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1845 (de janvier à juin)



10 janvier 1845 : lettre du maire à l’instituteur communal de Châteaubriant : « Je m’empresse de vous adresser un livre contenant l’exposé des actions auxquelles des récompenses seront décernées.

Vous aurez à donner lecture de temps en temps aux élèves afin de les faire profiter des leçons de morale ».

Vache folle ?

15 février 1845 : « Hier, cinq animaux de la race bovine appartenant à une fourrière de la Jandelais, ont été frappés de mort presque instantanément. Un artiste vétérinaire m’a donné des renseignements peu satisfaisants. Je lui ai demandé un rapport détaillé de l’autopsie » écrit le maire au Préfet. « Si d’autres cas de mort instantanée aussi inexplicable avaient lieu dans la commune, je n’hésiterai pas à vous prier de nous envoyer le vétérinaire du chef-lieu de département, notre vétérinaire ne connaissant pas exactement les symptômes qui accompagnent l’épizootie régnant sur la frontière du nord ». [Bigre, s’agirait-il déjà de vache folle ? Le maire explique que « la décomposition et la décoloration du sang » ont vivement frappé le vétérinaire].

19 février 1845 : encore un enfant abandonné, à la suite d’une sombre histoire de gosse qui aurait été échangé contre un autre !

23 février 1845 : session ordinaire du Conseil Municipal. Jules Luette de la Pilorgerie fait toujours fonction de maire. Le Conseil apprend avec satisfaction que tout fait présager que l’ordonnance royale nécessaire pour autoriser l’aliénation du château sera incessamment signée.

Choquant pour l’œil

Ce 23 février 1845, le sieur Robert Mercier demande la suppression d’un cabinet de latrines publiques, établi depuis une vingtaine d’années, par l’autorité municipale, dans la rue de Couëré. Il s’interroge avec habileté, suggérant que l’autorité municipale l’a peut-être fait sans en avoir le droit, « ce que ne veut pas étudier le pétitionnaire, parce qu’il est persuadé de l’empressement de l’administration de la ville à seconder les embellissements et l’assainissement de la ville » et espérant bien obtenir une solution conforme à ses vœux.

Un conseiller soutient la nécessité de ce cabinet de latrines publiques à la disposition du quartier de Couëré. « Plusieurs opinans répondent qu’il y a lieu de déplacer le siège des latrines et de le reconstruire dans un endroit et dans un système qui n’ait rien de choquant pour l’œil », d’autant plus qu’on se trouve auprès de l’une des entrées de la ville.

Finalement, le Conseil donne satisfaction à M. Mercier à condition que celui-ci établisse un autre cabinet, à ses frais, au lieu qui sera déterminé par l’autorité, et selon les plans fournis par celle-ci [l’histoire ne dit pas ce qu’a fait le sieur Mercier].

Enfin on apprend que Mme Veuve Connesson est décédée le 20 janvier 1845, ce qui conduit à l’extinction de la rente viagère que la ville lui versait. Le Conseil prévoir d’examiner un plan de nivellement de la ville, avec les fonds de la vente du château, et avec les fonds qui était naguère versés annuellement à Mme Connesson.

Contre l’école

25 février 1845 : le Préfet de la Seine a interrogé son collègue de la Loire-Inférieure qui, à son tour, interroge les communes au sujet des écoles.

Châteaubriant répond qu’elle a deux écoles, une de garçons et une de filles, que la désignation des élèves gratuits est faite par le maire « à mesure que des familles d’ouvriers ou d’indigents présentent leurs enfants ». « La rétribution mensuelle [de l’instituteur] n’est pas confiée au percepteur, les élèves payants admis à l’école communale appartenant tous à des familles riches ou très aisées. Il n’en est pas ainsi dans les campagnes où les instituteurs perçoivent difficilement leur rétribution mensuelle. Cependant, malgré ces difficultés, tous refusent d’en confier le recouvrement au percepteur, ils craignent avec raison de donner par là, à leurs honoraires, une apparences d’intérêt, un tribut de nature à renforcer les préjugés existants dans nos campagnes contre l’instruction primaire ».

