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Le noël de Nicolas



Un conte de Paul Chazé

Cette année là l’hiver fut rigoureux. Les rivières et les étangs étaient couverts de glace, une bise glaciale balayait les rues désertes. Les rares passants emmitouflés rentraient vite au logis. C’était un vingt-quatre décembre ; ce Noël se passerait aux tisons.

Comme tous les ans Nicolas avait installé une petite crèche dans un coin de la cuisine, près de la cheminée. Faute de sapin, son père avait coupé un houx couvert de boules rouges. Il avait garni la crèche avec tous les santons indispensables (mouton, bœuf, âne, rois mages, boules lumineuses multicolores et bien sûr, Jésus, Marie et Joseph). Il avait écrit une lettre au père Noël en précisant ses goûts et en le remerciant par avance pour sa légendaire générosité. Sa mère avait fait un grand feu de bois dans la cheminée afin que le brave homme puisse se réchauffer quand il viendrait. Nicolas avait déposé sa lettre dans ses chaussons. Tout était prêt, il n’y avait plus qu’à attendre.

Quand les vingt-deux heures sonnèrent à la grande horloge, Nicolas ne fit aucune difficulté pour aller se coucher. Si par hasard, le père Noël était en avance, il valait mieux qu’il ne soit pas là. En passant devant la crèche, il fit une petite prière ; ça ne coûtait pas cher et si quelquefois ça pouvait attendrir un peu plus la bonté divine.....

Mais dans son lit, Nicolas anxieux se tournait et se retournait et n’arrivait pas à s’endormir. Tout était silencieux, sauf les rafales de vent qui secouaient les volets. Il entendit vaguement les cloches de l’église carillonner pour la messe de minuit. Enfin, il sombra dans le sommeil. Il fit un tas de rêves et se réveilla plusieurs fois dans la nuit. Il regarda son réveil qui ne marquait que trois heures.

A sept heures il était totalement réveillé et ne put se rendormir. A huit heures n’y tenant plus, il sauta du lit, courut à la fenêtre et ouvrit les volets. Il faisait encore nuit mais tout était blanc, une épaisse couche blanche recouvrait la nature. lI crut apercevoir les traces d’un traîneau, une lanterne rouge et entendre un bruit de grelots. C’était sans doute le père Noël qui finissait ses livraisons.

Il dégringola quatre à quatre l’escalier et courut dans la cuisine. Sa lettre avait été ouverte et ses chaussons croulaient sous les cadeaux. Enveloppés dans de jolis papiers, il trouva un livre (les aventures de Robinson Crusoë) un jeu de l’oie, un sac de billes, un ballon, un jeu de fléchettes, des soldat de plomb et plusieurs friandises.

Avec de pareil trésors, il ne vit pas passer la matinée. L’après-midi, il retrouva ses copains et ils se montrèrent tous leurs cadeaux. Les vacances de Noël promettaient de joyeux moments.

Il y a de cela bien longtemps, c’était un Noël d’autrefois. Beaucoup d’années ont passé et les jouets ont changé. Aujourd’hui, c’est surtout l’électronique qui intéresse les enfants. A chaque époque ses jeux !. Nicolas est devenu père puis grand-père. Maintenant, c’est lui qui revêt le grand manteau rouge et la barbe blanche pour la plus grande joie de ses petits-enfants.

C’est le meilleur moyen, dit Nicolas, de conserver une éternelle jeunesse. Comme Nicolas, il faut toujours croire au père Noël.

Paul Chazé