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1866, octobre-décembre




 Ecole : Etrangers et Indigènes

Fin septembre 1866, il y a de fortes inondations sur la Loire. A St Pierre des Corps par exemple, 255 maisons sur 280 sont submergées. M. Pierre Justin Boyer, d’Amboise, écrit à sa mère le 30 septembre 1866 : ’’Les malheurs sont très grands, bien des maisons ont été emportées, beaucoup de récoltes et d’équipages de toutes natures, des mobiliers entiers ont été la proie du terrible élément. Je peux t’assurer que le coeur le plus blasé n’aurait pu se défendre de faiblir en voyant avec quelle facilité de jolies maisons neuves ayant l’apparence d’une grande solidité, étaient emportées au premier choc’’. Le Conseil Municipal de Châteaubriant a demandé, le 8 octobre dernier, l’autorisation de réunir le Conseil Municipal.

14 octobre 1866 : le Conseil Municipal se réunit donc à Châteaubriant en séance extraordinaire, sous la présidence du maire Hippolite Béchu du Moulin Roul « Plein de sympathie pour les victimes des inondations, il autorise le maire à souscrire en leur faveur, au nom de la commune, la somme de 100 frs à prendre sur les fonds disponibles de la Caisse Municipale ». Par ailleurs, une quête est faite spontanément au banquet du comice agricole, à l’initiative de M. Marsac, serrurier. Elle rapporte 60 frs.

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Evacuation d’Orléans (Musée de la Marine de Loire)

Le Conseil Municipal dit qu’il est important que « le premier magistrat du département » (c’est-à-dire le Préfet) soit informé de l’état de l’opinion et que, « représentant de l’Empereur, et dévoué à nos intérêts », il sache combien les inondations de 1866, renouvelant le désastre de 1856 et interrompant les communications, « ont surexcité les demandes de chemin de fer de Nantes à Laval ».

 L’opinion publique réclame un chemin de fer

Il y a 10 ans en effet, l’empereur Napoléon III, qui visitait les inondations de la Loire, dut rentrer à Paris en traversant le pays de Châteaubriant, car il ne pouvait utiliser « le chemin de fer d’Orléans à Nantes, envahi par les eaux, coupé en plusieurs endroits ».
Sur son parcours, « l’Empereur dit aux populations accourues pour saluer Sa Majesté : vous avez besoin d’un chemin de fer, il vous sera accordé ».
Mais 10 ans déjà sont passés.

Le Conseil Municipal de Châteaubriant poursuit : « L’initiative de ce chemin de fer est due à la sollicitude du gouvernement qui avait manifesté l’intention de créer une ligne de Laval à la Loire. Cette ligne doit être dirigée sur Nantes parallèlement à la ligne exécutée d’Angers au Mans, avec tendance sur Paris et suivant les principes qui ont motivé la création de plusieurs lignes transversales entre les deux grands voies ferrées de l’Ouest, le chemin d’Orléans à Nantes et le chemin de Paris à Brest ». Les villes de Nantes, de Laval, et les populations intermédiaires, sollicitent cette direction depuis 10 ans !

« Les mêmes malheurs, les mêmes interruptions de circulation viennent de se reproduire en 1866. Le comité consultatif des chemins de fer, sous la présidence de M. le Ministre des Travaux Publics, a émis un avis favorable à la ligne de Nantes à Laval, et admis un tracé donnant satisfaction à tous les intérêts généraux engagés dans la question. L’affaire est en état de recevoir solution » écrit encore le Conseil Municipal.

« Si en ce moment il plaisait au gouvernement de l’Empereur de faire connaître sa décision, il donnerait une grande satisfaction à l’opinion publique, une preuve de sa haute sollicitude, de sa juste prévoyance. L’exécution de la ligne ne se ferait pas attendre sous l’énergique volonté de M. le Ministre des Travaux Publics avec l’adoption désirable de larges mesures financières dans l’intérêt de la France ».

Avec ce flot de louanges, le Conseil Municipal espère peut-être hâter les choses. En réalité le chemin de fer ne sera en service à Châteaubriant qu’en 1877.

