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1868, de janvier à juin

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1868 est l’année où furent votées la loi libéralisant la presse (9 mars), autorisant les réunions publiques (6 juin), abrogeant l’article 1781 du Code civil par lequel, en cas de procès entre un patron et un salarié, c’est la parole du patron qui prime (août). C’est aussi l’année de la découverte de la photo couleur.

L’hiver de 1867-1868 est difficile car la récolte de 1867 a été mauvaise.

2 janvier 1868 à Châteaubriant : le sieur David, marchand de vin, est l’objet d’un arrêt rendu par le Conseil de Préfecture le 19 décembre 1867, pour contravention aux lois et règlements sur la police de la grande voirie. On n’en sait pas plus.

6 janvier 1868 : le maire, M. Béchu du Moulin Roul, fait procéder à un pesage officiel des grains, établissant le poids moyen et légal des première, deuxième et troisième qualité de froment, seigle, orge et avoine de la récolte de 1867.

9 janvier 1868, un crédit de 1000 frs est affecté à la création d’ateliers de charité ’’pour donner du travail aux ouvriers qui en manquent. La saison est rigoureuse, plusieurs professions ne peuvent s’exercer et le pain est cher’’.

14 janvier 1868 : en France vote de la loi Niel concernant le service militaire. Celui-ci est réduit à 5 ans (au lieu de 7) pour les jeunes gens ayant tiré un mauvais numéro. Loi promulguée le 1er février 1868

14 janvier 1868, lettre au sous-préfet : Les habitants de Châteaubriant deman-dent qu’un second facteur soit accordé à la ville et à la banlieue pour la distribution des lettres. « Quelque capable et expérimenté que soit notre seul facteur, il ne peut suffire à la distribution de la correspondance. Le bureau de poste qui, par l’effet de la configuration de la ville, se trouve toujours à une extrémité [Ndlr : place des Terrasses], nécessite l’établissement de boîtes supplémentaires. Il en faudrait deux pour satisfaire aux besoins des quartiers les plus éloignés »

23 janvier 1868 : y a-t-il eu une quelconque contestation ? Le maire écrit au sous-préfet : « j’ai cru devoir porter sur notre tableau de recensement Louis Marie Malo, né le 14 janvier 1841 à l’Enardais, commune de Châteaubriant. Malo Mathurin père a bien une autre habitation en St Aubin mais il a continué de payer son impôt personnel et mobilier et d’acquitter ses prestations à Châteaubriant où il a conséquemment conservé domicile légal. En inscrivant le jeune Malo sur les tableaux de recensement, je n’ai fait qu’une juste application de l’article 6 de la loi du 21 mars 1832 sur le recrutement ».

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Eglise St Nicolas

Dessin : L’église St Nicolas

Ce même jour, le maire adresse au sous-préfet les pièces nécessaires pour obtenir de M. le Préfet un secours pour aider la fille Gaillard (fille-mère indigente) à élever son enfant.

24 janvier 1868 : il manque un vicaire à la paroisse, c’est ce qu’explique une lettre adressée au sous-préfet : « Des deux vicaires attachés à l’église St Nicolas de Châteaubriant, paroisse de trois mille et quelques cents habitants, un seul reçoit un traitement de l’Etat, le second est totalement à la charge de la Fabrique. Celle-ci sollicite la création d’un second vicaire, sa demande est fondée sur les besoins du culte qui nécessitent deux vicaires, sur le peu de ressources de la fabrique obligée à la plus stricte économie et à faire des réserves en prévision de la reconstruction de l’église d’une insuffisance notoire ». Le Conseil Municipal, dans l’impossibilité d’allouer une subvention pour le traitement du second vicaire, appuie la demande de la Fabrique.

5 février 1868, lettre à l’expert de l’administration. Le service vicinal doit faire commencer le 1er mars prochain, les travaux de rectification et de construction du chemin de St Aubin aux abords de Châteaubriant. Pour l’élargissement de la voie, il est pris une parcelle dans le pré de M. Derval. Des offres ont été faites à M. Derval suivant les contenances et les estimations de l’état parcellaire dressé par le service vicinal. M. Derval pense que la contenance est plus grande, que le prix offert est en dessous de la valeur. Il propose de s’en rapporter à expertise et choisit M. Robert pour expert.

