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1839 (de juillet à décembre)



7 juillet 1839 : Le Conseil Municipal de Châteaubriant se réunit autour de questions budgétaires intéressant 1839 et 1840. On y parle surtout de la Place de la Motte : « La grande voirie [c’est-à-dire l’administration des Ponts et Chaussées]fait exécuter des rigolles pavées sur la traverse des routes de Nantes à Rennes et de Rennes à Angers » . Le maire propose alors d’établir des bornes nouvelles pour séparer la grande route de la place du marché, à l’effet de cantonner le marché aux vaches et d’empêcher les voitures de détériorer continuellement cette partie de la place - mais le Conseil refuse en considérant que la Place de la Motte n’est pas encore terminée, qu’il est nécessaire d’y placer encore du macadam, de permettre l’écoulement des eaux qui séjournent près de la Porte Neuve, de faire des raccordements de pavage au bas de la rue Neuve « pour concorder avec les travaux des rigolles qui s’exécutent » et qu’il est possible encore, pour cela, de prendre des pierres sur les Terrasses.

25 juillet 1839 : le Procureur du Roi, qui est venu à la Maison d’arrêt de Châteaubriant, demande qu’une femme, nommée Louise Ménard, internée dans cette maison, soit transférée à l’hospice « jusqu’à ordre ultérieur » et que toutes les mesures de surveillance exigées par la loi, soient prises pour prévenir son évasion.

Au gré des uns ...

11 août 1839 : sous la présidence de Louis Brossays, maire, il est prévu de faire des travaux à l’hôtel du Boisdulier (notamment d’étayer des poutres, des planchers et une portion de charpente, de refaire à neuf 29 marches et de construire un cabinet de latrines)

Par ailleurs le Conseil revient sur les demandes faites par le lieutenant de Gendarmerie en mai 1839. La commission qui s’est chargée de les examiner remarque qu’il s’agit de changements de distribution des pièces, d’ouvertures de portes et fenêtres, de conversions de cheminées, de modifications dans l’ordonnancement du local. « En un mot, une foule d’amélioration plus ou moins dispendieuses évaluées à 3000 francs ». Beaucoup de conseillers font observer que la ville a fait régulièrement des frais pour disposer les lieux d’une manière conforme aux vœux des officiers qui ont successivement commandé la gendarmerie de l’arrondissement « et que ce qui a été fait au gré des uns, a été défait pour satisfaire au goût des autres ». (Dans la marge du cahier des délibérations, une main anonyme a écrit : « il en est de même aujourd’hui »). Ah bon ?

La commission admet que quelques logements de gendarmes offrent l’aspect de délabrement mais que cela provient en partie de ce que les réparations locatives sont rarement faites et surtout de ce que les bâtiments excèdent les besoins du service puisque, loué pour deux brigades, ce bâtiment ne sert plus maintenant à en loger qu’une seule, depuis la suppression de la brigade à pied.

Finalement le Conseil accepte de faire les améliorations demandées mais à condition qu’un bail de 18 ans soit passé avec une augmentation de 5 % du loyer, « (si ce bail n’est que de 9 ans, l’intérêt sera porté à 10 %) ».

Marais de la Chère

Curage de ruisseaux : l’institution d’un syndicat a été jugée impraticable par la commission. Mais celle-ci a relevé l’urgence de curer la Chère, en amont de l’Etang de la Torche car la rivière forme, là, « des marais d’où s’exhalent des émanations dangereuses ».

Un conseiller remarque que les terrains en question appartiennent à des particuliers, que c’est à eux de prendre les moyens convenables pour dessécher ces marais, que de toutes façons la salubrité de l’air ne lui paraît pas compromise et que la caisse municipale ne semble pas devoir être appelée à faire un sacrifice quelconque dans un but d’intérêt privé. La discussion ne se prolonge pas plus avant car plusieurs membres du Conseil Municipal sont sortis et l’assemblée s’est trouvée réduite à un nombre trop faible pour continuer la délibération.

18 août 1839 : il faut pourtant bien le faire, ce curage de la Chère ! le maire demande l’ouverture d’un crédit pour payer les ouvriers qu’il compte employer à cette tâche, et il propose que le montant de ce crédit soit être remboursé par les riverains qui auraient tardé à effectuer leur part de curage.

