Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Aller au plan simplifié  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Poésie > Textes de Brigitte Duchêne > Comment Goliath détruisit le Théâtre de Verre

Comment Goliath détruisit le Théâtre de Verre



Comment Goliath brisa le palais de verre de la ville de Briantec

Il était une fois dans une jolie petite ville, un roi et une reine qui habitaient dans une chaumière. Un jour, ils décidèrent de construire un palais. Ils firent appel au plus grand architecte de la région qui leur bâtit un palais de verre.

C’était un monument splendide, les parois resplendissaient au soleil. A l’intérieur, une seule salle et au milieu de grandes colonnes de bois acajou, on se serait cru dans une forêt profonde.

Lorsque la construction fut achevée, le roi ordonna à son héraut d’aller sur la place publique et d’y proclamer cet avis :

« Peuple de Briantec, ce palais est pour vous, nous le nommerons le palais de verre, vous pourrez y danser, y chanter, ce sera un lieu de fêtes et de jeu. »

Et peu à peu les gens s’organisèrent et par la porte de verre pénétraient trompettistes, harpistes, joueurs de cornemuse et tous dansaient du soir à l’aube suivante.

Un jour, un des Briantecois qui s’appelait David dit : « Pourquoi ne ferions nous pas du théâtre ?

Et les autres acquiescèrent. Et il leur apprit le théâtre, il leur apprit que leur corps était un présent dont ils devaient être fiers, ils surent bomber le torse pour devenir l’homme orgueilleux, rentrer la poitrine pour faire jaillir en eux le timide. Ils surent que jouer un rôle c’est trouver au plus profond de soi l’être à mettre en scène.

Mais le confident du roi, qui s’appelait Goliath, entra un soir dans le palais de verre. il le trouva magnifique et estima qu’un tel endroit ne devait pas être abandonné au peuple. Il proclama partout bien fort : « Ceci est MON théâtre. A partir de ce jour, je suis seul maître de la programmation des fêtes et je ne laisserai pas le peuple me dicter ma programmation. Si vous voulez profiter de ce palais, vous devrez me demander l’autorisation ».

Lorsque les musiciens arrivaient avec leur flûte, leur harmonica et leur tambour, il hurlait : « Mes fauteuils sont fragiles, ne posez pas votre instrument dessus » Et quand les enfants des écoles venaient danser ou faire du théâtre, il les surveillait, inquiet. Et si une petite fille curieuse approchait trop près de la scène, il s’empressait de la repousser.

Le peuple n’osait rien dire, il était devenu le chef et s’il ne donnait pas son autorisation, les fêtes devaient être annulées. Le roi avait confiance en Goliath et le laissait faire.

David décida de résister. il dit : « Nous jouerons sans autorisation. ». Lorsque Goliath apprit cela, il arriva en trombe dans le palais, il chassa David et hurla si fort que les vitres du palais se brisèrent.

Les Briantécois furent malheureux, si malheureux que, dans la jolie petite ville de Briantec, plus aucun enfant ne poussa son premier cri.

Pol Cornek