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1836



3 janvier 1836 : le conseil se réunit sous la présidence de M. Bivaud, adjoint, pour former une commission destinée à donner son avis sur les réclamations qui sont formées, pour ou contre les inscriptions sur la liste des électeurs municipaux.

On apprend par ailleurs que des prix d’encouragement ont été distribués aux cultivateurs du canton.

30 janvier 1836 : ouverture à Paris du procès des auteurs de l’attentat du Boulevard du Temple (27 juillet 1835). Seul Fieschi (qui n’était pourtant qu’un homme de main), manifeste et se défend hardiment. Les commanditaires sont plus effacés : le bourrelier Morey fait figure de vieux révolutionnaire aux cheveux blancs, l’épicier liquoriste Pépin ne cache pas son angoisse.

14 février 1836 : sous la présidence de M. Lebreton, maire, le Conseil doit s’occuper de la révision annuelle des contrôles de la Garde Nationale, pour éliminer ceux qui ont quitté le pays et admettre ceux qui ont acquis domicile et qui paient des contributions dans la commune, ainsi que les jeunes gens ayant atteint leur vingtième année dont les pères et mères paient des contributions. Ainsi il est évident qu’on n’admet pas « les gueux » à cette tâche !

Il y a alors 21 nouveaux inscrits à la Garde Nationale. : avocat, entrepreneur, pâtissier, charcutier, médecin, avoué, menuisier, maréchal-ferrant, peintre, clerc d’avoué, cloutier, tailleur d’habits, coutelier, « propriétaire », etc. La simple qualité de « propriétaire » suffit .

Sont mis dans le contrôle de réserve : un étudiant et un étudiant ecclésiastique.

Le Conseil municipal, en fin de réunion, revient sur le projet de murs pour le cimetières (dont on parle depuis décembre 1834) et débat pour savoir si l’acquisition de 32 cordes (19,52 ares) est absolument nécessaire. Il décide que oui.

15 février 1836 : Fieschi, Morey et Pépin sont condamnés à mort . L’exécution aura lieu le 19 février.

La route de l’espoir

21 février 1836 : le Conseil débat sur un projet de règlement relatif aux concessions de terrain à faire dans le cimetière. Il décide qu’elles feront 3 ans et que la personne devra « servir 10 francs soit à l’hospice soit au bureau de bienfaisance, et 50 francs dans la caisse de la commune ». Quant à ceux qui voudraient des concessions pour 20 ans, ils ne paieraient que la moitié des prix ci-dessus.

24 février 1836 : par un courrier au Sous-Préfet, le maire revient sur ce qu’a déclaré le Conseil le 27 septembre 1835, à propos des travaux entrepris sur la route royale d’Angers à Rennes. « l’état dans lequel elle se trouve la rend tout-à-fait impraticable pour les voitures d’exploitation qui, toutes, sont attelées avec des bœufs ». De ce fait les paysans évitent cette route « pour se jetter dans les chemins communaux latéraux ».

« Cet état de choses durera jusqu’au jour où le gros roulage arrivera pour broyer ces empierrements et les aura broyés, à moins que l’administration des Ponts et Chaussées ne fasse répandre sur les pierres du sable et de la terre suivant les ressources locales ». Le maire demande au Sous-Préfet d’appuyer dans ce sens.

3 mars 1836 : le pavage de la Rue de Basse Rue est terminé

17 avril 1836 : Le Conseil municipal est avisé de ce qu’un fabricant de pompe à incendie en propose une beaucoup moins chère que celle dont il a été question le 20 septembre 1835. Le Conseil autorise le maire à traiter comme il l’entendra, pour une pompe donnant les mêmes avantages à des conditions moins onéreuses.

On apprend aussi qu’un ouragan a eu lieu le 28 mars 1836, qui a fait « des ravages assez considérables au château, notamment au pavillon de la Gendarmerie, dans la grande salle des Gardes, et aux cheminées » et qu’il est nécessaire d’examiner l’état des lattes et des chevrons.