Le Conseil refuse ce crédit, qui présente à son avis des inconvénients, tout en regrettant que les riverains n’aient pas été capables de se constituer en syndicat.

Champ de Foire de Béré : le Tribunal de Châteaubriant maintient la commune dans le droit de tenir foire, chaque année, le 14 septembre, dans la prairie connue sous le nom de « Champ de Foire de Béré » mais déboute la commune de ses conclusions tendant à ce qu’il soit fait défense au défendeur [à savoir M. de Boispéan], de labourer la dite prairie.

Plusieurs conseillers sont mécontents. Ils proposent un appel immédiat. Mais l’un d’entre eux dit « qu’une décision d’appel ne peut être prise qu’avec maturité et dans le calme des esprits »

Ah si seulement on retrouvait l’arrêt du Parlement de Bretagne par lequel, de 1772 à 1781, il a été interdit le labourage du champ de foire !

Puisqu’il faut bien en finir, il est proposé d’accélérer « la terminaison du litige », « de calmer l’irritation et les anxiétés qui existent dans la population et de tenter de trouver un arrangement avec M. de Boispéan »

Un conseiller va jusqu’à proposer des fonds pour acquérir le Champ de Foire par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique. Finalement le Conseil décide de négocier, d’autant plus que M. de Boispéan se dit « excédé de la malveillance de certaines gens qui se plaisent à répandre les propos les plus absurdes sur [son] compte ». Dans une déclaration, M. de Boispéan rappelle : « mon intention est de donner à mes concitoyens, comme par le passé, les facilités désirables pour la tenue de la Foire »

12 septembre 1839 : le maire écrit au lieutenant de Gendarmerie pour l’inviter à faire réunir au Champ de Foire de Béré, sur les 8 heures du matin, les 13 et 14 septembre 1839, les sous-officiers et gendarmes qu’il aura de disponible pour la police de la foire « afin d’empêcher l’établissement de toute espèce de loterie ou autre jeu de hazard défendus par la loi ».

Il lui demande aussi « de faire couvrir les playes (= plaies) des mendiants qui s’établissent aux abords de la foire, qui sont souvent faitides et hideuses ».

Lin, chanvre, farine, filasse ...

5 octobre 1839 : les temps sont durs. Le maire écrit aux curés de St Nicolas et St Jean de Béré : « la saison froide et rigoureuse nous gagne. Il est de la prudence de songer aux mauvais jours. Je vous prie donc, Monsieur le Curé, de faire un appel à la charité publique afin de provoquer les dons et les aumônes pour le bureau de bienfaisance (plus connu sous le nom d’école charitable). Les dames qui le dirigent distribuent, autant qu’elles en ont la faculté, des secours de toute nature à ceux qui sont connus pour en avoir besoin ».

« Tout le monde peut concourir à cette bonne œuvre. Rien ne sera refusé de quelque qualité que ce soit, froment, seigle, blé noir, avoine, pommes de terre, lin, chanvre, farine, filasse, fagots de gros bois, souliers, sabots, vieux vêtements, tout sera utilisé et travaillé, les vieux vêtements en habillement nouveau pour distribuer aux indigens de la ville et de la campagne. Indépendamment des articles ci-dessus, il y aura encore possibilité d’être utile en offrant des travaux dans les moments de loisir. Le bureau de bienfaisance a des travaux de tout genre à faire exécuter et en particulier des vêtements à tailler et à confectionner, chacun pourra donc selon son état et sa capacité, satisfaire son zèle, son bon vouloir et sa charité ».

Une société de charité maternelle

« Je ne doute pas, Monsieur le Curé, que votre voix ne soit très favorablement entendue, quand la mienne a suffi pour réunir quelque argent destiné à fonder une société de charité maternelle chargée de secourir les jeunes mères de famille en couches et de donner du trousseau à leurs enfants nouveaux-nés. Cette société est en activité depuis plus d’un mois et a signalé son existance par des secours »

20 octobre 1839 : le Sous-Préfet demande et obtient que son bail, expirant le 1er novembre 1839, soit prolongé jusqu’au terme de la Saint Jean 1840 (24 juin), « date généralement admise dans la ville de Châteaubriant pour les baux à loyer ».