 Un terrain pour l’école des Terrasses

15 octobre 1866 : lettre au Sous-Préfet reprenant une décision municipale du 28 août dernier : ’’La commune de Châteaubriant depuis longtemps cherchait le moyen de donner à l’école communale un développement propre à satisfaire aux besoins de l’instruction. Mademoiselle Virginie Félicité Eulalie Legeard de la Dyriais, veuve de M. Crespel de la Touche, demeurant au château de la Bonquière, commune de Bain, département d’Ille et Vilaine, vient de le lui procurer en proposant de céder un jardin dont elle est propriétaire, place des Terrasses et jouxtant cet établissement. Le prix de 4000 frs qu’elle en demandait et qu’elle a réduit à 3900 frs, paraissant convenable, et même avantageux, le Conseil Municipal s’est empressé de l’accepter et pense faire faire quelques frais de contrat et de tracé additionnellement au budget de l’exercice courant (jusqu’à 4400 frs)’’. Le maire adresse donc au Sous-Préfet les pièces nécessaires pour qu’il soit fait une ’’enquête publique comodo et incomodo’’.

19 octobre 1866  : lettre à MM. Mouracq éditeurs-imprimeurs. « Je vous prie de m’envoyer le carton d’études élémentaires pour le dessin professionnel à l’usage des cours d’adultes, contenant 100 planches au prix de 25 frs le tout, spécifié sur le prospectus ci-joint. J’accepte avec reconnaissance le carton d’études élémentaires et dessin que vous voulez bien mettre gratuitement à la disposition de notre école d’adultes par votre circulaire du 25 septembre dernier. Je vous prie de le joindre au carton que je vous demande ». Avec les frais de port, cela fera 28,25 frs.

19 octobre 1866 : M. Juhel, capitaine adjudant major est décédé ce jour, ses obsèques auront lieu demain à 9 h. Le maire demande au capitaine commandant la compagnie de Sapeurs-Pompiers de faire rendre les honneurs militaires ’’à ce vieil officier du Premier Empire et l’un des des derniers représentants des gloires d’Austerlitz et de la Moskova ’’ (décembre 1805 et septembre 1812)

 Le pain est cher


19 octobre 1866 : le maire explique que, sous le régime de la Taxe de Pain ’’nous suivions à Châteaubriant la taxe de Nantes avec 10 centimes de rabais par 6 kg. A cet effet nous recevions de la Préfecture, chaque quinzaine, un exemplaire de Nantes. Cet envoi a cessé depuis la liberté de la boulangerie’’.

Mais cette année le prix élevé des grains et des farines a causé une grande augmentation dans le prix du pain, porté à 2 frs les 6 kg. Il en résulte des plaintes. Le maire demande donc de recevoir chaque quinzaine la ’’taxe officieuse’’ du pain à Nantes.

« Dans la question délicate des subsistances, j’ai besoin de renseignements officiels et certains, et d’être en mesure de dire aux boulangers : vous vendez au-dessus du prix qui devrait être établi par la taxe ou de faire comprendre aux populations que le prix du pain est en juste rapport avec celui des farines et que la taxe ne pourrait en fixer un autre »
(voir à ce sujet le livre : Le blé et le pain par J.A.Barral, 1862)

20 octobre 1866  : l’administration de l’hospice ’’remercie Monsieur le Préfet de l’acte de munificence constaté par sa lettre du 11 septembre dernier’’ - ’’Cet honorable magistrat est également sollicité de vouloir bien continuer sa bienveillance en faveur de l’hospice dont les besoins sont grands’’.

5 novembre 1866 : le maire adresse au Sous-Préfet la délibération l’autorisant à souscrire, au nom de la commune, en faveur des inondations, une somme de 100 frs. Il indique par ailleurs qu’une souscription a recueilli ’’onze cent neuf francs (1109 frs) . ’’La population a mis, pour secourir les victimes des inondations, une générosité qui fait honneur à ses sentiments charitables’’. ’’Elle a aussi compris que ces inondations se renouvellent sans cesse et, rendant la voie d’Orléans impraticable, font une nécessité au gouvernement d’assurer les communications de Nantes avec Paris. A cet effet et par toutes les raisons d’utilité publique successivement exposées, d’ordonner la création du chemin de fer de Nantes à Laval par Châteaubriant ». Le maire fait appel à l’influence et au dévouement de Monsieur le Préfet.

5 novembre 1866 : le maire interrogé sur les carrières et sablières en exploitation à Châteaubriant répond : « il n’y a aucune minière, marnière ou glaisière ».

L’adjudication de la vente des boues provenant de la répurgation de la ville pour 1866 se monte à 1097 frs.

