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1826-1827

10 février 1826 : à Paris le gouvernement dépose un projet concernant le droit d’aînesse. Son but : éviter le morcellement des terres et se concilier l’extrême-droite en recréant une aristocratie. L’émotion est grande en France et la loi ne passe pas car le parti libéral a pris une importance accrue avec Guizot, Chateaubriand et le Duc d’Orléans (futur Roi Louis Philippe)

18 février 1826 : suite à l’ordonnance royale du 13 janvier 1826 suivant laquelle les maires et adjoints en fonction doivent être renouvelés, une réunion extraordinaire se tient à Châteaubriant . Jean Baptiste Lafond est maintenu comme maire, et Pierre Ernoul-Provôsté, notaire royal de la ville, est nommé en qualité d’adjoint, selon un arrêté du Vicomte de Villeneuve, Préfet de Loire-Inférieure.

Le maire et l’adjoint jurent fidélité au Roi, obéissance à la Charte Constitutionnelle et aux lois du Royaume. Et la réunion se termine aux cris de « Vive le Roi »

30 mars 1826 : réunion extraordinaire du Conseil Municipal de Châteaubriant. Le Sous-Préfet avise le maire que la gendarmerie à pied, stationnée à Châteaubriant, a été supprimée à la fin de l’année 1825. Mais il reste cependant la Brigade de Cavalerie.

3 mai 1826 : grande procession à Paris, pour manifester une nouvelle fois l’alliance officielle de l’Eglise et de l’Etat.

Commodo-incommodo

7 mai 1826 : le sous-Préfet de Châteaubriant demande une enquête commodo et incommodo à propos de l’échange de terrain dans la douve, consenti, au bénéfice de Monsieur Bain, au nord de la Rue de Bourbon. C’est la suite de la réunion du 27 novembre 1825 où un seul conseiller a voté contre : M. Guibourg.

Or il se trouve que M. Guibourg, tout en étant conseiller municipal est aussi secrétaire de la sous-préfecture de Châteaubriant . Voilà l’explication de cette enquête demandée par le Sous-Préfet !

Le Conseil Municipal confirme sa décision du 27 novembre 1825 en disant que si le terrain concédé à M. Bain était spacieux, il aurait proposé de le remblayer et de le palatrer comme la place d’Aiguillon, mais que ce n’est pas le cas. Si donc cette partie n’était pas habitée, « elle deviendrait un réceptacle d’ordures et de malpropretés comme à Nantes sur le cours le long des murs de l’évêché ». Le Conseil insiste auprès de M. Bain pour qu’il fasse disparaître « de sur la place d’Aiguillon l’escalier lui servant à monter chez lui »

D’autres propriétaires de jardins (dont M. Doré) joignant les terrains situés en descendant vers l’Eperon (qui est actuellement le boulevard Victor Hugo) demandent si la ville veut bien les leur concéder avec préférence. Le Conseil accepte car il craint que le peu d’espace situé entre le mur de ville et le premier rang d’arbres de la promenade de la Motte, ne devienne le dépôt de la plus grande malpropreté. Il craint aussi qu’un préjudice soit porté au sieur Pigré par la suppression de sa fabrique de mégisserie.

La pétition de Guibourg

30 mars 1826 : quelle mouche a piqué M. Guibourg ? Il présente une pétition par laquelle il se prétend propriétaire d’un jardin sur la Motte, joignant le mur de ville, et affirme que ce mur lui appartient exclusivement. La chose paraît sérieuse au maire qui décide de constituer une commission de 3 membres pour y répondre.

15 mai 1826 : le Conseil Municipal de Châteaubriant débat du budget de 1827. Il sait qu’il continuera à payer 500 francs à Monsieur le curé pour son logement. Il décide de porter à 600 francs (au lieu de 500) le traitement du secrétaire de mairie « attendu qu’il est beaucoup plus surchargé d’ouvrage que précédemment » et parce qu’il est tenu de faire les comptes de fin d’année de l’hospice.

Et puis il faut prévoir 114 francs pour échanger les armes de la Garde contre d’autres appartenant à la ville de Nantes, pour entretenir un chapeau, retourner un habit d’uniforme et changer des boutons.

Il faut compter aussi 150 francs pour « nétoyer » et sabler la promenade basse des Terrasses ainsi que celle de la Motte. L’achat d’arbres pour la place d’Aiguillon coûtera 120 francs, l’entretien des chemins communaux est prévu pour 200 francs.