Le Conseil Municipal qui désire que le siège de la Sous-Préfecture soit fixé de façon permanente, offre au Département, pour faire bâtir l’hôtel de la Sous-Préfecture, et moyennant une rente annuelle de 200 francs :

1.- tout l’emplacement occupé par le bâtiment dont jouit actuellement M. Normand, sous-préfet, « à la réserve des tours septentrionales et méridionales de ce bâtiment »

2.- « tout le terrain en nature de cour, parterre et jardin compris dans l’enceinte à l’Ouest, sans en excepter les cabinets ayant façade au Midi »

3.- la terrasse et le puits établi à l’Est, au bord de l’ancienne douve convertie en promenade publique.

24 novembre 1839
 : le Préfet craint « que la demande d’une rente de 200 francs ne vienne à exercer une influence fâcheuse touchant le succès du projet » et pense « qu’il eût été préférable que la commune proposât un abandon gratuit ».

Certains conseillers proposent alors d’abaisser le montant de la rente. Le Conseil, à une grande majorité, « accepte, s’il y a nécessité, de descendre jusqu’à zéro ».

Route : M. Connesson regrette que, lors de sa dernière session, le Conseil Général ait cru devoir rejeter le projet de redressement de la route entre La Meilleraye et Joué sur Erdre. Le Conseil vote un « sacrifice pécuniaire » de 3000 francs dans le but de « démontrer énergiquement au Conseil Général, le vif intérêt qu’il porte à cette rectification » (revoir au 16 mai 1839).

Champ de Foire : M. de Boispéan accepte une transaction avec la ville mais « ne voulant pas transmettre à ses héritiers une propriété grevée gratuitement d’une servitude qu’il estime fort onéreuse », il réclame, à partir de son décès, une indemnité fixe et annuelle de 100 francs, sur les fonds communaux. La Commission chargée de la transaction, souhaite au contraire que le préjudice qui pourrait être occasionné à chaque foire soit réparé proportionnellement à l’étendue des dommages, constatés par des expertises contradictoires et successives. Finalement rien n’est encore décidé, sinon que M. de Boispéan indique qu’il va remettre au maire un ultimatum par écrit.

28 novembre 1839 : le maire sollicite un crédit pour réparer diverses parties du pavé qui, de l’arcade intérieure de la prison conduit à la grande cour du château. D’aucuns expliquent que les cours du château appartiennent à tous les propriétaires de cet édifice et que par conséquent la ville ne devrait supporter qu’une part de la dépense.

La diligence de minuit

Le maire fait présager pour l’an prochain l’ouverture de la rue du Dos d’âne.

Les habitants demandent une pompe au puits public de la Place de la Pompe et à celui du faubourg St Michel. Un conseiller demande que le puits de la place St Nicolas soit aussi gratifié d’une pompe. Le Conseil donne son accord.

Des conseillers redemandent des réverbères supplémentaires. D’autres discutent, font valoir que « la ville se trouve dans une structure médiocre d’un point de vue pécuniaire » et que de plus le réverbère demandé pour le faux-bourg de Couëré, à cause du passage des diligences, ne doit pas inspirer un bien vif intérêt attendu que les diligences passent à minuit, heure à laquelle tout est désert, qu’au surplus ces voitures doivent marcher d’un train modéré en arrivant dans ce quartier et qu’en outre il leur est prescrit d’être elles-mêmes éclairées. Le Conseil vote néanmoins 86 francs pour un réverbère au faubourg de Couëré et pour son entretien.

Une somme de 30 francs est allouée à l’entretien d’un petit réverbère rue Claire Goutte, d’autant plus qu’un Conseiller fait don de 15 francs.

Enfin 180 francs sont attribués pour l’achat, le placement et l’entretien d’un réverbère à la Vannerie.

Ces trois réverbères seront mis en activité en même temps

Vous me faîtes beaucoup de peine

1er décembre 1839 : M. de Boispéan a écrit au maire : « Je vous prie de dire au Conseil Municipal que je ne crois pas devoir, dans l’intérêt de mes enfants, faire l’abandon à perpétuité du terrain du champ de foire de Béré mais qu’il me trouvera, comme par le passé, toujours disposé à des actes de bienveillance pour la chose publique »

Une deuxième lettre dit que : « voulant donner une nouvelle preuve de mon désintéressement et de ma sollicitude pour les classes pauvres, mon intention formelle est de souffrir comme par le passé la tenue de la foire de Béré les 13 et 14 septembre. Cette concession durera autant que moi [souligné dans le texte] à condition par la ville de payer chaque année les dommages causés par la foire (...) »