Le legs de la cirière (revoir au 1er octobre 1866) : Mlle Thebaud, cirière, a institué le bureau de bienfaisance son légataire universel à charge de donner, à perpétuité et chaque année, une somme de 100 frs à la société de secours mutuel. Mais la majorité du bureau de bienfaisance a pensé qu’il n’y avait pas lieu d’accepter ce legs « à raison de l’insanité d’esprit de la testatrice » (décédée le 19 juin 1866).

Saisi, le Préfet a répondu, le 29 octobre dernier, que les établissements auxquels le bureau de bienfaisance aurait à délivrer un legs particulier, si les dispositions de Mlle Thebaud étaient validées, doivent être appelés à manifester leurs intentions.

Le maire écrit donc à la société de secours mutuel, et à l’asile, leur demandant de délibérer sur l’acceptation ou le refus de la libéralité faite par Mlle Thebaud.

Il écrit aussi à la supérieure du pensionnat Nazareth en lui disant que Mlle Thebaud souhaite donner :

  • - 100 frs pour distribuer du bois
  • - 100 frs pour assister les pauvres qui ne seraient pas portés sur la liste
  • - 100 frs à la mère assistante pour soins aux malades à domicile
  • - 100 frs à la maîtresse de la classe pauvre pour vêtir les enfants à l’entrée de l’hiver.
  • Le pensionnat acceptera-t-il ?

23 novembre 1866 : lettre au commissaire de police. « Hier, 22 novembre, malgré les défenses faites et les avertissements donnés, M. Derval a mis après plusieurs jours d’interruption un nouvel ouvrier à travailler sur le chemin de St Aubin et à dénaturer l’état des lieux. Je vous invite, M. le Commissaire, à constater cette nouvelle voie de fait dans votre procès-verbal et à recueillir à cet effet les déclarations de Gaigeard et de l’ouvrier de M. Derval ».

24 novembre 1866, le maire fait parvenir au Sous-Préfet le compte de gestion de la succession de M. l’abbé Anger, rendu à la commission administrative de l’hospice civil de Châteaubriant par MM. Eugène Vauquelin, propriétaire et Victorien Recoquillier, chaisier, en qualité d’exécuteurs testamentaires du dit Sieur Anger, aux termes du testament de ce dernier en date du 29 mars 1862. Ce legs, toutes charges acquittées, se monte à 1744,26 frs au profit de l’hospice.

 La charité moins 15 centimes

25 novembre 1866, au Conseil Municipal, le maire expose que les travaux se trouvent souvent interrompus ou tout au moins toujours ralentis pendant la mau-vaise saison. « Il convient d’assurer du travail aux ouvriers les plus nécessiteux et les plus éprouvés par le chaumage (sic !) prévu chaque année à pareille époque ». Le maire demande alors, dans le but de fonder un atelier de charité, un crédit de 1000 frs qui serait employé à effectuer des travaux sur le chemin de petite vicinalité qui conduit de Béré au Moulin Neuf.

Le Conseil Municipal autorise ce crédit en priant le maire de réduire de 15 centimes sur le prix ordinaire de la journée à Châteaubriant, le salaire qui sera offert aux ouvriers qui feront partie de l’atelier de charité. « dans le but de conserver à cette dépense son caractère de charité temporaire et pour éviter des demandes trop nombreuses de la part d’ouvriers qui pourraient s’occuper chez les particuliers ».

 Ecole communale : étrangers et indigènes

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Enseignant dans une école primaire œuvre de Eugène François de Block, 1866

Au sujet du terrain à acquérir à Mme Crespel de la Touche (revoir au 15 octobre 1866) le juge de Paix a constaté qu’aucune personne ne s’est présentée lors de l’enquête publique ouverte le 19 octobre, mais il pose des questions :

  • - avec son régime actuel, l’école communale ne comprend-elle pas tout à la fois un internat et un externat ?
  • - l’internat n’est-il pas destiné particulièrement à des jeunes gens appartenant à des communes étrangères à celle de Châteaubriant ?
  • - dans ces conditions, l’internat doit-il être considéré comme un établissement subsistant dans l’intérêt de la commune ?
  • - la commune de Châteaubriant profite-t-elle des intérêts matériels produits par l’internat ?
  • - si elle n’en profite pas, est-elle assez riche pour supporter les frais d’agrandissement et d’installation au bénéfice d’autrui ?
  • - la consistance actuelle de l’école communale serait-elle suffisante si elle ne comptait que des indigènes ?
  • - y aurait-il inconvénient pour la commune de Châteaubriant à ce que les parents plus ou moins aisés des enfants des localités voisines ne fussent pas encouragés à préférer l’internat en ville aux écoles de leurs campagnes.
  • - est-ce au sein d’une ville que la jeunesse agricole peut se fortifier dans le goût de la vie champêtre dont la dégénéressance (sic !) a excité tant de doléances lors d’une discussion mémorable et préoccupe aujourd’hui encore tant de généreuses sollicitudes ? N’est-ce pas convier dès l’enfance la population agricole à l’émigration dans les villes ?