« Il y a lieu de penser que le service vicinal a compris dans son mesurage tout le terrain de M. Derval. Celui-ci, en 1866, ayant voulu usurper des terrains ne faisant pas partie de sa propriété, et dépendantes de la voie publique, un procès-verbal a été rapporté par M. le Commissaire de police. Il n’a pas été donné suite, M. Derval ayant renoncé aux tas de terreau qu’il avait amoncelés et qui ont été enlevés par la mairie. Le prix de 5000 frs l’hectare, établi par le service vicinal, semble bien en rapport avec la valeur du terrain et il faut considérer qu’il y aura une plus value résultant de l’établissement du chemin. MM. les experts vérifieront et jugeront ».

13 février 1868 : le maire expédie au sous-préfet le registre des vaccinations opérées gratuitement dans la commune par M. Delourmel de la Picardière, docteur en médecine, vaccinateur spécial pendant l’année 1867.

Ce même jour, le maire demande une prolongation de 6 mois du congé de convalescence du jeune Barré Henry, fusilier au 5e régiment de ligne, ’’malade et hors d’état de reprendre son service’’. (voir au 30 avril). Il adresse par ailleurs une demande de congé de 6 mois, renouvelable, au général de la 15e division militaire, pour le sieur Mahé, matelot de 2e classe à la division de Brest.

 Des chemins à Belêtre

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Quartier de Bel Etre

16 février 1868 : Réunion de Conseil Municipal. Le maire fait part d’une lettre de Mme la Comtesse de Villemorge proposant d’ouvrir trois nouveaux chemins au nord de sa propriété de Belêtre, selon un plan qu’elle joint à sa demande.

  • 1 - allant en droite ligne de la route de Martigné à celle de Soulvache,
  • 2 - allant du chemin de petite communication n°3 au chemin proposé ci-dessus,
  • 3 - allant du chemin proposé au numéro 1, ’’du vieux chemin qui sépare le champ de M. Masseron, n°399 du cadastre, au champ de M. Ballais n°393’’

En échange de cette concession, Mme de Villemorge demande l’abandon à son profit :

  • 1 - du vieux chemin qui va de la route de Martigné au ruisseau de Choisel
  • 2 - du vieux chemin qui sépare deux chemins lui appartenant, portés au cadastre sous les numéros 100 et 398.

Mme de Villemorge demande encore à être autorisée à s’entendre directement avec les riverains pour le droit conféré à ceux-ci par la loi d’acheter la partie du vieux chemin qui borde leur propriété.

(hypothèse : le chemin souhaité par Mme la Comtesse est peut-être ce qui est actuellement la rue Charles Goudé, au nord de la mairie entre la route de Fercé-Soulvache et la rue des Déportés Résistants qui mène à Martigné)

Le Conseil Municipal reconnaît que la proposition ne serait pas désavantageuse pour la commune et consentirait à l’accepter aux conditions suivantes :

  • 1 - si les chemins projetés avaient une largeur minimum de 10 mètres en y comprenant les fossés et s’ils étaient terrassés sous la direction de M. l’agent voyer, en ménageant dans de bonnes conditions les pentes nécessitées pour parvenir à un nivellement convenable,
  • 2 - si en cas de contestation avec les riverains à l’occasion de leur droit de préemption, Mme la Comtesse consentait à traiter avec eux suivant l’estimation qui serait faite par un expert nommé par la commune,
  • 3 - enfin « soit à se contenter de l’abandon des deux chemins, le dernier réservé à la ville, soit d’accepter les trois mais en renonçant à réclamer à la com-mune toute indemnisation à l’occasion des terrains lui appartenant et qui seraient aujourd’hui convertis en chemins publics »

Le conseil municipal pense en effet que « la plus-value énorme acquise aux terrains traversés par les nouvelles voies » conduira Mme de Villemorge à accepter « les propositions équitables que la commune lui fait en retour des concessions qu’elle lui propose de son côté »

A ce même conseil, le maire expose la demande de l’instituteur communal tendant à obtenir une allocation destinée à faire relier des livres et à acheter des croix pour récompenser le mérite des élèves. Le Conseil vote 100 frs.

Le maire expose aussi que, par suite de l’extension de la ville de Châteaubriant et de ses faubourgs, il devient nécessaire de réviser les limites de l’octroi. Il propose une commission de trois membres chargés d’étudier l’opportunité de cette mesure et de déterminer les limites qui devraient être adoptées.