Sans doute n’y a-t-il guère de familles très aisées à Châteaubriant car la mairie précise que : « on peut considérer nos deux écoles communales comme à peu près gratuites. Celle des garçons, la seule où l’on trouve des élèves payants, n’en a qu’un petit nombre. Beaucoup de familles qui pourraient être appelées à payer sont dispensées par la générosité de la commune. Enfin les enfants gratuits sont entretenus en livres, papier, etc, avec la plus grande libéralité ».

La halle ou la place ?

4 mars 1845 : De la Pilorgerie, qui n’est toujours pas maire officiellement, demande au Conseil si l’on va procéder au pavage complet de la place Saint Nicolas ou bien faire un mélange de macadamisage et de bitume ? Certains conseillers demandent que l’on diffère cette question jusqu’à ce qu’un projet complet soit proposé et admis, « pour le dégagement, l’amélioration et la mise en état des halles ».

Les halles de Châteaubriant constituent en effet le point capital, « parce que sur elles reposent les principales destinées commerciales du pays. Il reste un capital trop affaibli pour faire face ensuite aux dépenses qu’entraînera la construction d’un hôtel de ville dont il faudra au préalable acquérir l’emplacement ».

« La halle et ses abords, et en seconde ligne l’Hôtel de ville, offrent les caractères d’une nécessité indispensable » disent certains conseillers pour qui les travaux place Saint Nicolas « découlent de la simple utilité, d’une circulation plus commode et d’un coup d’œil plus agréable ».

Finalement, à l’issue d’un vote par assis et levé, le Conseil donne priorité à l’aménagement de la place Saint Nicolas.

Macadam ou pavé ?

Les uns penchent pour un mélange de pavés, de macadamisage et de bitume qui, « tout en procurant de l’économie, produirait une variété d’un bon effet ». D’autres disent que le macadamisage est « merveilleusement bon » en rase campagne mais doit être proscrit en ville et dans les faubourgs « où il est une cause permanente de boues par temps humide et de poussières fort nuisibles à l’époque de sécheresse ».

Quant au bitume, « même de la meilleure qualité, il est sujet à des dégradations dont la réparation exigerait l’emploi dispendieux des gens étrangers au pays, de là obligation de différer plus ou moins longtemps des reprises essentielles à la conservation de l’ensemble, sans préjudice des frais considérables plus ou moins souvent répétés ».

Finalement l’accord se fait sur un pavage qui « offre des chances d’une solidité parfaite d’une longue durée et assure une circulation facile et propre pour les piétons en toute saison. Les réparations sont de la compétence d’un simple ouvrier maçon ». Le conseil vote le pavage à l’unanimité, sauf un conseiller qui n’est pas fixé sur l’échantillon des pavés.

Par ailleurs, il existe encore des ruelles « dont les eaux et matières qu’elles entraînent s’écoulent à travers la place Saint Nicolas ». Il est donc décidé la construction d’un canal souterrain communiquant avec le grand aqueduc au bout de la rue neuve [actuelle rue J. Hervouët]. Un crédit global de 10 000 francs est ouvert pour cela.

Cocquerie

Toujours le 4 mars 1845, un élu fait remarquer que l’aménagement de « la rue de la Cocquerie » doit être la conséquence du nivellement de la Place Saint Nicolas où se tient en plein air une partie du marché. « Sans cette ouverture il ne peut s’exercer de communication entre le nord de la ville et la Place Saint Nicolas qu’à travers la halle toujours encombrée, la rue Quenillette et la rue de la Ruette, ou bien en faisant un grand circuit par le boulevard de l’Eperon. La ruelle et l’escalier actuels de la Cocquerie n’offrent qu’un débouché pour les piétons et on sait combien il est étroit, tortueux, et incommode. Inutile de faire remarquer ce qu’il présente d’inconvénients pendant la nuit ».

M. de la Pilorgerie s’inquiète des difficultés pécuniaires qu’entraînerait cette ouverture de la rue de la Coquerie, car il faudrait acquérir deux maisons « mais on peut fort bien faire le côté oriental de la rue en démolissant une écurie et un cellier de faible valeur ». Alors la Rue de la Cocquerie, passant sous le portail du même nom, permettrait la circulation des chevaux et même des voitures légères. Le Conseil Municipal accepte cette proposition à une très forte majorité.

