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1861, de mai à août




 Logement des militaires

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Quartier de Belêtre

On voit passer régulièrement l’avis du boulanger disant qu’il a fourni des rations de pain aux troupes de passage. Mais où dorment les soldats ? Chez l’habitant sans doute, comme autrefois et à deux par lits.

Le 13 mai 1861 le maire dit que « un détachement du 99e régiment de ligne, venant de Redon, doit passer à Châteaubriant le 18 mai et y être logé » et il demande au Sous-Préfet de lui en indiquer l’effectif « sans perte de temps ».

14 mai 1861 : le Préfet autorise M. Richer à établir un trottoir au devant de sa maison située sur le bord du chemin n° 41

26 mai 1861, un Conseil Municipal se réunit à Châteaubriant. Le maire expose au Conseil la demande de reconnaissance légale de la maison succursale de Châteaubriant formée par les Ursulines de Jésus, établies à Chavagnes, et le projet de rétrocession d’immeubles acquis à Châteaubriant avec les fonds de la Congrégation.

Une enquête commodo et incommodo a été ouverte à ce sujet par le juge de paix. Celui-ci a donné un avis favorable. Le Conseil Municipal s’associe pleinement à ses considérations.

[mais on apprendra plus tard que les acquisitions d’immeubles ont été faites, en nom privé, à la place de la Congrégation, ce qui était contraire à la loi …]

***

M. de Tugny, qui tient à sa route, renouvelle ses offres
une avance de 6000 frs
l’abandon gratuit à la commune des terrains dépendants de sa ferme des Briotais
. à condition que le chemin n°41 soit fait rapidement. « Le Conseil Municipal accepte les offres avantageuses de M. de Tugny auquel il est heureux de témoigner sa gratitude »

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Routes

Concernant le chemin n° 41, le Conseil Municipal de Fercé propose de le reporter dans la direction de Coesmes, par les villages de la Grée de Fercé, de la Buchetière, du Val et du Pont des Perrières. Le Conseil Municipal de Châteaubriant se range à cet avis, « la nouvelle direction du chemin devant rendre plus faciles et plus fréquentes les relations avec les communes de Rethiers, Coesmes et Janzé »

***

Toujours le 26 mai 1861, "Monsieur Nion dit Lacroix (c’est son nom !) est propriétaire d’une maison. Il demande l’autorisation de réédifier le pignon de sa maison, donnant sur la place de la Pompe, dont il trouve un loyer très avantageux. Or cette maison est condamnée par suite du futur prolongement de la Rue des Halles Neuves. Monsieur Nion s’engage à ne réclamer plus tard, de la ville, que la somme de 13 500 frs dont il a payé sa maison. Le Conseil Municipal, considérant que « il importe autant que possible de favoriser les habitants quand leurs intérêts peuvent se concilier avec ceux de la commune » autorise la réparation à la condition expresse que la ville, lorsqu’elle devra acquérir cet immeuble, ne sera pas tenue de le payer plus de 13 500 frs, quelle qu’en soit du reste la valeur.

***
Sur le chemin du Pompier, l’ouverture du chemin communal n°3 a eu pour effet de s’opposer au cours des eaux pluviales. Celles-ci « forment un cloaque dont les émanations sont nuisibles aux habitants du quartier ». Un plan de rectification a été soumis à l’enquête, il ne s‘agit plus que d’acquérir les terrains nécessaires (au prix de 1 fr du mètre carré) (voir 30 mai)

 Un second sous-maître

M. Lucas Delaunay, instituteur communal, [depuis 1855], demande un secours pécuniaire pour l’entretien d’un second sous-maître.

Le Conseil Municipal vote à l’unanimité un secours de 300 frs, en témoignage de reconnaissance « pour la bonne direction donnée aux études et les bons soins accordés aux enfants qu’il instruit d’une manière si remarquable ».

Enfin, ce 26 mai 1861, le Conseil Municipal nomme une commission de trois membres pour étudier la position de l’école des frères et faire un rapport :
sur la question de savoir s’il y a lieu ou non de lui accorder une subvention
Sur l’opportunité d’annexer une troisième classe à l’école communale.

30 mai 1861 : le maire écrit à Mlle Brossays « à l’effet de savoir si elle serait dans l’intention de céder à la voie publique, dans le chemin du Pompier, la quantité de 173,74 m2 à raison de 1 fr le mètre »
Même question à M. Morisseau, résidant dans la commune du Bignon, pour 61,44 m2

Le 6 juin 1861 : Napoléon III fait lire en conseil des ministres un rapport de Thouvenel reconnaissant le royaume d’Italie dont Rome venait d’être déclarée capitale. L’effet de surprise est très grand. L’impératrice irritée se lève et sort. Toutefois cette reconnaissance comportait une réserve : les Français resteraient à Rome « tant que des garanties suffisantes ne couvriraient pas les intérêts qui les y avaient amenés ».

Catacombes

Les savants allemands Robert Bunsen et Gustav Kirchhoff jettent les bases de la spectographie.