« J’aimais à penser que ma parole d’honneur avait été entendue de tous et avait répondu aux objections, aux calomnies que cette misérable affaire, intentée maladroitement, avait fait naître. Vous me faîtes beaucoup de peine en me disant qu’il en est autrement et que la défiance est à son comble. Rassurez les bons citoyens et dîtes bien haut, afin que mes vils détracteurs puissent l’entendre dans l’ombre , que je prendrai de bon cœur et par écrit l’engagement solennel de maintenir la parole donnée à la commission du Conseil Municipal, renonçant à toute spéculation intéressée que la malveillance peut me prêter (...). Vous jugerez sans doute nécessaire de faire faire de nouvelles affiches pour détruire les bruits fâcheux et confondre les imposteurs ».

Le Conseil prend acte et réfléchit à un projet de traité à proposer à M. de Boispéan.

Enfin le conseil vote un crédit de 172 francs pour le remplacement du vieux poids en fonte et des vieilles mesures en bois qui composent l’assortiment en usage au poids public de la ville.

Ruelle du Conet

Dans les délibérations du Conseil Municipal il est question, en décembre 1839 , puis au 17 septembre 1853, d’une « ruelle du Conet » (ou Cosnet) dont le souvenir s’est perdu de nos jours. Il est en effet écrit ceci le 1er décembre 1839 :

« Au bas de la Place des Terrasses, il est nécessaire de faire construire un mur couronné d’un parapet afin que, pendant la nuit, les hommes et les animaux ne soient pas exposés à tomber dans le jardin situé en face du bâtiment où sont construits les bains publics du sieur Gautron - (revoir au 18 avril 1837 et au 18 février 1838), qui est à une grande profondeur et en contrebas ». D’autres jardins présentent le même risque dans ce quartier et des murs sont demandés aux propriétaires, « sans que cela gêne le service de la ruelle du Conet ».

Bisbille

11 décembre 1839 : Le maire écrit au lieutenant de gendarmerie : « Depuis le commencement du mois d’octobre, la relation de la gendarmerie avec l’agent de police se sont insensiblement ralenties pour le service de nuit particulièrement. J’ai réprimandé l’agent de police de m’avoir laissé ignorer cet état de choses qui peut compromettre, s’il se continuait (faute de bon accord) une bonne police et par suite la sûreté publique »

Le maire rappelle les dispositions antérieures, qu’il espère bien voir maintenir : « le mercredi de 9 h du matin à 10 h du soir et au delà, des gendarmes circulaient dans la ville et le marché pour maintenir le bon ordre de concert avec l’agent de police, ils s’aidaient mutuellement. Les autres jours vers 10 h du soir, le rendez-vous de la force publique était sur la place Saint Nicolas et c’est de là qu’on partait pour faire vider les cafés et cabarets. Si dans la journée un événement quelconque nécessitait main-forte, elle était dans l’instant accordée lors même qu’aucun chef ne fut à la caserne ».

13 décembre 1839 : sans doute le lieutenant de gendarmerie a-t-il répondu aussitôt car le maire lui récrit : « Je vois avec plaisir que, rejetant loin de vous toutes ces petites susceptibilités qui ont été la cause de la rupture des relations qui existaient entre la gendarmerie et l’agent spécial de police, votre intention est qu’à l’avenir le service sera fait avec régularité comme par le passé ».

13 décembre 1839 : une enquête commodo et incommodo est prescrite suite au projet d’établir deux fours à chaux permanents à Châteaubriant sur les propriétés dites du « Champ de la Fontaine » et du « Champ Rouge ».

Ce même jour, une personne abandonne du terrain à la ville, dans la Rue de la Ruette (actuelle rue du Pélican) pour cause d’alignement.

Démolir le donjon

22 décembre 1839 : sous la direction de Louis Brossays, maire, le Conseil Municipal manifeste des dispositions favorables à la construction, aux frais du département, d’un hôtel de Sous-Préfecture à Châteaubriant, dans un terrain dépendant du château (revoir au 20 octobre) : le Préfet a déjà donné des ordres pour la confection des plans et devis.