Une halle neuve

Toujours le 4 mars 1845, M. de la Pilorgerie entretient le Conseil de l’importante question des halles et de ses abords, et explique « l’impossibilité, qui lui paraît incontestable, de songer à déplacer le rassemblement qui a lieu, pour cause de commerce, dans le quartier de la halle où se trouve groupée la masse la plus importante des loyers de la ville ». Mais ce n’est là ; dit-il que « simple conversation » [l’habile homme ! ], « afin que chacun y réfléchisse et puisse apporter en temps utile son tribut de lumières » quand la discussion viendra ultérieurement.

Affectueusement cordiale

6 mars 1845 : on parle de la venue, à Châteaubriant, du Duc d’Aumale accompagné de son frère, le Prince de Joinville. Le maire (ou celui qui en fait fonction) dit : « Je suis prêt à préparer une réception qui, si elle n’est pas magnifique, sera affectueusement cordiale de notre part ».

6 mars 1845 : lettre au maire de Nantes : « La commune de Châteaubriant manque de carrières où l’on puisse extraire des pavés [convenables]. La ville étant à la veille de passer une adjudication pour le repavage de la place Saint Nicolas, on a pensé qu’il ne serait pas beaucoup plus coûteux de faire venir par la voie de l’Erdre, de Nantes à Nort, et de ce dernier point à Châteaubriant, des pavés extraits des carrières voisines de Nantes ». La mairie demande le prix du mètre-cube.

19 mars 1845 : les cinq bovins de la Jandelais seraient morts de la « fièvre charbonneuse » qui serait contagieuse. Le maire demande un secours pour l’infortunée veuve (propriétaire de ces bovins), mère de trois petits enfants et sans fortune.

20 mars 1845 : le maire écrit au Sous-Préfet que le Duc d’Aumale souhaite rentrer en possession de son château le plus vite possible.

Encore faut-il reloger la mairie, la gendarmerie, le tribunal, la prison, etc .« La ville possède dans le bâtiment de la Cure [à l’Hôtel du Boisdulier rue de Couëré], des appartements loués à un médecin. Le bail de ces appartements expire le 24 juin prochain. A cette époque rien ne s’opposera à ce que la mairie y soit transposée ».

Il faut encore donner congé au locataire qui loue, au château, les appartements situés au dessus du Tribunal. Donner congé aussi à M. Chauveau-Lagarde conservateur des hypothèques. Cela sera fait pour le 24 juin 1845.

Quant à « la translation de la gendarmerie » elle est prévue dans une maison de Faubourg de la Barre, sans regret apparemment car « la gendarmerie est mal logée au château ». « Toutefois il n’y a pas de temps à perdre pour s’assurer de la jouissance de cette maison au terme de la Saint Jean prochain ». Mais ça, ça regarde le Sous-Préfet.

Reste le Tribunal. « à la rigueur, celui-ci pourrait être provisoirement placé dans quelque maison spacieuse de la ville ». Quant à la prison « l’abandon de l’édifice actuel [c’est-à-dire le donjon d’entrée encore appelé Porte des Champs] obligerait à chercher une maison que l’on puisse provisoirement transformer en un lieu de détention offrant des conditions de sécurité difficiles à réunir » - « Je crois ce problème à peu près insoluble » dit le maire dans sa lettre.

24 mars 1845 : au Conseil Municipal, M. de la Pilorgerie donne lecture de l’ordonnance royale du 14 février 1845 autorisant la ville de Châteaubriant à concéder le château à SAR le Duc d’Aumale au prix de 70 000 francs. Le prix de cette vente sera placé en rente sur l’Etat.

M. de la Pilorgerie indique que le Duc d’Aumale se propose d’entreprendre des travaux de restauration et d’embellissement au château.

5 avril 1845 : l’hospice de Châteaubriant s’engage à fournir de la soupe aux détenus de la maison d’arrêt de la ville, moyennant une somme de 15 centimes par ration, transport compris, à partir du 1er mai prochain.

10 avril 1845 : le maire accuse réception au Sous-Préfet de sa lettre l’avisant « du passage du Duc d’Aumale dans nos murs dimanche 13 de ce mois ».