Ecole en Suisse vers 1850, oeuvre de Albert Anker
Le Conseil Municipal répond que « les appréhensions de l’honorable magistrat enquêteur ne peuvent être prises en compte ». « En effet, l’école communale actuelle a été construite en 1838 dans la prévision d’une agglomération de 50 élèves. Elle se compose d’une salle au rez de chaussée destinée aux classes et de trois pièces au premier étage destinées au logement de l’instituteur et de sa famille. Les combles qui servaient de grenier ont été utilisés pour obtenir un dortoir pour les jeunes pour qui, eu égard à l’éloignement de leur famille, ne peuvent habiter chez leurs parents. Il est donc impossible de trouver une école avec des aménagements plus modestes et plus incomplets. Il n’y a aucune exagération à affirmer que toutes les écoles plus récemment construites dans l’arrondissement de Châteaubriant sont sans exception toutes plus vastes, plus commodes, plus aérées et plus complètes que l’école communale du chef-lieu de Sous-Préfecture »

 135 enfants, 120 adultes, sans désordre et sans encombre

Le Conseil Municipal poursuit : « Mais ce n’est pas tout. L’école communale destinée à la réception de 50 élèves en compte actuellement 135 dont 25 seulement étrangers à la commune. De plus M. Lucas, dont le zèle est au dessus de tout éloge, a constitué une classe d’adultes dont le nombre aujourd’hui dépasse les 120. Que l’on juge de l’embarras de cet honorable directeur de l’école communale pour arriver avec un local aussi insuffisant à faire successivement figurer dans la seule et unique salle de son établissement, sans désordre et sans encombre, les jeunes gens aussi nombreux et qui ne suivent ni les mêmes classes ni les mêmes cours ! »

Le Conseil Municipal estime donc que « l’école est insuffisante, que l’agglomération forcée des élèves peut être très nuisible à leur santé et qu’il y aurait un péril sérieux et une responsabilité encore plus grande à prolonger cette situation ».

« L’internat dont M. le Juge de Paix semble surtout se préoccuper, n’est en réalité qu’accessoire à la question et aux motifs plus larges et plus libéraux qui ont déterminé le Conseil à profiter d’une occasion peut-être unique de compléter les aménagements de son école. L’internat qui ne comprend que 25 élèves est en réalité destiné à compenser par de modestes bénéfices bien laborieusement acquis, le zèle et la distinction du directeur de l’école. Il est impossible en vérité d’en vouloir à M. Lucas parce qu’il a su conquérir la confiance des familles étrangères à la ville, et le punir d’attirer au chef-lieu des enfants qui, sans son zèle, sa distinction et son habileté connus, seraient envoyés à Nantes ou dans une autre grande ville »

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Paysan breton, par Albert Clouard, 1866

Le Conseil Municipal développe donc son projet : « l’acquisition du terrain de Madame de la Touche est destinée à compléter l’école communale en la dotant de bâtiments en rapport avec son importance et en permettant d’établir un promenoir pour la recréation des enfants qui, aujourd’hui, vont prendre leur délassement sur la place publique et à l’abri de la surveillance si nécessaire de leur instituteur ».

Le Conseil ne sait s’il doit répondre à la question qui, suivant M. le Juge de Paix, touche aux prétendus intérêts matériels de la ville. En décidant l’acquisition du terrain de Mme Legeard, il s’est peu préoccupé de la question de savoir si les communes voisines profiteraient, ou non, des sacrifices que s’imposait la ville. « Est-il bien logique de mettre obstacle au désir légitime des familles voisines d’envoyer leurs enfants à Châteaubriant ? Le mouvement encore aujourd’hui très faible ne devrait-il pas au contraire être encouragé et facilité même au besoin ? Ne pourrait-on ajouter que les sommes nécessitées par l’entretien des enfants et les voyages fréquents des familles compensent et au-delà, les légères dépenses d’aménagement faites dans le but de loger quelques internes ? ».