 Vider l’étang ?

Toujours à ce conseil municipal, plusieurs membres signalent les dangers que peut faire courir à la santé publique le projet attribué au propriétaire de l’étang de Choisel de le dessécher, « si cette opération était conduite sans prudence et sans s’entourer des précautions commandées en pareille circonstance pour que l’étang, surtout en période des grandes chaleurs, ne devienne pas un foyer pestilentiel établi aux portes de Châteaubriant ». Le maire dit qu’il veillera à ce que la salubrité publique ne soit pas compromise. 

 Conseil de révision

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Conseil de révision

19 février 1868, le maire écrit à un jeune (nom illisible) au sujet de sa situation militaire. En effet, le Parlement vient de voter « la loi Niel » du nom du Maréchal, sur le recrutement de l’armée et l’organi-sation de la Garde nationale mobile [Voir cette loi ici : http://huit.re/Uj5OPmJd] : « pour satisfaire aux dispositions du paragraphe 5 de l’article 14 de la loi du 1er février 1868, vous devez fournir le plus tôt possible un certificat constatant que vous êtes régulièrement autorisé à continuer vos études ecclésiastiques. Ce certificat est nécessaire pour que le Conseil de Révision puisse vous dispenser du service de la Garde nationale mobile. Aux termes de la loi, vous faites partie de cette garde comme appartenant à la classe 1866 et vous êtes appelé à faire partie de la garde nationale mobile pendant 4 ans ».

19 février 1868 : le jeune Charron Jean, soldat de la classe 1860, n’a pas donné de ses nouvelles depuis le 11 octobre 1862. Il était à bord de la Ville de Lyon, restant à terre à la Vera Cruz (Mexique). La famille, pour règlement d’affaires, d’intérêts, a besoin de recevoir des renseignements. Le maire écrit au ministère de la Marine et des Colonies.

 Broutilles et phases de la lune

24 février 1868 : le maire écrit au sous-préfet pour obtenir le droit de faire une adjudication d’urgence ’’pour débarrasser les promenades publiques des broutilles [Ndlr : petites branches] provenant de l’élagage des haies des promenades’’.

Le même jour, il écrit à M. Bessin : « Aux termes de l’article 9 du cahier des charges de l’éclairage de la ville, vous devez disposer au secrétariat de la mairie un état ou tableau indicatif, signé de vous, des différentes phases de la lune et des jours et heures auxquelles vous êtes tenu d’éclairer ».

24 février 1868 : Jean-Marie Brémont, fusilier au 5e de ligne, appartenant à la classe de 1864, [il a donc 24 ans], a obtenu un congé de 6 mois expirant le 31 mars prochain. Il demande une prolongation. Le maire écrit : « La famille est malheureuse et il est son soutien. Sa mère, dont il est le fils naturel, s’est mariée légitimement avec un vieillard dont elle a un seul enfant. La mère a 55 ans, le père 86 ans et l’enfant 10 ans ».

Rappel  : à cette époque, le service militaire concernait l’armée d’active et la garde mobile. L’affectation des jeunes gens se faisait par tirage au sort. Les "mauvais numéro " étaient tenus à un service de 9 ans : 5 ans d’active et 4 ans de réserve. La garde nationale mobile, destinée à renforcer l’armée en temps de guerre se composait des bons numéros, sans possibilité de remplacement, ainsi que des remplacés de l’armée d’active. C’est qu’en effet il existait des possibilités de remplacement : certains jeunes de familles aisées payaient d’autres jeunes pour faire le service militaire à leur place. Cela pouvait être formalisé devant notaire. Il existait même des assurances : [’les jeunes gens qui désireraient, avant le tirage, s’assurer contre les chances du sort ou se faire remplacer après le tirage, sont priés de se présenter chez Me Piétresson, notaire à Auxerre’’]-> http://huit.re/jDwkkMO7]
En somme : un commerce d’hommes.

26 février 1868 : le maire soumet à l’approbation du Préfet un arrêté relatif à la police du champ de foire. Il n’est que le complément d’un arrêté municipal en date du 30 août 1843. Celui-ci n’atteignait que le vendeur. « Les besoins de la répression nécessitent de comprendre dans la con-travention les acheteurs principalement coupables en allant sur les routes et les faubourgs, au devant des acheteurs » [ndlr : pour éviter d’avoir à payer l’octroi].