Un bon bouillon

Quant à M. Grelot, instituteur chargé de l’instruction gratuite de 12 enfants pauvres, il verra son indemnité réduite à 350 francs au lieu de 500 « pour la raison que la somme de 500 francs ne lui a été accordée que provisoirement afin de l’aider à monter son institution ».

Mais revoilà la question de l’école charitable. Mme Defermon, qui regrette de n’avoir pu tenir les engagements qu’elle a contractés, a pris contact avec les Dames des Ursulines de Chavagnes. Ces dames ne réclameraient rien pour elles, leur subsistance et leur entretien étant assurés. Elles instruiraient gratuitement les enfants pauvres, elles donneraient aussi des secours à domicile, mais pour ceci, néanmoins, autant qu’on leur en fournirait les moyens. Le maire pense que le premier besoin des malades est un bon bouillon, il propose donc de voter 300 francs pour 1827 parce qu’il compte que la bienfaisance particulière donnera les moyens d’étendre ces secours.

11 juin 1826 : la commission a travaillé sur la pétition de M. Guibourg et précise que « les barons de Châteaubriant ont toujours soutenu avoir la propriété des murs, fossés et fortifications de la ville. La municipalité possédait un corps de garde et un cellier joignant la Tour de la Porte St Jean au nord et à l’ouest. L’un des agents de Mgr le Prince de Condé fit enlever des pierres de cette porte, la ville s’adressa à l’intendant de la Province pour s’opposer à cette tentative et il répondit que le Prince lui avait fait remettre tous les titres qui fondaient sa propriété » (revoir la délibération du 12 octobre 1786).

« La loi a aboli la féodalité, elle permet de rembourser les droits féodaux et elle supprime sans indemnité ceux qui gênaient la liberté et qui engendraient la servitude »

La commission ajoute que les places, promenades, voies publiques, fossés et remparts des villes appartiennent aux communes, selon la jurisprudence de tous les tribunaux dans le ressort de la Cour Royale de Rennes. M. Guibourg ne présentant pas de titre de propriété est débouté de sa demande par le Conseil et tous les conseillers signent, sauf évidemment M. Guibourg.

19 juin 1826 : mais l’affaire rebondit ! Parce que le Conseil s’avise que 6 de ses membres sont parties intéressées dans cette affaire et que, du coup, il ne se trouve pas compétent pour délibérer. L’affaire est portée devant le Conseil de Préfecture pour savoir si les murs de ville appartiennent aux propriétaires joignant, ou si, au contraire, ils appartiennent exclusivement à la ville.

Chaque jour le fossé se creuse un peu plus entre le roi Charles X et son peuple, entre la monarchie et la bourgeoisie qui se sent exclue, entre le gouvernement et les libéraux fidèles aux idées de la révolution. Détesté à gauche, Charles X est de moins en moins apprécié à droite, y compris du côté des ultras. Cela causera sa perte en juillet 1830.

19 juin 1826 : le Conseil municipal de Châteaubriant fixe comme suit les prix d’entretien des chemins vicinaux :

- 80 centimes la journée d’homme (avec ses outils propres à travailler)
- 2 francs la bête de somme (cheval de trait, de somme ou de luxe) avec harnais
- 1 franc la charrette

Pompe à incendie

19 juin 1826 : Plusieurs habitants de la ville expriment le désir d’avoir une pompe à incendie et demandent d’ouvrir une souscription pour contribuer à cette acquisition. Le Conseil estime que « cette offre généreuse mérite d’être secondée » et déclare que, dans le cas où la souscription serait insuffisante, il verrait si l’état de la caisse municipale permettrait de voter la somme restante nécessaire pour cet objet.

6 Août 1826 : le Conseil enregistre le don de 400 francs fait par une dame de Fougères (Ille et Vilaine) aux pauvres de la ville moyennant que l’administration du Bureau de Charité fera célébrer à perpétuité, le jour de St Antoine, une messe pour le repos de l’âme de son père et de ses autres parents.

3 septembre 1826 : réunion extraordinaire du Conseil Municipal autour des projets des Dames Ursulines de Chavagnes concernant l’école charitable de Châteaubriant. Une commission est chargée de proposer un traité entre la ville et la Congrégation de Chavagnes. Elle est composée de Lafond maire, Guibourg Président du Tribunal, Connesson juge de paix, Legeard notaire, et Delaunay receveur des finances et membre du Conseil de Charité.