Le Conseil Municipal pense donc que M. le Préfet sera heureux de seconder ses généreuses intentions pour arriver à constituer une école communale répondant aux besoins de la ville et qu’il autorisera la vente du terrain de la dame de la Touche à la commune de Châteaubriant. Il invite le maire à faire exécuter dans les plus brefs délais un plan des lieux et un avant-projet des travaux à exécuter.

 Regrettable dissentiment

A ce même conseil municipal du 25 novembre 1866, lecture est faite d’une lettre du Préfet au sujet des difficultés qui existent entre l’administration municipale et la commission administrative de l’hospice, « ayant trait au chiffre de l’allocation faite par la ville, tant à l’hospice directement que pour la pension que cet établissement fournit aux religieuses de la salle d’asile ».
Le Préfet invite le maire à provoquer une délibération de son conseil pour terminer « le regrettable dissentiment ». Une commission de trois élus est constituée pour étudier la question. (voir 3 septembre 1866 et 24 février 1867).

 Station télégraphique

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Schéma d’un télégraphe

A ce même conseil municipal du 25 novembre 1866, lecture d’une lettre du Percepteur réclamant, au nom du Préfet, l’ouverture d’un crédit de 1250 frs au profit du Département pour prix du loyer de la station télégraphique [installée au château depuis 5 ans] à raison de 250 frs/an. Le Conseil pense qu’il y aurait lieu de demander au Préfet de décharger la commune de cette location ’’qui est d’un prix extrême’’. En effet, l’établissement du télégraphe au château, ’’si favorable à l’administration pour qui ce mode de transmission est surtout indispensable, sauve de la ruine une portion d’édifice dont on ne saurait autrement tirer partie’’.

En retour et en reconnaissance de l’abandon présumé de ce loyer par le Département, la commune a cherché à diminuer les dépenses départementales. Ainsi, elle n’a réclamé aucune indemnité pour le droit de passage exercé sur le terrain communal pour le service de la caserne de gendarmerie. ’’Et puis, lors du très récent agrandissement des dépendances de la Maison d’Arrêt, la ville n’a fait payer au Département le terrain qu’elle lui cédait que sur le pied d’un franc du mètre, tandis que tous les terrains limitrophes sont journellement vendus sur le pied de 5 frs du mètre-carré’’. Le Conseil invite donc le maire à faire tous ses efforts pour obtenir du Préfet, ’’si dévoué aux communes’’ la remise de la somme qu’il réclame. (voir au 13 décembre 1866 et au 24 février 1867).

 Pont Glémois

Le Pont Glémois, sur la Chère, porte de nos jours le nom de ’’Pont de l’ancien hôpital’’. Au Conseil Municipal du 25 novembre 1866, le maire dit que le Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics approuve le projet de réparation de ce pont situé sur la route impériale de Rennes à Angers (actuelle Rue Denieul et Gastineau).

Le Conseil Municipal remercie de cet avis favorable pour des réparations sollicitées depuis si longtemps et qui devraient se monter à 4200 frs.

« Il serait désirable que le pont fut complètement reconstruit en pierres. La dépense serait à peu près la même puisque le pont récemment construit sur le même cours d’eau, près de la place de l’Hôtel de Ville, n’a coûté que 4500 frs ». « La reconstruction en pierres présenterait un travail solide et de longue durée et permettrait d’abaisser la hauteur du tablier qui donne une double pente à la route aux abords du pont ». (voir au 18 décembre).

Questions diverses :
1) le maire obtient du Conseil Municipal l’autorisation de louer un terrain pour déposer les boues provenant de la répurgation de la ville.
2) l’agent-voyer de l’arrondissement informe que le Préfet offre l’argent nécessaire pour l’ouverture, à travers les champs du Bourgérard, du chemin de grande communication n°34, section de Châteaubriant à St Aubin des Châteaux, mais qu’il y aurait lieu préalablement d’acquérir le terrain destiné à servir d’assiette à ce chemin. Le Conseil est d’accord pour porter la largeur de la route à 20 mètres. « On obtiendrait ainsi un embellissement puisqu’on pourrait planter des arbres de chaque côté de la chaussée et on atteindrait également un but utile puisque les contre-allées qui régneraient de chaque côté de la route, pourraient servir à établir le marché aux chevaux ». [Ndlr : ce chemin est, de nos jours, le Boulevard de la République. Il est en effet large et planté d’arbres].