9 mars 1868 : la loi abolit le système de l’avertissement : jusqu’à cette date chaque journal recevait un avertissement s’il publiait un article jugé défavorable à Napoléon III ou au second Empire. Au bout de trois avertissements, le journal était interdit.

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Dessin de Daumier

La suppression de cette censure a provoqué une multiplication sans précédent du nombre des journaux et canards, que le dessinateur Daumier a illustrée en parlant de ’’la grande marée de 1868’’, les feuillets s’abattant en rafale, sur un homme dont le visage semble être celui de Thiers, qui était alors chef de l’opposition libérale à l’empereur.

20 mars 1868, Henri Tolain et la commission parisienne de la Première Internationale, victimes de poursuites de la part du gouvernement, démissionnent. Ils personnifiaient le ’’mutuellisme’’ proudhonien méfiant à l’égard des grèves, hostile aux institutions étatiques, favorable au maintien de la femme au foyer. Eugène Varlin, qui prend la relève, défend le droit des femmes à travailler.

31 mars 1868 : les rôles de la rétribution scolaire sont établis par M. Lucas-Delaunay, pour les élèves ayant fréquenté l’école primaire communale de Châteaubriant pendant le 1er trimestre de 1868 :

  • - élèves de la commune 338 frs
  • - élèves gratuits 73,50 frs
  • - élèves étrangers 132 frs [Il s’agit bien sûr des enfants étrangers à la commune].

20 avril 1868 : la liste électorale de Châteaubriant compte 1284 électeurs [à cette époque, il existe un suffrage universel masculin sauf pour les militaires, les Français habitant à l’étranger. Pour voter, il faut avoir au moins 21 ans et résider depuis six mois au même endroit].

 Les capucines jaunes

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Capucine

Ce même jour, conformément à une dépêche de son excellence le ministre de l’Intérieur, le maire adresse au sous-préfet l’état des armes dont la délivrance est nécessaire pour remplacer l’ancien armement de la compagnie des Sapeurs Pompiers de Châteaubriant et l’état des armes que la commune devra faire réintégrer dans les arsenaux.

La Compagnie désirerait obtenir « des fusils de voltigeurs à capucines jaunes beaucoup plus légers et plus faciles à manoeuvrer ».

Selon le dictionnaire de l’Aca-démie Française (1835), CAPUCINE en termes
d’Arquebusier, se dit « des anneaux de fer ou de cuivre assujettissant, sur son bois, le canon d’une arme à feu à l’usage des troupes ».

La commune reconnaissante du remplacement « des vieux fusils de mauvais usage » prend à sa charge les frais de transport, d’emballage et autres, auxquels donnera lieu, soit la délivrance des armes nouvelles, soit la réintégration des armes anciennes. Elle sollicite de la direction d’artillerie « la mise à disposition de caisses vides pour l’emballage de l’ancien armement et s’obligera à les rendre à l’administration de la guerre dans le plus bref délai ».

30 avril 1868 : le maire demande la prolongation du congé de convalescence pour le sieur Barré Henry (voir au 13 février), « ce jeune homme étant encore malade ainsi que le constatent les certificats médicaux délivrés par M. Delourmel de la Picardière et M. Chatelier, docteurs médecins à Châteaubriant »

Avril 1868 (pas de date précise) : le conseil municipal se réunit au sujet de l’hospice de Châteaubriant et le maire communique les plans et devis dressés pour la reconstruction des bâtiments qui menacent ruine.

Une délibération du 9 avril de la commission administrative de l’hospice demande le concours de la commune. Le Conseil Municipal donne un avis favorable tout en faisant observer que, depuis 10 ans, la commune alloue à l’hospice une subvention qui a été doublée depuis plusieurs années et qui n’existait pas antérieurement. Il est disposé à voter un crédit spécial si, au mois de moi prochain, lors du vote du budget, la situation financière de la commune le permet.

8 mai 1868 : le maire adresse une offre de 1161,50 frs pour des terrains de 2a63ca (263 m2) à acquérir de M. de la Pilorgerie pour la construction du chemin de grande communication n°34 de Fougeray à Juigné-des-Moutiers.

