agricole de Chiavari (Corse) est arrivé à Châteaubriant et a déposé son passeport à la mairie [Il est soumis à la surveillance de la Haute Police en tant que réclusionnaire libéré].

25 juin 1873 : le maire adresse au Sous-préfet, pour le canton de Châteaubriant, toutes les pièces relatives au classement des chemins ruraux dans le réseau de 800 km subventionné par le Conseil Général de Loire-Inférieure.

26 juin 1873 : Rôle de la rétribution scolaire pour le 2e trimestre de 1873 établi par M. Delaunay, instituteur communal
Rôle des élèves de la commune : 294 fr
Elèves étrangers à la commune : 168 frs
Et le rôle des élèves gratuits : 45 frs
Total  : 507 frs

27 juin 1873 : Chemin de petite communication de Béré à Paluel, lettre à monsieur l’agent-voyer de l’arrondissement de Châteaubriant : « Je vous prie de m’envoyer l’état parcellaire des terrains cédés à la commune par la Fabrique de Béré
1) pour l’établissement du chemin de Béré à Paluel
2) pour le petit vague situé entre le vieux chemin et le nouveau, vague que la Fabrique ne peut être forcée de garder et qu’il est avantageux à la commune d’acquérir pour l’agrandissement du cimetière.
3) Le plan général du chemin est dans le dossier du procès entre la commune et Mme de Boispéan »

28 juin 1873 : le maire réclame une prolongation de 4 mois du congé de convalescence de M. Grandin.

10 juillet 1873 : le maire demande au Sous-préfet l’autorisation de réunir le Conseil Municipal pour évoquer le résultat de l’enquête des chemins vicinaux (nouveau réseau subventionné), l’envahissement de Boispéan, l’acquisition de terrains dans le chemin du Pompier, et la révision du tarif des cercueils d’indigents.

11 juillet 1873 : le bureau de bienfaisance demande au Préfet l’autorisation d’organiser une loterie (tous les deux ans comme d’habitude) et d’inscrire au budget une somme de 150 frs pour acquisition d’une barrique de vin.

13 juillet 1873, conseil municipal à Châteaubriant. Celui-ci accorde à Monsieur Angot le prix qu’il demande pour la fabrication des cercueils des indigents sous le contrôle de l’administration municipale : 3 frs au lieu de 2 frs pour le cercueil des enfants de moins d’un an, 8 frs au lieu de 6,50 frs pour les autres.

Courses de Châteaubriant et fête de Béré le Conseil accorde une subvention de 200 francs.

Chemin du pompier : le Conseil autorise le maire à acheter du terrain à Mme Brossays pour 347,48 francs et à M. Bossé pour 122,88 frs.

Des parcelles appartiennent à M. Basside propriétaire de la métairie de Paluel. Celui-ci propose un échange avec d’autres parcelles. Le Conseil nomme une commission pour étudier la proposition.

Une commission devait étudier les meilleures conditions de l’établissement d’une station d’étalons, elle se demande s’il ne faudrait pas que la commune fit elle-même la construction nécessaire et quel terrain conviendrait le mieux à l’assiette de cette construction. Et s’il ne serait pas avantageux, pour cette construction, d’utiliser les matériaux venant de la démolition des écuries de M. le Pays de la Riboisière [dans le cadre de l’aménagement de la nouvelle cure] et de lui donner son estimation du prix de ces matériaux.

14 juillet 1873 à Mme Delaunay, propriétaire à Châteaubriant : «  Par suite de la construction du chemin de petite communication n°7 dit des Vozelles, le vieux chemin a été déclassé et les propriétaires riverains ont le droit d’acquérir la partie de ce chemin devant leurs propriétés ». Le maire demande à Mme Delaunay si elle a l’intention d’acheter la moitié du chemin longeant sa prairie, au prix de un franc le mètre.

19 juillet 1873 : le maire adresse au Sous-préfet les plans « de la maison d’école laïque de garçons de Châteaubriant [ndlr, le mot laïque est nouveau !] ainsi qu’un certificat constatant l’avancement des travaux, réclamés par M. le Ministre de l’Instruction publique ».

28 juillet 1873 : une enquête publique ouvre ce jour, pour une durée d’un mois, à la Sous-Préfecture de Châteaubriant, relativement à l’avant-projet d’un tracé de chemin de fer de Châteaubriant à Redon.

31 juillet 1873 : au Sous-préfet. Le Conseil Municipal du 11 mai demandait l’autorisation d’employer à la construction de l’école une somme de 4420 frs inscrite au budget de 1873 sous le titre de « remboursement d’emprunt », attendu que dans le courant de l’année il n’y a aucun emprunt à rembourser. II prie en outre M. le Sous-préfet de vouloir bien ordonnancer immédiatement la subvention de 2000 frs votée par le Conseil Général pour l’agrandissement de l’école.