15 avril 1845 : le maire écrit au Préfet que SAR Monseigneur le Duc d’Aumale « est arrivé avant-hier pour prendre possession du château. Le Prince semble désireux de commencer les réparations que nécessite cet ancien édifice ». Le maire presse donc le Préfet de résilier d’urgence le bail signé entre le département et la commune, pour la partie occupée par le Tribunal, et pour les appartements et locaux de la gendarmerie.

« Pacification »

Avril 1845 : rien n’est achevé en Algérie : Abd-el-Kader résiste encore. Sous le commandement de Bugeaud, l’armée engage « la pacification » en utilisant des « colonnes expéditionnaires » qui razzient systématiquement le bétail et les récoltes, dévastent les oliveraies et les plantations, établissent des postes fixes permettant de tenir en main le pays conquis. En juin 1845, c’est l’effroyable tuerie de Oued-Rhia au cours de laquelle plus de 500 hommes, femmes et enfants sont enfumés dans la grotte où ils s’étaient réfugiés pour fuir l’armée française. La Chambre des Députés s’indigne. Mais en reste là.

Grabuge

26 juin 1845 : M. de la Pilorgerie convoque le Conseil Municipal pour le 28 mai.

28 mai 1845 : faute d’un nombre suffisant de conseillers présents, le Conseil Municipal (session de mai) est renvoyé au mois de juin.

1er juin 1845 : M. de la Pilorgerie a convoqué le Conseil Municipal pour ce jour-là, mais, raconte-t-il, « un individu est venu s’opposer au commencement de nos travaux. Le Conseil étant nombreux à l’ouverture de la séance, un membre a exprimé un doute sur la légalité de la convocation. J’ai adressé de suite à M. le Sous-Préfet une demande d’autorisation. Cette lettre lui a été immédiatement remise par un employé de la mairie auquel M. le Sous-Préfet a déclaré verbalement qu’il n’avait pas de réponse à faire. La réunion s’est alors dissoute ».

C’est pourquoi M. de la Pilorgerie écrit au Préfet pour demander l’autorisation de réunir le Conseil Municipal en session extraordinaire pour la formation du budget de 1846. Il indique qu’il souhaiterait trouver une solution définitive à l’affaire de la vente du château et qu’il attend sans cesse une lettre de Paris qui doit amener cette solution.

7 juin 1845 : le Sous-Préfet rétorque que le Conseil Municipal aurait dû se réunir en session ordinaire en mai. Le maire répond que « l’affaire du château a subi un déplorable ajournement que ni moi, ni le Conseil, ne pouvons malheureusement abréger. Pendant le mois de mai j’ai espéré de jour en jour une solution dont la probabilité ne s’est offerte que le 29 mai. [explication : ce n’est que le 29 mai que le Président du Tribunal a accepté la résiliation du bail signé le 13 novembre 1843].

Cette question dominait toute la situation financière de la commune et, le 26 mai toutefois je me décidai à convoquer le Conseil Municipal pour le 28, mais ce jour-là il me fut impossible de constituer le Conseil faute de majorité. De là vient la nécessité de renvoyer la session au dimanche suivant, seul jour où l’on puisse espérer réunir l’assemblée en majorité ».

Le ton de la lettre du Sous-Préfet a sans doute créé une gêne, peut-être même une colère, car M. de la Pilorgerie poursuit : « J’aurais avec grand plaisir donné communication de votre courrier au Conseil Municipal (...) mais je ne connais point de pouvoir, fut-ce celui du Roi dont vous rappelez souvent que vous êtes dépositaire, qui me fait une obligation de lire au Conseil la critique assez acerbe de mes propres actes, mêlée à l’apologie des vôtres. En vous souvenant de vos prérogatives, vous me semblez avoir oublié les miennes. Je ne léguerai donc pas à mes successeurs dans l’administration municipale de Châteaubriant , le précédent d’une semblable déférence ». Diable ! Il a la répartie vive, M. de la Pilorgerie !