Le Conseil est avisé de ce que l’Etat accorde 3000 francs pour la construction d’une maison d’école à Châteaubriant . Le maire explique alors qu’il se propose de faire démolir, « à titre d’atelier pour occuper des ouvriers indigens », la tour carrée du château ayant façade au bord de la rivière [c’est-à-dire le Donjon du château]. Cette tour, dit-il, « est caduque et composée de matériaux qui seraient avantageusement employés, les uns à la construction de la maison d’école, les autres à l’établissement d’un pont à la Vannerie ».

Mais une question préjudicielle est soulevée par M. de la Touche qui explique que les lettres de convocation au présent Conseil Municipal « offraient omission dans l’énonciation de l’objet de la séance », et qu’il n’y avait donc pas lieu de prendre de décision à ce sujet.

Après discussion, notamment de M. Guibourg, au sujet de cette tour carrée, « dont les travaux pourraient être remplacés par d’autres entrepris aussi dans un but philanthropique » le Conseil s’est trouvé réduit à un nombre incompétent, par suite de la sortie successive de trois conseillers. Et voilà comment le grand Donjon a été sauvé des démolisseurs.

23 décembre 1839 : le maire écrit à l’adjudicataire de l’éclairage de la ville pour le prier de prolonger l’éclairage jusqu’à l’église, dans la nuit du 24 au 25 décembre, jusqu’à 3 heures du matin.

26 décembre 1839 : sous la direction du maire Louis Brossays, trois conseillers sont nommés pour constituer une commission appelée à donner son avis sur les réclamations qui pourraient être faites touchant la liste des électeurs municipaux pour 1840.

Revenant sur le projet de démolition du Donjon du château, M. Connesson demande qu’on ne démolisse rien avant de savoir quelle serait la décision du Conseil Général à propos de l’hôtel de la Sous-Préfecture.

M. Guibourg, lui, fait état de l’inspection de cette tour carrée, tant de l’intérieur que de l’extérieur. Elle lui a paru « sinon partout en bon état, du moins parfaitement solide, sauf en ce qui concerne la couverture qui, étant fort négligée, laisse un facile accès aux eaux pluviales qui pénètrent de plancher en plancher et ne tarderont pas à gâter celui de la salle du rez de chaussée »

M. Guibourg dit que « cette tour ne lui semble nullement devoir être sacrifiée parce qu’elle concourt, avec les autres tours, à l’harmonie de l’ensemble du château qui est un monument d’autant plus précieux qu’il est presque le seul dans tout le pays. Que cette tour, offrit-elle une apparence de caducité, devrait être épargnée (...) afin de ne pas attrister, du moins prématurément, les regards par un spectacle de ruines ». Il ajoute que si la ville devait vendre cette partie du château, « un monceau de décombres ou un terrain nud, ne saurait convenir » à l’acquéreur.

Et puis cette tour carrée ne procurerait guère, pour construire la maison d’école, d’autres matériaux que des pierres « parce que les bois sont tous, sauf quelques pièces de charpente, dans des dimensions impropres à trouver place dans un édifice présentant des dimensions un peu larges ».

« Dans cet état de choses, il est bien préférable, pour occuper des bras oisifs, de puiser des pierres dans les carrières des environs. Par ce moyen la bienfaisance se trouvera alliée à l’utilité et conforme aux principes d’une sage économie ».

Le maire est autorisé à acheter le terrain appartenant à l’hospice, qui se trouve au nord de la place des Terrasses [là où se trouve actuellement l’école des Terrasses] et que l’on considère comme propre à servir d’emplacement à la future maison d’école. Quant aux plans et devis, le maire annonce qu’il communiquera ceux qui ont servi à bâtir l’école communale de Rezé près de Nantes.

Pour trouver des pierres, quelle carrière faut-il ouvrir ? On propose la place des Terrasses, ou la carrière du Parc, ou les carrières du Breil ou du Chêne au Borgne. Mais l’assemblée se trouvant réduite à un nombre incompétent pour délibérer, la séance est levée.

28 décembre 1839 : le Procureur du Roi, M. Lesage, est choisi par le Conseil Municipal pour faire un rapport sur le champ de foire de Béré et rédiger un projet de traité à proposer à M. de Boispéan.



Sources :

- Archives municipales série 1 D 18 et 2 D 9

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)
- Le Vieux Châteaubriant par l’image par Yves Cosson