20 avril 1836 : un devis est demandé à un négociant pour la fourniture d’une pompe à incendie, « avec une caisse en cuivre de 500 à 560 litres d’eau, pouvant lancer 200 litres d’eau à la minute à 80 mètres de haut ». Il faudra aussi, notamment, une lance, une hache, « 50 pieds de boyaux cousus en fil ciré, et 50 paniers d’osier de bonne toile ».

22 avril 1836 : le maire écrit au Préfet pour lui demander d’épargner les arbres de la promenade de la place de la Motte : « C’est par la marque faite ce matin par un chef cantonnier, aux arbres de la promenade de la Motte, sur la traverse de la route royale n° 198, de Caen aux Sables d’Olonne, que j’ai appris que l’administration des Ponts et Chaussées se disposerait à les faire abbatre. J’étais loin de penser que ce qui embellit, ce qui fait l’ornement des cités et ce que l’on conserve avec le plus grand soin, devrait disparaître »

Du pain pour les fêtes publiques

24 avril 1836

 : le Conseil municipal se réunit sous la présidence de Félix Lebreton, maire. Douze francs sont déjà inscrits au budget pour les fêtes publiques. « Ces fêtes sont le moment convenable pour faire une distribution de pain aux pauvres ». Le Conseil ajoute une somme de 50 francs

Le Conseil décide d’écrire au Préfet pour s’opposer au désir de l’administration des Ponts et Chaussées qui veut couper les arbres du boulevard de l’Eperon.
Enfin, un conseiller signale que l’horloge ne fonctionne « que d’une manière tout-à-fait inexacte »

25 avril 1836 : une pompe est installée à la fontaine de la Vannerie

29 avril 1836 : le maire convoque la Garde Nationale à la cérémonie religieuse qui sera célébrée dans l’église St Nicolas le 1er mai prochain à l’occasion de la « fête du Roi des Français »

5 mai 1836
 : le maire proteste contre la police du roulage « qui frappe généralement les gens pauvres et malheureux ». C’est pourquoi il fait faire des annonces aux marchés de la ville, et même le dimanche, « pour rappeler aux assujettis les obligations que leur impose la loi du 23 juin 1806. ».

Mais il se trouve que la gendarmerie a déjà sévi à l’encontre « de gens plutôt coupables par insouciance que par mauvaise intention » . Le maire, dans une lettre au Préfet, parle de la désuétude de la loi de 1806 et demande d’annuler, pour cette fois seulement, ces contraventions. On n’a pas trace de la réponse du Préfet.

5 mai 1836 : Le maire a convoqué le Conseil Municipal. Seuls 8 membres sont présents. Après une heure d’attente, la séance est reportée.

15 mai 1836 : même chose que le 5 mai. Huit membres présents. Séance reportée.

31 mai 1836 : le Conseil Municipal peut valablement se réunir. Un pompier donne le détail des différentes pompes à incendie et indique « donner sa préférence aux corps de 4 pouces de diamètre qui donnent 300 litres d’eau à la minute et élèvent cette eau forte et vigoureuse de 90 à 100 pieds par tems calme » (un pouce = 2,54 cm ; un pied = 32,4 cm). Le Conseil laisse le maire choisir entre la pompe « modèle de Paris » et celle d’un fabricant castelbriantais, étant donné qu’il y a peu de différence de prix entre les deux.

Y a-t-il un ouvrier capable de régler l’horloge ?

Ce 31 mai 1836, se repose la question de l’horloge de la ville. Le maire dit au Conseil qu’il a demandé à l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers de faire enlever cette machine installée dans le clocher de l’église St Nicolas. Le directeur de l’école lui a répondu qu’il n’était pas décidé à le faire puisque, à son avis, la machine est bonne. Le maire a alors demandé que soit envoyé à Châteaubriant un ouvrier « capable », « qui y demeurera pendant un mois, chargé du soin de la monter et de la régler, mais à la condition que, si le résultat est obtenu, les frais de séjour de cet ouvrier seront à la charge de la ville et, dans le cas contraire, aux frais de l’établissement qui serait obligé d’enlever ensuite cette machine ».

Le Conseil reconnaît que cette horloge n’a jamais bien fonctionné et que, dès le départ du chef ouvrier, « elle n’allait plus ou allait mal » . Il se dit persuadé que jamais elle ne fonctionnera !