8 juin 1845 : au Conseil Municipal, M. de la Pilorgerie explique que le Président du Tribunal de Châteaubriant, acceptait, au départ, de résilier les baux des maisons et jardins qu’il tient à loyer avec la ville, non pas à la Saint Jean 1845, mais à la Saint Jean 1847. Cela compliquait bigrement les choses par rapport au Duc d’Aumale ! Heureusement il est revenu sur sa décision le 29 mai. (relire au 1er juin)

8 juin 1845 : le Conseil de Fabrique de l’église de Béré écrit au Ministre de la Justice et des Cultes pour obtenir un secours de 700 francs. Le Conseil Municipal appuie cette demande, « digne de la sollicitude et de la bienveillante justice du gouvernement qui, jusqu’ici, n’a point fait participer [l’église de Béré] à ses largesses » en considérant que la dite église a été sauvée d’une ruine déjà fort avancée « par la généreuse piété des habitants, aidée par une subvention de la caisse municipale ».

Pour le pavage de la Place Saint Nicolas, M. de Boispéan signale la carrière du perray en Erbray . D’autres carrières sont signalées par des élus.

Une commission est chargée d’examiner toutes les questions relatives à la construction de halles neuves, l’amélioration des anciennes, les abords des unes et des autres, l’établissement d’un Hôtel de Ville, et l’ouverture d’une rue, au nord des halles existantes [actuelle moitié nord de la rue Aristide Briand]

9 juin 1845 : M. de la Pilorgerie écrit à l’administrateur des biens du Duc d’Aumale pour lui dire que le Président du Tribunal est d’accord pour signer un autre bail et qu’en conséquence l’acte définitif de vente du château va pouvoir être passé

C’est ainsi que le Duc d’Aumale est devenu propriétaire du château de Châteaubriant . Hélas il n’y fit pas les travaux escomptés et, en 1853, revendit le bâtiment au Conseil Général de Loire-Inférieure.

10 juin 1845 : M. Jules Victorien Luette de la Pilorgerie faisant toujours fonction de maire, le Conseil Municipal témoigne un regret profond du retard que l’on oppose à l’ouverture de la rue du Dos d’Ane [actuelle rue du Château, moitié Nord] : « il en résulte notamment un grand préjudice pour les propriétaires des maisons condamnées par le tracé, lesquelles, avec l’état précaire dans lequel elles se trouvent, ne peuvent être louées que d’une manière accidentelle ».

Par ailleurs, dans le quartier de Béré, au « Pâti des Planches », il est prévu la construction d’un lavoir public, en remplacement de celui qui est proche de la Fontaine Saint Jean « qui doit être anéanti » car « l’eau est stagnante et presque toujours corrompue ». Coût : 70 francs.

Il faut aussi établir un puits public pour le quartier de Béré où il est difficile de procurer commodément de l’eau propre. Coût 200 francs.

Les sinuosités de l’horloge

A propos de l’horloge, M. de la Pilorgerie évoque « certaines sinuosités que plusieurs embranchements décrivent forcément » ce qui fait que le mécanisme ne fonctionne qu’au moyen de poids exagérés. Il souhaite en outre répandre le son à une distance plus grande, et suggère de placer l’horloge dans le clocher neuf Saint Nicolas, et de prendre les dispositions nécessaires « pour que les marteaux frappent sur la cloche de la paroisse ». Un conseiller objecte que la dimension du clocher neuf ne permettra sans doute pas d’opérer la translation. Enfin bon, on étudie la chose, on verra bien.

Un sous-maître

A l’école communale, M. Ozanne a été obligé de recruter un sous-maître. Le Conseil proteste d’être obligé de régulariser la situation. « De plus le nombre d’élèves n’est pas supérieur à celui de l’an dernier. Il est difficile de comprendre que M. Ozanne, qui suffisait jusqu’alors, ne suffise plus aujourd’hui » [il y avait à l’époque 60 à 80 enfants dans une classe unique].

Le Conseil dit, très justement, que s’il doit y avoir plusieurs divisions d’élèves, il semble, puisque tous sont réunis aux mêmes heures, qu’il devrait y avoir au préalable division matérielle des classes « ce qui paraît difficile à réaliser car la maison d’école n’offre qu’une classe unique ». Tout en trouvant ce recrutement contestable, le Conseil vote quand même 300 francs pour le traitement du sous-maître [ce qui représente la moitié du salaire de M. Ozanne].

12 juin 1845 : Suite du Conseil Municipal, qui décide, après rapport de la Commission de travaux publics que les pavés nécessaires au pavage de la place St Nicolas seront pris à la carrière près du Moulin du Perray à Erbray. Ils devront avoir « pour la couronne 12 à 15 cm de largeur et 18 à 25 cm de longueur, et 20 cm de queue ».