9 mai 1868  : le maire demande une médaille d’honneur pour M. Chapeau sergent-major de la compagnie de Sapeurs-Pompiers de Châteaubriant pour « ses longs services accomplis avec honneur, zèle et dévouement ».

« M. Chapeau, tisserand et commerçant, jouit de l’estime et de la considération que concilient l’honnêteté de la vie privée, le dévouement à l’ordre et au bien public. La récompense qui serait accordée à cet excellent cytoyen (sic !) honorerait toute la Compagnie, exciterait la reconnaissance de la population envers l’Empereur soucieux de proclamer le mérite et d’élever ainsi le caractère national ».

 Périlleux, hardi

12 mai 1868 : le maire demande une médaille d’honneur pour M. Roué, caporal commandant les Sapeurs Pompiers de la Compagnie de Châteaubriant.

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Pompe

Pompe à vapeur 1868, Musée des Sapeurs-Pompiers, Mulhouse

M. Roué, ancien militaire, est depuis 14 ans dans la Compagnie. « Il rend des services exceptionnels avec le plus louable empressement, il court à tous les incendies dans la ville, dans les campagnes. Il est appelé à tous les feux de cheminée par les habitants, sûrs de le trouver prêt à cesser tout travail pour venir à leur secours avec ses ouvriers et muni des engins nécessaires.

Plein de courage, d’activité et d’énergie, ce maître-couvreur se livre sur les toits aux manœuvres les plus périlleu-ses, les plus hardies. Deux fois il a reçu des blessures, deux fois il a eu des vêtements brûlés. J’ai fait constater ces actes de dévouement connus de toute la ville par un procès-verbal, revêtu de nombreuses signatures. M. Roué est un excellent chef d’atelier, un bon père de famille jouissant des sympathies générales ».

’’Si, en considération de 7 ans de services militaires, de 14 ans de services dans la Compagnie et à raison d’actes de dévouement multipliés, périlleux, ayant occasionné blessures et destruction de vêtements atteints par le feu, il plaisait à sa majesté l’Empereur de décerner une médaille d’honneur à M. Roué, cette haute distinction exciterait la plus vive reconnaissance des habitants envers leur souverain récompensant lui-même les services qui leur sont rendus avec désintéressement et amour du bien public’’.

De son côté, le Capitaine commandant la Compagnie rappelle qu’il demande, depuis longtemps et ne cesse de demander une médaille d’honneur pour le sergent-major Chapeau, ’’en récompense de ses longs et loyaux services’’ (il joint une lettre du 30 août 1866), et pour le Caporal Roué, ’’intelligent, actif, admirable de dévouement et de services exceptionnels’’.

[Ndlr : ces médailles seront accordées le 26 décembre 1868 et remises le 10 janvier 1869]

18 mai 1868 : lettre du maire à M. Narhbrun, maison Gounot à Châteaubriant : « Je viens de recevoir, par le courrier de ce jour, de M. le capitaine commandant de la Gendarmerie Impériale maritime à Lorient, et je m’empresse de vous adresser une commission de gendarme dans la 3e Compagnie. Vous voudrez bien vous rendre immédiatement dans votre nouvelle résidence ».

29 mai 1868 : le maire écrit au colonel Président du Conseil d’Administration du 3e régiment de chasseurs à cheval de Lyon, pour obtenir un certificat constatant la présence sous les drapeaux du sieur Malo François, jeune soldat de la classe 1862. « Ce jeune homme est actuellement dans ses foyers à Châteaubriant en vue d’un congé renouvelable. Son frère, jeune soldat de la classe 1867, a besoin de ce certificat pour être exempté de service militaire ».

31 mai 1868 : le conseil municipal se réunit sous la présidence de M. Béchu du Moulin Roul. Il nomme une commission pour examiner les comptes. Il nomme trois directeurs à la Caisse d’Epargne pour remplacer ceux dont le mandat a expiré. Il accepte que la commune de Thourie ait une foire, le 1er juillet de chaque année.

M. Delourmel de la Picardière demande qu’il soit procédé aussitôt que faire se pourra à l’enquête publique relative au tracé du chemin de grande commu-nication n°41 de Soulvache au Grand Auverné, partie comprise entre cette dernière localité et Châteaubriant et exprime le vœu que le point de raccord pour pénétrer dans la ville se trouve dans l’axe de la rue de la Vannerie. Le Conseil s’associe à cette demande.