En 1861, Nadar présente ses prises de vues des catacombes de Paris grâce à l’éclairage de batteries Bunsen.

Comme certaines poses duraient jusqu’à 18 minutes, il fut obligé de substituer des mannequins aux sujets réels, Nadar réussit à réaliser une centaine de scènes souterraines, démontrant ainsi que la photographie était en mesure de fournir une information visuelle comportant un grand nombre de données physiques.

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Catacombes

9 juin 1861 : un Conseil Municipal se tient à Châteaubriant sous la présidence du maire M. Béchu du Moulin Roul.

Il commence par une récrimination contre « la mauvaise volonté des agents-voyers qui laissent dans un complet état d’abandon la partie du chemin compris entre la Butte du Bois Hamon et le Champ du Bourgérard, sous le prétexte que la voie n’a pas les dimensions réglementaires ». Ce chemin « devient de jour en jour plus impraticable ». Cela ne fait pas l’affaire des industriels Franco et Gurzincski qui ont créé la Fonderie le long de la Chère. C’est pourquoi M. Gurzincski propose de livrer le terrain nécessaire à l’élargissement de ce chemin. Accord du Conseil.

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Châteaubriant vers l’Ouest

Toujours le 9 juin 1861, un ancien juge de paix de Châteaubriant demande à acquérir « une langue de terre déboisée lors de la construction du chemin n° 41 au droit de sa propriété près de Choisel ». Le Conseil Municipal reconnaît le bien-fondé de sa demande mais diffère sa décision.

Le Conseil examine ensuite les comptes de l’année 1860 et décide de verser 250 frs au Département pour le loyer annuel du local affecté au Télégraphe électrique.

10 juin 1861, La France et le Royaume-Uni proclament leur « stricte neutralité » dans la guerre civile américaine.

13 juin 1861 : le maire réclame un secours pour Mme Peuriot, veuve Letort, car la demande du 4 septembre 1860 est restée sans réponse.

21 juin 1861 : le sous préfet s’est enquis des œuvres particulières de bienfaisance » existant à Châteaubriant. Le maire lui répond qu’il n’y en a pas. « Le seul établissement qui pourrait être assimilé est l’ouvroir établi au château, dirigé par les dames missionnaires de la congrégation naissante de l’Immaculée Conception avec cette différence qu’il ne donne aucun secours mais qu’il en reçoit ».
Dans cette maison, 20 à 30 enfants de 8 à 15 ans reçoivent l’instruction, apprennent la fabrication des dentelles, de la lingerie et font des apprentissages.

24 juin 1861 : la rétribution scolaire pour le 2e trimestre de 1861 s’élève à 416 frs. Sans détail supplémentaire.

Ce même jour le maire adresse au Sous-Préfet la liste des débits de boissons de la commune.

6 juillet 1861, à propos de la demande d’un débit de tabacs à Béré (voir au 24 février 1861), le maire précise :

« La population agglomérée à Béré
est maintenant de 326 personnes formant 84 ménages. Elle comprend des fabricants de machines, des ouvriers de diverses
professions, des commerçants et des marchands.

Béré constitue une paroisse de 1200 habitants qui se réunissent au bourg les jours de fêtes pour les
affaires religieuses.

Béré est un lieu de passage pour les voyageurs, il s’y trouve des auberges pour les recevoir. La population agglomérée est ouvrière.
La population des campagnes et les gens de passage ont des besoins de
tabac dont l’usage, qui ne tend pas à diminuer, est
très impérieux.Pour s’en
procurer il faut faire jusqu’à la ville de Châteaubriant une longue course d’un kilomètre au moins et de beaucoup plus pour d’autres, qu’il nécessite des pertes de temps, des fatigues et des ennuis »

« Ce bureau de tabacs serait suffisamment productif pour être très recherché, et depuis longtemps il serait établi si le commerce du tabac était libre ».

Le Conseil Municipal de Châteaubriant a donné un avis favorable et les habitants de Béré espèrent recevoir ce débit de tabacs « comme un témoignage de la sollicitude du gouvernement de l’empereur »

13 juillet 1861 : le sous-intendant militaire à Nantes fait savoir que, fréquemment, le préposé à la fourniture du pain aux troupes de passage, ne transmet que tardivement les bons de fourniture. « A l’avenir vous ferez bien de faire parvenir les bons de distribution au général, très exactement et immédiatement après vos fournitures » écrit le maire à M. Buron, boulanger. « Ce sera le plus sûr moyen d’éviter des retards qui peuvent compromettre les paiements ». Le délai fixé : les 5 premiers jours du mois qui suit le trimestre expiré.
« Ce délai passé, toute réclamation sera rigoureusement rejetée ».

 Voiture à collier ?

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Collier

26 juillet 1861 : l’adjoint à l’intendance, service des marchés à Nantes, écrit au maire : « Depuis le 1er de ce mois, le service des convois militaires tant par voitures à collier que par diligence, a été supprimé par toute la France. Il en résulte que les corps de troupe en marche seront chargés de traiter directement avec des voituriers ou cultivateurs dans les gîtes-étapes qu’ils traverseront ».