Pas de ma faute !

5 juin 1836 : le maire, Félix Lebreton, n’est pas content. Il évoque les absences fréquentes de certains Conseillers Municipaux « ce qui a pour effet de rendre les réunions incomplètes et de pénaliser l’action de l’administration et mettre du retard dans l’expédition des affaires ».

La loi dit qu’un Conseiller qui manque trois fois de suite doit être convoqué spécialement afin qu’en présence du Conseil réuni, il justifie les raisons qui l’ont empêché d’assister aux séances du Conseil. A défaut de quoi il est censé être démissionnaire.

Un Conseiller dit qu’il avait de la fièvre. Un autre qu’il avait des occupations qu’il ne pouvait laisser. Un autre qu’il avait une grave maladie. Un autre qu’il est souvent retenu chez lui pour indisposition ...

Cela dit, le Conseil est passé à l’examen des comptes de 1835.

Vitres et latrines

Le Conseil entend en outre la lecture d’une lettre du lieutenant de Gendarmerie qui demande réparation ou remplacement des vitres cassées par la chute d’ardoises lors de l’ouragan du 28 mars dernier. « L’eau tombe dans le corridor, abîme le plancher et incommode les gendarmes ». Le même courrier fait observer que les latrines sont combles et donnent une odeur insupportable qui forcera les gendarmes qui habitent l’étage à déloger si on n’y pourvoit pas promptement. Le Conseil décide de faire de nouvelles latrines car « celles qui existent, non seulement donnent une mauvaise odeur, mais abîment le mur du château ».

Ah mais !

6 juin 1836 : le maire est fâché. Une procession de la Fête-Dieu a eu lieu la veille, avec des mesures d’ordre et de police, sur ordre du Sous-Préfet, pour lesquelles on ne lui a pas demandé son avis. « Cela est intolérable ! On parle beaucoup d’ordre public, mais celui-ci serait d’abord, ce me semble, que chaque fonctionnaire, quelque élevé que fut son rang, se renfermât strictement sur le cercle de ses attributions » - « ici je suis maire - ou je ne le suis plus. Si je le suis, je proteste avec toute l’énergie qui me caractérise, contre la façon de faire dont on a usé hier à mon égard. Si je ne suis plus maire, qu’on me notifie immédiatement l’ordonnance royale de ma destitution. Je déclare être prêt à y obéir et à rentrer dans la vie privée » Ah mais !

12 juin 1836 : le maire récrit au directeur de l’école d’Angers pour faire enlever l’horloge « qui n’a jamais marché »

19 juin 1836 : le Conseil se réunit sous la présidence de Félix Lebreton. Il est question du classement et de l’entretien des chemins vicinaux : de Châteaubriant à Bain, de Châteaubriant à Blain, de Châteaubriant au Grand Fougeray (par St Aubin des Châteaux), de Châteaubriant à Riaillé (par les grands ponts de Grands Auverné).

Et puis, quelle surprise, l’horloge ne marche toujours pas. « Et comme il faut que les ouvriers connaissent les heures de travail et de repos » le maire est autorisé à « continuer à faire sonner huit heures, neuf heures du matin, une heure, deux heures et sept heures du soir »

23 juin 1836 : un couvreur de Châteaubriant est nommé adjudicataire des travaux à effectuer pour la construction d’un parapet sur la chaussée de l’étang de la Torche.

25 juin 1836 : le roi Louis Philippe échappe à un nouvel attentat fomenté par un jeune homme, Louis Alibaud : la balle passe quelques centimètres trop haut. Traduit devant la cour des Pairs, Alibaud ne craint pas de déclarer que le roi est un massacreur du peuple, que son règne est un règne de sang. Il sera condamné à mort et exécuté le 11 juillet 1836 en déclarant : « Je meurs pour la liberté, pour le bien de l’humanité, pour l’extinction de l’infâme monarchie »



Sources :

- Archives municipales série 1 D 18 et 2 D 9
- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)
- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)
- Les Rois de France, fiches Editions Atlas


(*) Quelques points d’orthographe relevés dans les cahiers-archives : délibérans, exigeance, présens, votter, tems, jetter, abbatre, etc,