4 juin 1868 : le sieur GERARD Pierre, matelot de 2e classe appartenant au port de Toulon a obtenu, le 16 septembre 1866, un congé renouvelable pour lui permettre de se retirer dans ses foyers à Châteaubriant . « Au mois de juin 1867 il a reçu l’autorisation de résider à Nantes et y est resté jusqu’à ce jour. Aujourd’hui il n’a plus d’ouvrage et désirerait venir demeurer à Châteaubriant et être autorisé à y passer la revue d’appel du Conseil de Révision ». Le maire en fait la demande pour lui au Commandant du Recrutement à Nantes.

7 juin 1868, nouveau conseil municipal à Châteaubriant. Il est question de modifier les horaires de travail des employés : « les personnes ayant affaire dans les bureaux de la mairie viennent principa-lement de midi à deux heures ». Le Conseil invite le maire à réglementer les heures de travail des employés autrement qu’elles ne le sont actuellement en exprimant « le désir qu’elles soient fixées désormais sans interruption de 10 h du matin à 5 h de l’après-midi »

Le Conseil a proposé le sieur Luca à l’agrément préfectoral pour lui faire remplir à Châteaubriant les fonctions de garde-ville assermenté. Il vote « un crédit de 120 frs pour frais d’équipement de l’impé-trant ».

Le Conseil est frappé des dépenses relativement élevées qui figurent chaque année au budget pour l’entretien des fontaines publiques (600 frs). Il pense qu’il y aurait une économie sérieuse à réaliser si M. le maire traitait à cette occasion avec un plombier chargé pour l’année entière, et à forfait, de pourvoir aux réparations courantes et d’entretenir le service en bon état.

 Chemins ….

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Plan des environs de Châteaubriant

Ce 7 juin 1868, le Conseil Municipal souhaite que soit terminé au plus tôt le chemin de grande communication de Fougeray à Juigné. Il est « destiné à être d’une utilité incontestable pour les intérêts de la commune qu’il met en rapport direct par Fougeray avec le chemin de fer de Nantes à Rennes et par Juigné avec une portion du département de Maine et Loire ».

Le Conseil alloue un crédit de 150 frs pour payer les frais de clôture nécessités par l’ouverture de la route de St Aubin des Châteaux dans la parcelle de terrain appartenant à M. de Saint-Luc au Bourgérard.

M. de la Pilorgerie offre le terrain nécessaire pour asseoir la route de St Aubin à l’entrée de Châteaubriant moyennant une somme de 1400 frs sous la réserve toutefois du sable et des matériaux. Le Conseil accepte.

Pour compléter le même chemin, la commune offre à M. Derval la somme de 393 frs pour prix d’une parcelle de terrain. Le propriétaire offre de traiter pour 400 frs avec intérêts à partir de l’occupation. Le Conseil vote 400 F.

Le sieur Crespin, propriétaire à Château-briant ayant reconstruit une maison, près de l’église St Nicolas, a abandonné à la voie publique une surface de 31 m2 54 dont il réclame le prix. Le Conseil fixe à 5 frs le prix d’un mètre superficiel et vote 200 frs pour indemniser M. Crespin et payer les frais des contrat et d’enregistrement.

 …. et chemin de fer

Le Conseil Municipal s’associe avec M. le Maire à la satisfaction que toute la ville de Châteaubriant a éprouvée en apprenant la concession d’un chemin de fer de Laval à Nantes. « Il tient à témoigner toute sa gratitude à tous ceux qui, dans cette circonstance, dans la mesure de leurs forces ou de leur influence, ont contribué à préparer cet heureux résultat destiné à augmenter la prospérité de la com-mune ».

 Usine à gaz

Le Conseil municipal, ce 7 juin 1868, a dû ajourner le projet d’une usine à gaz à Châteaubriant. « Cette demande sera examinée plus avantageusement en la réservant jusqu’à la construction du chemin de fer qui doit prochainement traverser Châteaubriant ». [En fait celui-ci ne sera en service qu’en décembre 1877, les études pour l’usine à gaz seront lancées en 1871].

