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Un noël à Dieppe en 1930

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Ecrit le 24 décembre 2013

Rien que le mot « Noël » à la petite école, nous réjouissait. Nous avions tous 3-4-5 ans. On nous avait dit : « Faites-vous beaux » et cela voulait dire : « Mettez vos habits du dimanche », cela signifiait que c’était la fête, qu’il y aurait une surprise. Elle était là : un grand sapin qui touchait presqu’au plafond, tout enguirlandé, plein de boules dorées et de paquets.

Quelques mamans étaient là, s’affairant autour de trois tables : celle des petits, celle des moyens et celle des grands. J’étais à celle des plus grands sinon je ne me rappellerais pas. J’avais 5 ans.

Tout d’abord on nous a demandé de chanter quelques chansons en faisant la ronde. « Mon beau sapin » - « Il est né le divin enfant » - « Vive le vent d’hiver » puis, après nous être assis à notre table, nous avons eu un grand bol de chocolat au lait avec une petite brioche. Pour nous, enfants des quartiers pauvres, fils et filles d’ouvriers, de matelots, de marins pêcheurs, c’était un régal presque inconnu. Vint la distribution de chocolats, de sucres d’orge et d’oranges à emporter à la maison. Nous étions éblouis, émus. Madame Leborgne, la directrice, vint nous parler gentiment, à nous les grands qui, dans quelques mois, allions quitter l’école Jean Vauclin pour aller à la grande école, nous recommandant d’être attentifs, sages, polis et tout et tout ; que c’était pour être plus savants dans la vie.

orange - dessin de Moon - 06 87 32 77 47

Et vint le moment crucial où furent détachés du sapin les petits paquets. Le nom de chacun était écrit dessus et les cadeaux correspondaient aux âges. On nous appelait, nous nous dérangions, nous faisions une bise et revenions nous asseoir.

Les plus petits avaient des peluches, des jouets en bois, des poupées en chiffons faites et habillées par des mamans bénévoles. Les moyens avaient des jeux de quilles, des jeux d’oie, des jeux de billes. Nous, les grands, des livres de coloriage, des cordes à sauter pour les filles, des ballons pour les gars.

Les heures passèrent vite. Il fallut partir. Ce dernier Noël de ma dernière année d’école maternelle, fut magnifique pour moi, je rentrerais bientôt dans des études plus sérieuses.

Qu’est-elle devenue cette vieille école de mon enfance ? Eh bien oui, elle est encore là et continue sa vocation. Il y a encore des cris, des rires et des pleurs entre les murs de la grande salle. Il y a encore des distributions de friandises à Noël. En plus de 80 ans, elle en a vu des bambins, par milliers, qui, devenus adultes, se rappellent, quand vient le temps de Noël, de ce magnifique après-midi où, enfants pauvres, ils ont été choyés, presque comme des gosses de riches.

Andrée Gaborit, Châteaubriant, 2013 (Andrée Gaborit est originaire de Dieppe)


 Noël 2013

Encore un nouveau Noël. Cette merveilleuse fête devrait être synonyme de lumières et de joie et pourtant … Si le côté religieux conserve toujours son éclat, l’autre face est hélas ternie par toutes sortes d’événements désastreux.

La pseudo crise continue de nous abreuver de sinistrose qui s’amplifie de jour en jour. Quand et comment s’arrêtera-t-elle ? Si plusieurs pays européens sont logés à la même enseigne que nous, les spéculateurs financiers se vautrent dans une indécente opulence pendant que, toutes les cinq secondes, un humain meurt de faim. Quand cesseront ces intolérables injustices ?

Depuis deux mille ans c’est presque pareil. A la naissance de Jésus, la Palestine était occupée par les Romains. Durant tous ces siècles, ce pays, et tant d’autres, ont été envahis, colonisés, asservis, suite aux croisades et éternelles guerres. Aujourd’hui la ville de Jérusalem est coupée en deux. Triste constatation !

Mais dites, j’y pense, pour remédier à cette désolation, si on changeait le système de notre société décadente ? Utopie ? Difficile ? Peut-être mais il faudrait en premier le vouloir et y croire ! Vaste sujet, qu’en pensez-vous ?

Bon Noël quand même et à l’année prochaine !

Paul Chazé


 Vœux pour 2014

Quel message deux mille treize nous déchiffre
Quel malheur apporte douze mois de treize ?
Pour ceux qui croient au nombre et au chiffre
L’année a pu les mettre en malaise
 
Et pourtant bien et mal s’équilibrent
Ce qui plaît à l’un peine le voisin
Et le bon vin fou qui nous rend libre
Presse à mort la grappe de raisin
 
Quels que soient donc les événements
De cette année passée qui s’envole
Remercions ciel et éléments
Pour un nouvel an et son envol
 
Car depuis plus de quatre mille ans
Que nos pères chantaient cet heureux temps
N’est-il pas temps de prendre le temps
De passer un Noël sans tourments
 
De fêter une nouvelle année
Qu’on appellera deux mille quatorze
Et qui verra enfin l’arrivée
De chants et tous plaisirs de la gorge.

Texte de Hervé Drouard, l’ancêtre, décembre 2013