« M. le Ministre de la guerre me charge de vous demander si l’ancien préposé des convois dans votre commune, qui avait traité précédemment avec l’entrepreneur général de ce service (…) se chargerait aujourd’hui de faire le service des convois de sa commune au gîte d’étape le plus voisin ». La lettre évoque un prix de 27 à 28 centimes par kilomètre.

2 août 1861 : l’ancien préposé des convois, Besnier Denis, maître de poste, répond qu’il est tout disposé à faire les transports moyennant le chiffre de 30 centimes du kilomètre. « J’ai fait tous mes efforts pour obtenir une réduction sur la taux de ses prétentions, mais inutilement » dit le maire.

6 août 1861 : le ministre de l’intérieur souhaite examiner le registre des délibérations des hospices antérieurs à 1796. Il demande copie de l’inventaire des archives de l’hospice civil de Châteaubriant

17 août 1861 : Julie-Victoire Daubié est la première femme à obtenir le baccalauréat en France.

Julie-Victoire Daubié

Julie-Victoire Daubiéappartient à la petite bourgeoisie catholique de Fontenoy-le-Château. Son grand-père paternel est greffier de justice et ancien négociant. Son grand-père maternel est le directeur des forges de Buyer à la Chaudeau.

Le 31 août 1844, elle obtient le « certificat de capacité », brevet d’enseignante, obligatoire pour tous les enseignants depuis la loi du 28 juin 1833.

La jeune fille a côtoyé au bureau de bienfaisance de Fontenoy la misère des ouvriers de campagne, la triste condition des domestiques et le vilain sort réservé aux mères célibataires. Elle puisera peut-être là l’inspiration de son essai "La Femme pauvre au 19e siècle" qui lui permet de remporter le premier prix du concours de l’Académie impériale de Lyon en 1859 (elle a alors 35 ans).

Après avoir étudié le grec et le latin avec son frère abbé, elle présente sa candidature au baccalauréat à l’Université de Paris, candidature refusée au seul prétexte qu’elle est femme. Pourtant, aucun texte n’interdit aux femmes l’accès à l’Université. Après de multiples démarches, avec l’aide de François Barthélemy Arlès-Dufour, un saint-simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, et, forte de son succès au concours lyonnais de 1859, elle finit par obtenir son inscription à Lyon.

Enfin, le 16 août 1861, elle obtient son baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche, une abstention, une noire, un avis défavorable.

Mais Julie-Victoire attendra longtemps son diplôme. Prétendant qu’il « ridiculise-rait le ministère de l’Instruction publique », le ministre Gustave Rouland refuse de le signer. Il fallut une intervention pressante d’Arlès-Dufour auprès de l’entourage de l’impératrice Eugénie pour que l’ordre soit donné à ce ministre d’apposer sa signature au bas du diplôme.

Source : Wikipédia

On peut lire « La femme pauvre » sur Gallica : http://visualiseur.bnf.fr/CadresFen...

23 août 1861 : le maire rappelle au ministre de la guerre la demande de secours de la veuve Peuriot (voir au 13 juin 1861)

26 août 1861 : le maire annonce au sieur HERVE Louis, propriétaire à Châteaubriant, le décès de son fils, militaire. « Il n’a laissé à son décès ni or, ni argent, ni bijoux lui appartenant en propre ».

Souvenir de la maison morte

« Souvenirs de la maison des morts » est un roman russe de Dostoïevski, dont l’action se déroule dans un bagne en Sibérie. Il fut commencé en 1855, après que l’auteur eut purgé une peine de cinq ans de bagne. Premier récit sur le goulag des Tzars. Réflexion sur la déshumanisation.

« Les travaux ne me parurent pas très-pénibles ; il me semblait que ce n’était pas la vraie fatigue du bagne. Je ne devinai que longtemps après pourquoi ce travail était dur et excessif ; c’était moins par sa difficulté que parce qu’il était forcé, contraint, obligatoire, et qu’on ne l’accomplissait que par crainte du bâton. (…) Il m’est venu un jour à l’idée que si l’on voulait réduire un homme à néant, le punir atrocement, l’écraser tellement que le meurtrier le plus endurci tremblerait lui-même devant ce châtiment et s’effrayerait d’avance, il suffirait de donner à son travail un caractère de complète inutilité, voire même d’absurdité. » (…) [Qu’on contraigne un détenu, par exemple], « à transvaser de l’eau d’une tine dans une autre, et vice versa, à concasser du sable ou à transporter un tas de terre d’un endroit à un autre pour lui ordonner ensuite la réciproque, je suis persuadé qu’au bout de quelques jours le détenu s’étranglera ou commettra mille crimes comportant la peine de mort plutôt que de vivre dans un tel abaissement et de tels tourments »

On peut lire le texte complet ici :
http://fr.wikisource.org/wiki/Souve...





Sources :

- Archives municipales séries 1 D 19
- 2 D 11 (courriers)

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