13 juin 1868, au Capitaine des Sapeurs Pompiers de Châteaubriant : « je vous invite et au besoin vous autorise à donner les ordres nécessaires pour que la Compagnie des Sapeurs Pompiers prenne les armes dimanche prochain 14 juin courant à l’effet d’assister à la procession de la Fête Dieu. Elle devra être réunie musique en tête sur la place de l’hôtel de ville à 11h du matin ».

17 juin 1868 : exonérations [de service militaire]. Le maire écrit à M. Arthuis François à la Goupillère et à M. Bricaud François au Boisonnet, leur envoyant le certificat constatant qu’ils sont « défini-tivement compris dans le contingent de la classe de 1867 », ce qui signifie qu’ils ont tiré un mauvais numéro et devraient donc faire 5 ans de service militaire, sauf s’ils pouvaient payer ! Et justement, ils sont prêts à payer : « Vous voudrez bien vous présenter sans aucun retard muni de cette pièce au bureau de M. Le Percepteur Particulier de Châteaubriant pour y effectuer le versement de la prestation fixée à 2500 frs. Vous voudrez bien remettre immédiatement à la Préfecture le récépissé constatant ce versement ».

[Rappel : selon la loi militaire de 1855, les jeunes pouvaient être exonérés de service militaire en échange d’un versement de 2500 frs. Ils pouvaient également racheter chaque année restante du service déjà commencé pour 500 francs. Les sommes collectées étaient versées à une caisse de dotation de l’armée et servaient à financer les retraites militaires et à augmenter les primes d’engagement des volontaires. Pour mémoire, le salaire moyen d’un petit fonctionnaire à l’époque était d’environ 700 francs par an ! ]

18 juin 1868 : l’école primaire communale est toujours dirigée par M. Lucas-Delaunay. Le rôle des élèves, pour le 2e trimestre de 1868 est :

  • - élèves de la commune 322 frs
  • - élèves gratuits 68 frs
  • - élèves étrangers 136 frs

 La machine à écrire

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La première machine à écrire

23 juin 1868 : L’imprimeur américain Christopher Latham Sholes reçoit un brevet pour son invention qu’il appelle "type-writer" (machine à écrire). Les textes sont uniquement en majuscules et, le papier étant caché sous le mécanisme, on ne voit pas ce que l’on tape. Le brevet sera racheté par l’armurier Remington en 1873, qui perfectionnera la machine, avec les retours chariot et les sauts de lignes, et entreprendra sa fabrication en série.

Cette-année-là aussi, un squelette d’homme de Cro-Magnon, homo sapiens vivant il y a 35 000 ans, est découvert dans le Sud de la France.

Le 31 mai 1868 a lieu, au parc de Saint-Cloud à Paris, la première course de vélo. Le vainqueur franchit les 1 200 mètres en 3 minutes 50 secondes. Le vélocipède (véloce = rapide et pède = pieds) a été conçu par les frères Michaux en 1861. La première course de ville à ville aura lieu l’année suivante, entre Paris et Rouen. James Moore, le vainqueur, parcourra les 123 kilomètres en 10 heures 25 minutes, sur un vélo pesant près de 30 kilogrammes. L’engouement pour la bicyclette est tel que l’Union vélocipédique de France sera créée en 1881 afin de gérer le calendrier des compétitions.
Le premier vélocipède portait le nom de Draisienne à cause de son inventeur le Baron de Drais de Mannheim, il faillit s’appeler : machine à courir.

1868 est l’année de la découverte de l’hélium. L’astronome français Jules Janssen, en observant une éclipse de soleil, découvre dans l’atmosphère de cet astre un gaz jusque là inconnu. Il sera appelé hélium par référence au grec helios (soleil). En 1895, on découvrira que ce gaz est également présent en faible quantité dans l’atmosphère terrestre. Ce gaz léger sera utilisé pour gonfler les ballons, dans les bouteilles de plongée ou encore en anesthésie.

Photo-couleur : Après dix années de recherches, le physicien Louis Ducos du Hauron met au point le procédé de trichromie et invente ainsi la photo-graphie couleur. Originaire de la région d’Agen, il s’était tourné vers l’étude des couleurs et de la lumière par passion pour la peinture. Son exposition de photos à l’Exposition Universelle de Paris en 1878 lui valut un franc succès.

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Sources - Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 12 (courriers)
- Internet et notamment Wikipédia
- Histoire de la France et des Français par André Castelot et Alain Decaux - Ed. Robert Laffont.