3 septembre 1826 : le conseil municipal de Châteaubriant s’interroge : faut-il transférer la mairie dans un autre local, attendu que le propriétaire du local où elle se trouve actuellement est dans l’intention d’y demeurer à la Saint Jean prochaine ? Un membre indique alors que la Chambre Dorée et le Cabinet Doré du château sont disponibles pour les 3 ans à venir. Mais le maire fait valoir qu’ils ne conviendraient nullement, de par leur exiguïté et en raison de leur éloignement des habitants, « ce qui avait déjà été un motif, il y a 2 ans, de transférer la mairie en ville, alors qu’elle était établie au château ».
Le maire annonce qu’il a trouvé un local « convenable sous tous les rapports », au centre de la ville, à portée du marché et de tous les habitants, et qui réunit tout ce qui est nécessaire à un corps de ville, salle de recrutement et de fêtes publiques, salle de Conseil, etc, etc : il s’agit du 1er étage de la Porte Neuve, « ci-devant occupé par le Tribunal ». Le maire demande au Conseil l’autorisation de négocier avec le propriétaire pour 250 francs par an.

16 septembre 1826 : un bail est signé pour le nouveau local de la mairie qui quitte « le logement qu’elle occupe au boulevard » (Porte St Jean) pour s’installer à la Porte Neuve.

Précision : un bail a été signé le 16 février 1819 par le maire Martin Connesson, pour l’affermage, pour 7 années, d’une petite maison dite "Le Corps de Garde" appartenant à M. Gautron, destinée à servir de mairie. Et le 16 septembre 1826, est signé un bail entre le maire JB. Lafond, et Martin Connesson juge de paix, pour un loyer de 9 ans, à la Porte Neuve, dans le bâtiment occupé ci-devant occupé par le Tribunal.

On rétablit l’école charitable

19 septembre 1826 : la commission qui s’est constituée 15 jours plus tôt, conclut à la nécessité de rétablir l’école charitable de Châteaubriant, « fondée en 1716 par Messire Olivier, prêtre missionnaire de la ville de Nantes, pour l’instruction des enfants pauvres, pour le soulagement et la consolation des pauvres malades, et même pour entretenir des filles dévotes »

Le traité conclu avec les Dames Religieuses de Chavagnes dit que celles-ci s’engagent à instruire gratuitement 30 jeunes filles pauvres qu’elles réuniront depuis l’âge de 7 ans jusqu’à 14 ans, « sur la présentation qui en sera faite par M. le Curé et M. le Maire ». Ces Dames auront la faculté de renvoyer les élèves qu’elles jugeraient capables de troubler l’ordre de la classe.

Par ailleurs « ces Dames porteront un secours aux indigents de la ville à leur domicile lorsqu’on leur procurera les moyens de leur en administrer »

19 octobre 1826 : le Conseil se penche à nouveau sur les prétentions de M. Guibourg : « La plainte du Sieur et de Dame de Guibourg se réduit à une pure chimère. La construction de l’aqueduc, loin de leur nuire, est d’une utilité générale, elle leur dérobe l’aspect d’un précipice d’où s’exhalait une odeur infecte et insalubre, elle fortifie le mur de ville, elle leur facilite l’accès de la place publique ».

Loi de justice et d’amour

29 décembre 1826 : une « loi de justice et d’amour » comme l’appelle Villèle, chef du gouvernement de Charles X, est destinée à intensifier la lutte contre les journaux d’opposition, accusés d’avoir fait échouer la loi sur le droit d’aînesse. Chaque brochure ou livre devra être déposé au Ministère de l’Intérieur pour obtenir une autorisation de paraître. Les impôts sur les publications seront énormément augmentés. On espère ainsi que, les prix augmentant, la diffusion diminuera. La loi permettra aussi de poursuivre, pour délit de presse, l’auteur de l’article, le propriétaire du journal, l’éditeur et l’imprimeur.

Ce projet déclenche une vive opposition en France, aussi bien à l’extrême-droite qu’à gauche.

16 janvier 1827 : l’Académie Française proteste contre le projet de loi sur la presse. Deux des signataires de la lettre sont sanctionnés.

21 janvier 1827 : les autorités de la ville de Châteaubriant sont convoquées à un service funèbre, à l’hôtel de la mairie, en souvenir de la mort de Louis XVI.

12 mars 1827 : la loi sur la presse passe, par 233 voix contre 134, mais tellement modifiée par la Chambre des Pairs que le gouvernement décide de la retirer le 17 avril. La popularité de Charles X baisse de plus en plus. Le peuple s’imagine que le roi est occupé exclusivement par la messe et la chasse.