29 novembre 1866 : M. Houdemont a fait un legs de 1000 frs en faveur de l’hospice civil de Châteaubriant. Par son testament du 26 février 1866, il a institué pour sa légataire universelle une dame Lemaitre Julien (née Simonet Honorine) propriétaire, demeurant à St Julien de Vouvantes, qui déclare être prête à verser entre les mains du receveur de l’établissement, aussitôt qu’il y sera autorisé, le montant de cette libéralité, déduction faite des droits de mutation qu’elle a avancés, s’élevant à 103,50 frs.

7 décembre 1866 : le maire envoie au Sous-Préfet le cahier des charges dressé par la Commission Administrative de l’hospice, pour servir à la mise en ferme d’une maison située sur le rempart de l’étang de la Torche. (voir 4 février 1867)

13 décembre 1866 : le maire envoie au Sous-Préfet une délibération du Conseil municipal votant une somme de 30,10 frs pour frais de timbre et d’enregistrement du contrat de vente de terrains cédés à la commune par M. Guimené, pour cause d’alignement. Cette cession a été approuvée par le Préfet le 2 octobre dernier.

13 décembre 1866 : dans sa lettre au Sous-Préfet, le maire revient sur le loyer à payer au Département pour la station télégraphique. Il expose « les bons agissements et les facilités désintéressées de la commune envers le Département, comme il est juste d’en avoir entre administrations concourant toutes au gouvernement de la France. C’est ainsi que la commune n’a pas réclamé l’indemnité due pour le desservice ( sic !) de la promenade, des bâtiments récemment affectés au logement de la gendarmerie, lesquels bâtiments se desservaient précédemment par les cours et issues du château »

Il ajoute « que la commune a cédé au département, pour l’agrandissement de la prison, à raison de 1 fr le mètre, des terrains qui se vendent 5 frs le mètre et que la commune achète elle-même en ce moment et sur la même place au prix de 5 frs le mètre pour l’agrandissement de la maison d’école – que la commune n’a pas fait payer les droits dus pour dépôt sur terrain communal des matériaux employés à l’agrandissement de la prison – indemnité pour dégâts occasionnés par la chute d’un pan de mur du château et occupation du terrain ».

« Ce sont des rapports de bon voisinage qu’il est agréable à la commune d’avoir envers l’administration départementale supérieure et protectrice que celle-ci pourrait avoir à coeur de généreusement reconnaître. Nous faisons appel aux bontés de M. le Préfet et nous le prions, s’il ne veut pas prendre immédiatement une décision favorable aux vœux du Conseil Municipal, d’ajourner à l’année prochaine la perception demandée. D’ici là, le premier magistrat du Département, chargé de tous les intérêts, pourrait voir par lui-même et sur les lieux lors du Conseil de Révision ».

Perfide, le maire ajoute : ’’Le Département ayant peu de dépenses à faire pour Châteaubriant par suite de l’acquisition si avantageuse du château [ndlr : en 1853], aurait bien bonne grâce à ne pas faire payer à la ville un gros loyer pour la partie de ce bâtiment affectée à la station télégraphique, et la commune en serait très reconnaissante »

13 décembre 1866  : le maire écrit à l’administration des Postes pour lui rappeler que, le 26 août dernier, le Conseil Municipal a demandé l’établissement d’une boîte aux lettres à l’Hôtel de Ville ’’afin de remédier à l’inconvénient pour une grande partie de la ville du transfèrement (sic !) du bureau de Poste sur la Place des Terrasses, afin de donner satisfaction aux plaintes légitimes des habitants à raison de leur éloignement ».

14 décembre 1866 : le maire envoie au Préfet l’acte d’acquisition du jardin de Mme Veuve de la Touche, née Legeard de la Dyriais, nécessaire pour l’agrandissement de la maison d’école et de ses dépendances.

14 décembre 1866  : il y a une histoire (compliquée !) au sujet d’une somme de 37,50 frs correspondant au montant des cotes irrécouvrables en 1861 sur la taxe sur les chiens et sur les prestations.

15 décembre 1866 : le maire envoie au Sous-Préfet l’acte portant vente par la commune de Châteaubriant au Département de Loire-Inférieure d’une parcelle de terrain de 155,68 m2 nécessaire pour la construction d’un chemin de ronde à la prison. (voir 31 décembre).