«  Aucune solution n’a été donnée à cette affaire. Aujourd’hui que les travaux sont sur le point d’être terminés, les entrepreneurs demandent avec instance des acomptes auxquels ils ont droit. Je viens donc vous prier Monsieur le Sous-préfet de vouloir bien solliciter de M. le Préfet l’approbation de la délibération sus-énoncée, ce qui permettra à la commune de faire face à ses engagements  » Voir plus loin au 29 septembre 1873

5 août 1873 - Paris : une entrevue a lieu avec le Comte de Chambord. Chez les légitimistes (partisans de la royauté) l’espoir est grand et déjà on se partage les charges à la cour, les places d’écuyers ou de gentishommes. Dans les pèlerinages on prie pour le retour d’Henri V et George Sand écrit à Flaubert : «  je sens une odeur de sacristie qui monte »…. Mais le 30 octobre 1873 … nous y reviendrons...

6 août 1873 : le maire de Châteaubriant écrit au Sous-préfet : «  au comice agricole la somme de 500 frs allouée par le Conseil Général pour 1870 a été employée dans la distribution des prix du comice de 1872. Ceci fut convenu avec M. le Préfet Doniol et je puis certifier que la chose s’est ainsi passée »

 1000 hommes et 300 chevaux

11 août 1873 – Les marches manœuvres des troupes des garnisons de Nantes et d’Ancenis ont lieu dans le département. Le Sous-préfet écrit au maire : «  Par sa lettre circulaire du 7 août courant, M. le Préfet me fait l’honneur de me demander des renseignements sur le nombre maximum d’hommes et de chevaux qui pourraient être logés dans la commune dans la première quinzaine de septembre ».

Le maire répond que la ville «  peut facilement loger 900 à 1000 hommes plus les officiers et 300 chevaux  » mais précise cependant que «  la foire de Béré a lieu les 13, 14, et 15 septembre et que pendant ces trois jours, le logement des chevaux serait impossible. Le passage de la cavalerie pourrait avoir lieu avant ou après la foire  ».

15 août 1873 au conseil municipal, la commission du chemin du numéro 4 a constaté qu’il y avait eu dans le passé quelques usurpations de terrain au préjudice de la commune [et au bénéfice de Mme du Boispéan] mais qu’elles étaient antérieures à 1840 et couvertes par la prescription.

Le rapporteur expose que les prétentions du propriétaire de Paluel auraient pour effet de supprimer un passage desservant le lavoir des Planches et d’interdire le facile accès du bas du Champ de Foire. Qu’il faut donc se contenter de lui payer le terrain employé à la construction du chemin.

Il dit qu’il n’y aurait pas avantage pour la commune à se servir des anciens matériaux des dépendances de l’ancien hôtel Le Pays pour la construction de la station d’étalons

Le conseil émet un avis favorable à l’installation d’un courrier quotidien entre Châteaubriant et Bain desservant Rougé et Teillay et reliant ces trois centres au chemin de fer de Rennes à Redon

A l’école communale un plancher sera substitué au carrelage pavant les mansardes de l’ancienne maison d’école. Le Conseil vote une somme de 553 frs et dit que «  le plancher en sapin du nord sera placé sur des lambourdes de bon bois de chêne posé sur les fusées reposant sur les solives ; que les gerbières seront construites en pierre blanche, l’enduit de la façade refait à neuf et les bandeaux des fenêtres du rez-de-chaussée et premier étage établis un bon mortier bâtard  »

M. de Fermon refuse d’accepter les offres de la commune. Le Conseil retire ses offres.

Le curage de la Chère et de ses affluents n’a pas été effectué depuis deux ans, ayant motivé des plaintes. Le Conseil prie le préfet de mettre à disposition du service des Ponts et Chaussées les fonds nécessaires pour faire, en régie, procéder au curage.

Le docteur Chatelier demande au Conseil la création d’un abreuvoir à la rencontre du ruisseau venant de l’étang de Deil et du chemin du numéro 41

L’’ouverture du chemin dit de Vauxhelles (sic, nouvelle orthographe ! ) ayant rendu la conservation de l’ancien chemin complètement inutile, le conseil en avait décidé la vente à 1 fr le mètre-carré.. Les riverains ont déclaré leur intention de soumissionner pour les parcelles auxquelles ils ont droit de prétendre

19 août 1873 : au maire de Nantes. « Le corps de Madame Marie-Françoise Sabathier, veuve de M. Athanase Mousset, décédée à Nantes le 16 courant et dont le transport a été autorisé par arrêté de M. le Préfet en date du 17 courant et conformément à votre arrêté du même jour, est arrivé à Châteaubriant hier à cinq heures du soir. Il a été inhumé dans le cimetière communal, dans le tombeau de famille. Procès-verbal a été dressé pr M. le Commissaire de police sur présentation de l’autorisation préfectorale et du procès-verbal de mise en bière du M. le Commissaire de Police du 4e canton de Nantes qui lui ont été remis par M. Gasnier Thérad, cirier à Nantes à qui le cercueil avait été confié »

22 et 23 août 1873 : le maire transmet au Sous-préfet deux délibérations du Conseil Municipal, l’une relative à l’établissement d’un courrier de Châteaubriant à Blain, l’autre demandant le curage de la rivière de Chère.

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Sources :

Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 20 (Conseil Municipal) et 2 D 12 (courriers)
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de France et des Français par Alain Decaux et André Castelot.

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