12 avril 1827 : un bail est signé entre la 6e Légion à Cheval et la ville de Châteaubriant, à propos d’un local situé au château, au rez-de-chaussée (galerie), comprenant « du côté vers Sud une écurie avec mangeoire et râtelier et emplacement au devant pour le dépôt du fumier ; à l’est et dans la même cour, un magasin avec une petite pièce servant de sellerie, et, au derrière, du côté de l’Est, une petite cour dans laquelle sont un puits et un cabinet de latrines ». Il y a aussi des pièces au premier et au second étage : « chambres à feu » avec parfois alcôve et garde-robe, pièce servant de dégagement dans laquelle est un bûcher, etc.

19 avril 1827
 : séance extraordinaire du Conseil Municipal à Châteaubriant. En effet le Sous-Préfet, d’après les observations de l’inspecteur supérieur des chemins communaux, a jugé indispensable de redresser le chemin de Châteaubriant à Derval et de faire une entrée semi-circulaire avec la route de Nantes, en acquérant des terres à deux propriétaires voisins.

(pour la petite histoire, on notera que c’est la première fois qu’on voit apparaître, sur le cahier de délibérations, une étroite bandelette de papier, soigneusement collée, pour couvrir des mots sans doute inadaptés et éviter les ratures qu’on trouvait, jusqu’ici, sur les cahiers de délibération).

19 avril 1827 : et voilà la conclusion de l’affaire Guibourg, suite à l’avis du Comité Consultatif des Communes en date du 30 novembre 1826 : la ville reconnaît qu’elle n’a pas de droits sur la portion du mur soutenant la terrasse du jardin de M. Guibourg. Celui-ci demande donc, et obtient, le droit de faire réparer ou reconstruire le conduit de décharge « de notre cabinet de latrines qui descend sous l’aqueduc » et la ville s’engage à de rien innover pour rendre plus désavantageuse la position des Guibourg.

25 avril 1827 : en dépit des conseils de prudence, le roi Charles X passe en revue la Garde Nationale au Champ de Mars à Paris. Des cris hostiles se font entendre contre les ministres et en particulier contre Villèle. Le roi ordonne le soir même la dissolution de la Garde Nationale. La Garde Royale intervient dans les corps de garde pour en expulser les Gardes Nationaux. Ceux-ci rentrent chez eux, mais avec leurs armes. Elles serviront en juillet 1830. Ce fut un divorce de plus entre la royauté et la bourgeoisie parisienne.

Beaucoup de projets

3 mai 1827 : le Conseil municipal de Châteaubriant étudie les projets à mettre à son budget de 1828 :

- . Construction d’un petit aqueduc à la Porte Neuve pour l’écoulement des eaux des latrines appartenant à M. Connesson, établies dans le mur de ville, construction nécéssitée par la démolition du parapet et le comblement de la douve de la Motte.

- . Établissement d’une fontaine publique à l’entrée de la Vannerie « afin de faire jouir les habitants pendant toute l’année de la première nécessité, ce dont ils sont privés par l’abord impossible de la fontaine dans la saison des grandes eaux ». Cette construction, que le Conseil juge très utile, serait peu dispendieuse « d’autant qu’on pourrait facilement obtenir l’agrément des propriétaires voisins pour l’encastrer dans le mur de clôture de leur jardin ».

- établissement d’un puits dans le faubourg de Couëré « attendu que le seul qui y existe appartient à un particulier qui en interdit l’accès »

- . acquisition ou construction d’un presbytère. La commune estime que c’est nécessaire car M. le Curé est obligé de quitter le logement qu’il habite, à la Saint Jean 1828 et « il est inconvenant de le voir habiter ailleurs que dans une propriété appartenant à la ville ». Le Conseil est d’avis d’économiser chaque année 4000 francs pour cela

- . A propos de la demande présentée le 19 juin 1826 par plusieurs particuliers qui proposaient de faire une souscription pour l’achat d’une pompe à incendie, le maire a fait faire plusieurs publications annonçant que cette souscription était ouverte au secrétariat de la mairie. « Jusqu’à ce jour, il ne s’est encore présenté personne. Néanmoins, vu l’utilité d’une telle machine à Châteaubriant où la majeure partie des maisons sont construites en bois » le maire invite le Conseil à prendre cette proposition en considération.