18 décembre 1866 : la lettre du maire au Sous-Préfet indique que le Conseil Municipal « n’a pas accueilli avec faveur l’annonce du bienfait accordé » au sujet de la réparation du Pont Glemois et qu’il insiste pour avoir un pont en pierres. « La réparation de ce pont - en bois - de 15 mètres d’ouverture sur une rivière de 5 mètres - formant monticule dans un quartier de la ville, perpétuera cet état de choses défectueux et ne satisfera pas l’opinion publique. Bien mieux vaudrait un pont reconstruit à neuf et en pierres. L’augmentation de dépenses pourrait être peu considérable et elle ne le serait pas assez pour faire renoncer à un travail meilleur dont la non-existence sera regrettable ».

18 décembre 1866 : le rôle relatif aux jeunes gens ayant fréquenté l’école primaire communale de Châteaubriant est :

  • - élèves de la commune 362 frs
  • - élèves qui y sont étrangers 152 frs Total 514 frs

20 décembre 1866 : le maire transmet au préfet un acte de concession, à titre perpétuel, d’un terrain de 6 m2 au cimetière de la ville en faveur du Sieur Aubin Joseph propriétaire et maître sabotier à Châteaubriant. Il écrit par ailleurs à Madame la supérieure de l’hospice lui annonçant que le Préfet a ouvert au budget de la commune un crédit supplémentaire de 100 frs, pour l’ouvroir en 1866.

24 décembre 1866 : le maire adresse à M. Vimont Ainé, propriétaire à Châteaubriant, ’’un acte de vente consentie par vous à l’État d’une parcelle de terrain nécessaire pour la rectification d’alignement de la Route Impériale n°178’’. Le maire fournit au receveur des finances une autorisation sur timbre pour qu’il puisse toucher de la dame veuve Galivel René (née Luby Louise), voiturière, la somme de 32 frs qu’elle doit pour prix des herbes des promenades publiques de Châteaubriant.

Même date : la commission administrative de l’hospice a fait un essai pour trouver des adjudicataires pour les diverses fournitures à faire à cet établissement pour 1867. Cet essai est demeuré infructueux et la commission demande à être autorisée à continuer le mode de régie qu’elle reconnaît le plus convenable et le plus économique.

31 décembre 1866 : au sujet du terrain vendu pour le chemin de ronde de la prison, le Sous-Préfet précise que « le prix stipulé à raison de 1 fr le mètre ne pourra être payé qu’au mois d’octobre prochain ». Le maire lui répond : « Ce retard n’est pas préjudiciable. L’indemnité de 1 fr le mètre n’est pas en rapport avec la valeur du terrain. Le Conseil l’a accepté par condescendance pour l’administration supérieure mais en exprimant que les concessions de la commune étaient de nature à entretenir celles que voulait bien faire le Département et ceci s’appliquait au loyer de la station télégraphique »

31 décembre 1866 : il y a toujours à Châteaubriant trois individus soumis à la surveillance de la Haute Police : Jean Guerchais, Français Pelé, François Roussel. Mais leur conduite pendant le 4e trimestre de 1866, n’a donné lieu à aucune remarque.

 Peinture

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Corot, solitude

Corot : la solitude

Des peintres français se distinguent cette année-là. Gustave Courbet (La remise des chevreuils, Pauvre femme dans un village), Claude Monet (Femmes au jardin), Pierre-Auguste Renoir (Bouquet printanier), Alfred Sisley (Femmes allant chercher du bois), Camille Pissaro (Les bords de la Marne en hiver), Jean Baptiste Corot (Agostina). Edouard Manet (Le fifre).

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Renoir : lise

Renoir : Lise

De côté des écrivains : Victor Hugo (Les travailleurs de la mer ; Les chansons des rues et des bois), Alphonse Daudet (Lettres de mon moulin), Verlaine (Poèmes saturniens), Dostoïevski (Crime et châtiment), Tolstoï (Yvan le terrible), La Comtesse de Ségur (La Fortune de Gaspard, L’Évangile d’une grand-mère), Jules Verne (Les Aventures du capitaine Hatteras).

Smetana compose La Fiancée vendue. Offenbach triomphe avec La vie parisienne et Strauss avec Le beau Danube Bleu.

Et Nobel invente la dynamite.

-> 1]



Sources - Archives de la mairie de Châteaubriant, 1 D 19 (Conseil Municipal) et 2 D 11 (courriers)
- Internet et notamment Wikipédia