M. de Boispéan propose de transporter ces pavés au prix de 3,38 francs le mètre-cube.

Le Conseil Municipal vote 2000 francs pour acheter une vieille écurie qui va permettre d’ouvrir la rue de la Coquerie.

Avisé de ce que les réparations sur le chemin de Juigné sont sur le point d’être terminées, le Conseil décide de s’occuper du chemin de St-Aubin quand l’atelier sera rappelé du chemin de Juigné.

Puis il vote 237 francs pour faire face, jusqu’à concurrence, « à l’entretien des aliénés appartenant à la commune » .

Rue des Halles

Ce 12 juin 1845 : le Conseil décide que « une rue de 9 mètres de large sera percée de la place du marché aux grains jusqu’à la route n°178 » [c’est-à-dire la partie nord de l’actuelle rue Aristide Briand] et M. de la Pilorgerie est autorisé à acheter les terrains et emplacements nécessaires pour l’ouverture de cette rue, qui prendra le nom de « Rue des Halles ».

Nouvelle halle

Décision très importante pour la suite : « Une halle au blé et une mairie réunies seront construites sur le pré appartenant à M. Dupin de la Ferrière, situé sur le bord de la rue n°178, et ces édifices seront placés dans l’axe de la rue ci-dessus ». Cette délibération est votée par 8 voix sur 15. L’ordonnance royale nécessaire par l’achat du pré sera sollicitée.

La décision provoque un débat. M. Delourmel, appuyé par M. Bivaud, signale que ce pré n’offre point la condition requise pour servir d’emplacement à une halle : « le sol est bas, humide, d’une solidité douteuse, il faudra des remblais dispendieux. D’un autre côté, cet emplacement est isolé et le sera probablement pendant fort longtemps parce que ce n’est pas de ce côté que Châteaubriant tend à s’accroître ».

M. Delourmel préférerait un autre emplacement, par exemple les terrains de MM. Dorange, Bain et Pichot, en face de la Rue Neuve et de la place St Nicolas.

Il lui est répondu que le pré de M.Dupin de la Ferrière est le seul endroit que l’on puisse espérer acheter à des conditions raisonnables, qu’il a l’avantage d’être un terrain nu à proximité de Châteaubriant et qu’il se situe « dans le quartier de la halle ancienne où de grands intérêts seraient compromis si l’on déplaçait le centre d’affaires dont il est en possession de temps immémoriaux ».

M. Guibourg ne critique pas l’emplacement « puisqu’on ne peut en trouver un autre sans des dépenses excessives et sans blesser des droits acquis » mais refuse son adhésion au projet de réunir sous le même toit, la halle et l’hôtel de ville. Il voudrait que ce dernier « qui n’exige pas un très grand développement » soit un bâtiment spécial, « sans liaison avec un autre édifice et construit dans un autre quartier ». Il explique son point de vue, que partagent d’autres conseillers : « Il est bon que les diverses parties de la cité profitent des avantages que peuvent procurer le voisinage des édifices publics et la circulation à laquelle ils donnent lieu ».

Le Président [de la Pilorgerie] est chargé par le Conseil de faire dresser dans un court délai, par M. Chenantais, architecte à Nantes, les plans et devis de la halle au blé et de la mairie réunis.

12 juin 1845 : le maire (ou celui qui en fait fonction, par vacance), écrit au Sous-Préfet qu’il a enjoint au sieur Yvon, ouvrier sabotier, de se présenter à l’hospice des enfants abandonnés de Nantes, « pour retirer un enfant lui appartenant et qu’il avait laissé, à sa naissance à une nourrice de la ville », mais que M. Yvon ne peut aller à Nantes, « à raison d’une blessure qu’il s’est faite à un genou ».

27 juin 1845 : lettre de la mairie aux frères Gretteau
qui exploitent la carrière du Perray à Erbray, pour leur donner les dimensions souhaitées pour les pavés destinés à la place St Nicolas : « de la couronne jusqu’à
moitié de la queue, c’est-à-dire sur 10 cm, il ne pourra
y avoir aucun amaigrissement »