- . Il est question aussi de la réfection du pavé dans une partie de la rue de Couëré « entre la maison de Bernard Dutreil et la Cour de la Coquerie », attendu que la rue est très bombée « et qu’un cavalier en y passant court les risques les plus dangereux »

Mais si peu d’argent

- . Quant au repavage de la rue de Basse Rue, qui a été décidé le 13 mai 1825, il n’a pas encore été réalisé suite à l’établissement du Tribunal au château. C’est pourtant indispensable de le faire « vu qu’un amas d’eau croupissante s’y dépose dans la moitié, faute d’égout, ce qui la rend toujours sale et insalubre »

- . Mais il n’est pas sûr que le budget de la ville permette ces travaux dans la Basse Rue. Le maire suggère alors de repaver la rue Claire Goutte « qui serait presque totalement à la charge des propriétaires », chacun d’eux devant payer pour 1,50 mètres de large sur la longueur devant sa propriété.

- . Il faut aussi changer deux croisées situées dans la salle d’audience du Tribunal au château « pour la raison que cette salle est richement décorée. Les deux croisées, en bon état, pourront être employées ailleurs dans le château ».

- . Il faut en outre entretenir le lavoir public « si utile à la classe malheureuse », pour en rendre l’eau plus propre et plus salubre. « Il est urgent de faire réparer plusieurs billots en pierres qui servent à laver, et d’en changer plusieurs qui sont en bois, et de faire construire un hangar du côté de l’ouest sur la longueur du bassin pour y mettre à l’abri les personnes qui y vont laver surtout en hiver » [NDLR, le cahier porte l’orthographe hangard qui renvoie à l’étymologie du mot : haim (hameau) et gard (enclos)]

- . Et puis il faudrait rétablir la rampe du château donnant en haut de la Grand Rue « qui se trouve maintenant quelque peu impraticable » et construire un petit aqueduc dans le fossé, à l’est de la promenade des Terrasses « pour éviter aux promeneurs, quand il tombe de l’eau, de se mettre les pieds dedans »

- Retour aussi sur la suppression de la chambre située au dessus de la halle aux grains. « Cette chambre appartient à M. Camberlin et il faut la lui acheter soit de gré à gré, soit par voie d’expropriation forcée pour cause d’intérêt public »

La ville, on le voit, a d’énormes besoins, tout en étant consciente que ses ressources ne lui permettent pas l’accomplissement simultané de tous ses projets.

6 mai 1827 : les choix budgétaires sont faits. La ville va continuer à payer 500 francs de supplément de traitement au Curé de la paroisse.

Le loyer de la mairie, qui était de 150 F a été élevé à 250 francs par suite du changement de local et d’après le bail du 16 septembre dernier. Et 250 francs supplémentaires car le nouveau local « mérite par sa beauté d’être décoré proprement : deux fauteuils, une douzaine et demie de chaises, une table ovale, un tapis, et du papier pour tapisser le plafond de la pièce qui doit servir aux réunions de conseil »

Il faut en outre compter 75 francs pour réparer l’horloge et 20 francs pour louer un magasin pour la mairie pour y ramasser « les outils, brouettes, bois, ferrailles et autres objets appartenant à la ville ». La maison de l’école charitable occupée par les Dames Ursulines de Chavagnes nécessite par ailleurs 213,75 francs de travaux et il est prévu 300 francs pour le secours des malades à domicile.

Enfin le conseil retient pour 200 francs la réfection du pavé dans une partie de la rue de Couëré « entre la maison de Bernard Dutreil et la Cour de la Coquerie »,

8 mai 1827 : l’administration des Ponts et Chaussées demande à la ville de Châteaubriant si elle est ou non disposée à contribuer aux dépenses d’établissement d’un mur de soutènement de la Chaussée de la Torche dont une partie est écroulée et si elle consentirait à supporter SEULE les frais de construction d’un parapet. Le Conseil, voulant prouver que « les sacrifices pour le bien public ne sont jamais en défaut » consent pour moitié de la dépense .... « bien que ne connaissant pas le montant ! »

14 mai 1827 : suite au palatrage et au remblaiement de la douve de la Place de la Motte, il est nécessaire de refaire le ;pavé pour conduire l’eau qui demeure croupissante sur le côté ouest de la Porte Neuve, vers la conduite de latrines appartenant à M. Connesson dans le mur de ville. Coût 223 francs.

Il est décidé aussi de construire deux petits aqueducs à l’entrée de la promenade de La Motte pour en faciliter l’accès et de faire planter le terrain vague qui se trouve à l’entrée des Terrasses au sud des prisons (150 francs). Enfin 30 francs sont mis au budget pour construire un petit trottoir sur la place d’Aiguillon (=place de la Motte) « afin qu’on puisse passer sur cette place sans se mettre dans la boue ». Décidément, les eaux croupissantes, la boue, les latrines sont au centre des préoccupations des conseillers municipaux dans ces années 1825-1830.

