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Les gros choux



Poème rural

Pénibles et tristes sont les gens en ce bas monde
Qui ont le choux si gros que c’est une mappemonde

Tenez dans mon village à quelques pas d’ ici
Se pavanent deux trois paons se mirant le nombril
Ils se prennent pour des rois des phénix des champions
Des êtres bien supérieurs à Durand et Dupont
Des élites atterries en nos lointaines contrées
Pour nous apprendre à lire à écrire à penser

Avant eux c’est certain nous étions des ignares
Des broques des belous et des gens en retard
Aujourd’hui tout va mieux puisqu’ils sont arrivés
Pour nous permettre enfin d’être civilisés
Nous dispensant savoir et culture et idées
Et manière de s’asseoir et façon de marcher

Leur pétrole c’est l’esbrouffe et c’est la suffisance
Et c’est la certitude de leur haute compétence
Ils savent vendre leur soupe, excellent à naviguer
Et rentrent par la fenêtre quand la porte est fermée
Car ils sont persuadés de leur grande importance
Et sont de plus mon cher arrivistes de naissance

Insupportables chieurs égocentriques zélés
Ils aiment d’abord parler et d’abord d’eux parler
Quand ils se nomment Martin ils ne parlent que
De Martin qui pense ceci ou Martin qui dit que
Ce cher Martin braves gens est une perle rare
Un Einstein un Dali un Brassens une gloire

Pourvus parfois de dons mais hélas pas toujours
Ils s’écoutent parler à longueur de discours
Dans lesquels ils dissertent aimant à démontrer
Que ce qu’ils pensent est vrai ce qu’ils disent vérité
Que rien ne leur échappe et mieux qu’ils savent tout
Qu’ ils sont dépositaires uniques du bon goût

A force de se la jouer ces grands mégalomanes
Deviennent pour de bon de foutus mythomanes
M’as tu vu tête à claques culs à coups de pieds aux fesses
Ils ne se rendent plus compte tant elles deviennent épaisses
La couche de mépris qui leur tient lieu de lit
L’autre couche de connerie qui leur tient lieu d’esprit

Coureurs après le train du soir qui est passé
Qui allait à Paris mais qui les a laissés
A quai faute de place et faute de talent
Ils vivent en campagne ils y vivent en croyant
Qu’ils sont très nettement au-dessus du panier
Et que sans eux la Terre cesserait de tourner

Pauvres hommes pauvres pommes pauvres artistes ratés
Et pauvres funambules tombés du fil d’acier
Pauvres vieux pétomanes plus haut qu’vos culs pétant
Pauvres navigateurs en recherche de vent
Un jour il vous faudra peut être vous rendre compte
Que vous n’êtes ni dieu ni roi ni même vicomte

Alors vous jetterez le masque du mépris
Mais il sera trop tard pour vous faire des amis

Léopold