15 mai 1827 : on se souvient que des terrains ont été proposés à MM. Bain et Doré pour l’ouverture de la Rue de Bourbon. Finalement ces messieurs n’en veulent pas. Le conseil alloue 527 francs au premier et 800 francs au second, pour terminer l’affaire qui remonte à novembre 1825.

24 juin 1827 : malgré les hésitations du roi Charles X, une ordonnance rétablit la censure sur la presse, signe de l’embarras dans lequel est plongé le gouvernement.

29 juin 1827 : les autorités de Châteaubriant sont invitées à une cérémonie officielle (une procession à l’issue des Vêpres) pour la clôture du Jubilé décrété par le Pape Léon XII. Cette cérémonie fait écho à la grande procession qui s’est déroulée à Paris le 3 mai 1827, manifestant l’alliance officielle entre l’Eglise et l’Etat. (1)

L’hôtel du Bois du Liers

28 août 1827 : le Sous-Préfet annonce à la mairie de Châteaubriant que Mme Veuve Dubois Du Liers est disposée à vendre sa maison, rue de Couëré, pour servir de Presbytère, au prix de 13 000 francs. Cette maison lui paraît très convenable.

Ce même jour, le Conseil Municipal de Châteaubriant admet 36 francs en « non-valeur ». C’est la somme que Martin Connesson devait donner à la ville pour compenser le fait que « la Mère Bouteiller » ne peut plus utiliser la chambre qu’elle habitait au château. C’est la première fois qu’on voit apparaître un « pro-duit irrécouvrable », procédure qui est fréquente de nos jours.

Septembre 1827 : Villèle obtient du roi le principe de la dissolution de la Chambre. Presque tous les préfets prévoient que les élections seront catastrophiques.

6 octobre 1827 : le Sous-Préfet de Châteaubriant nomme Martin Connesson comme commissaire enquêteur, « pour procéder à l’enquête publique de commodo et incommodo sur le projet d’acquisition de l’hôtel Boisdulier »

6 novembre 1827 : Jean-Baptiste Lafond a démissionné de sa fonction de maire de Châteaubriant. C’est Ernoul Provosté, adjoint, qui est chargé de l’intérim. Ce 6 novembre 1827, il confirme l’intérêt de la ville pour l’achat de l’hôtel du Boisdulier.

17 novembre 1827 : l’effet des élections fut immense, dépassant de beaucoup les craintes du cabinet et les espérances de l’opposition.

25 novembre 1827 : toujours avec Ernoul Provosté, la ville s’interroge : quelles sont les parties du vaste hôtel du Boisdulier qui seront affectées au Presbytère ? La cuisine, l’office, les salles et salons de la maison principale, les chambres et greniers au dessus de ces appartements « fors ceux au dessus de la salle », la cave au dessous de la dite salle, ainsi que la cour au midi de la cuisine et le jardin à l’ouest de cette cour et les petits apparte-ments régnant tout le long de la dite cour vers midi et même dans la cour commune.

Les appartements occupés par Mme Veuve Gautron, situés à l’est du portail d’entrée sont réservés, de même que les chambres et greniers au dessus de la salle. La division de la maison entre Monsieur le Curé et la ville devra être indiquée sur le plan.

29 novembre 1827 : convocation des autorités civiles et militaires pour assister à Châteaubriant à la fête de la St Charles en l’honneur du Roi Charles X


Sources :

- Archives municipales série 1 D 17 et 2 D7

- Histoire de la France et des Français par A. Castelot et A. Decaux (Editions Robert Laffont)

- Histoire du peuple français, par Pierre Lafue et Georges Duveau (Ed. Nouvelle Librairie de France)

- le site très complet de Vincent Bugeaud sur la Chouannerie : http://chouannerie.free.fr/


Les Sous-Préfets de Châteaubriant

7 avril 1800 : Bernard Dutreil
24 juillet 1811 : Luette de la Pilorgerie
1er mai 1815 : Lorois
24 juillet 1811 : Victorien Luette de la Pilorgerie (père)
1815 : Victorien Luette de la Pilorgerie (fils)
24 février 1819 : Luc Barré de Jalais
21 août 1822 : Auguste de Boispéan
6 septembre 1830 : Yves Luneau