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St-Aubin-des-Châteaux


 

(Ecrit en 1990)

 Petite Commune - GRANDS PROJETS

Bonjour Monsieur le Maire.
Dans son modeste bureau le premier magistrat de la commune, Michel RETIF, nous accueille, entouré de ses trois adjoints : Marcel BEAUTRAIS, Jean-Paul PESLERBE et Jean HAMON. L’accueil est chaleureux, le visiteur est attendu et se voit remettre un guide d’accueil très complet : les caractéristiques physiques de la commune, les sports et loisirs, les commerces locaux, les permanences diverses, les noms des Conseillers et des secrétaires de la mairie.

Et, bien sûr, un plan détaillé de la commune. Le tout est présenté dans un dossier bleu qui s’orne de l’écusson de St Aubin des Châteaux : la Croix des Templiers avec l’Hermine de Bretagne et la Fleur de Lys des Rois de France.

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St Aubin des Châteaux
Au Breil Herbert
Les étables abandonnées
Dressent encore, fières,
Leurs gerbières de brique
et de pierres

 L’OISELET DE LA CONNELAIS

St Aubin des Châteaux. Quelle est l’origine de ce nom ? Il est probable qu’une voie romaine (comme partout en notre région), traversait le pays. « Il y a cent ans, on voyait encore à travers champs des morceaux bien dallés qui, passant près du Moulin Neuf de Frény, semblaient se diriger à travers les landes vers St Jean de Béré. A l’ouest, la voie franchissait la Butte St Melaine, traversait le village de la Chapelle et gagnait la forêt de Domnaiche. Vers l’est, la voie obliquait vers Le Perray. Un vieux nom, Le Perray, Perré, Piriacus, qui révèle la présence de pierres. A la sortie du village du Perray, la large voie empierrée menait au Gué sur la Chère » raconte l’Abbé GUIBERT, qui a vécu à St Aubin entre 1902 et 1909.

Le pays, du temps des romains, était couvert de forêts et de landes désertes. Les voies romaines qui le traversaient devaient être surveillées, gardées même, contre les attaques des gens du pays et des pillards. Tout le long de cette voie qui allait de ce qui sera Châteaubriant vers le Pays des Vénètes (Vannes) et des Rhedonnes (Redon), il y avait des postes de soldats établis sur des hauteurs dominant la voie. C’étaient sans doute de petits fortins qu’on appelait des « castella ». C’est là vraisemblablement l’une des origines du nom : St Aubin des Châteaux. Dans les vieux actes de 1183, il est question de « Sancti Albini in castellis ».

« Dans les postes, les soldats n’étaient pas toujours à la peine. Quand les brigands leur en laissaient le loisir, ils se promenaient dans le pays et nouaient des idylles qui parfois se terminaient en mariages. L’autorité militaire leur faisait don d’un lopin de terre qui fut désigné sous le nom de « curtus » qui veut dire « petit bien ». On retrouve ce mot « court » dans de nombreux villages de chez nous : La Courtinais, la Cour aux Chats, la Cour Gautron, la Cour Gautier » explique Alexandre DENIAU, qui fut curé de St Aubin en 1945.

Mais pourquoi « St Aubin » ? On dit que c’est le nom d’un grand évêque, qui naquit au pays des Vénètes, devint moine à St Sauveur de Redon et dont la réputation de sainteté était si forte que la population d’Angers le réclama pour évêque. Les moines de Redon, longtemps après la mort de l’évêque, se rendaient à Angers pour vénérer ses reliques. On dit que c’est alors qu’ils eurent l’idée d’établir un lieu de culte dans la Vallée de la Chère, à Vaguerin, au Paradis. Le mot « Paradis », dans le Pré-Moyen Age, indiquait un cimetière et un oratoire avec une habitation pour les desservants. C’est en ce lieu de Vaugerin que se trouve peut-être la première paroisse du village. Mais comment le lieu de culte fut-il transféré de la Vallée de la Chère sur la hauteur où se trouve le bourg actuel ? Il court à ce sujet une étrange légende, celle de l’Oiselet de la Connelais.

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St Aubin des Châteaux

Entre Haute Rive et La Souchais, l’œil aperçoit une hauteur, la Butte St Melaine. De là, le regard suit les détours de la Chère qui sort du ravin de la Roche, passe en cascade sous les tenants et virants du Moulin d’Hubert, traverse entre Haute Rive et la Pisle aux Draps de la Grippais et court se jeter dans l’étang de la Hunaudière. Sur cette Butte St Melaine, avec l’horizon ouvert partout et la Chère formant fossé au bas, les seigneurs, dit-on, décidèrent d’établir le bourg. Il y avait une autre butte pourtant, la Butte du Tertre, mais ce n’étaient que broussailles et futaies habitées par les sangliers et les loups. Seul un moine avait rêvé d’y bâtir une église.

Et tandis que les seigneurs faisaient charroyer d’énormes blocs de pierres pour faire les assises du château sur la Butte St Melaine, le moine se mit en prière devant la relique de St Aubin qu’il possédait : le petit doigt de sa main droite. Et, à la première clarté de l’aube, quand il entendit chanter le rouge-gorge, il prit sa précieuse relique et, par la viette du Bois de la Roche qui tourne sur les bords ombreux de la Chère, il la transporta au sommet du Tertre et construisit un petit oratoire de branchages et voici ce qui arriva : quand le soleil fut totalement levé, les vassaux des seigneurs se mirent au travail mais ils eurent beau faire, un petit oiseau arrêtait tout.

Et ni les cris des seigneurs qui juraient par tous leurs dieux, ni les coups de fouet, rien n’y fit : à l’entrée du chemin, sur la branche la plus menue d’un chêne l’oiselet chantait. Une musique si douce que la colère des seigneurs tomba et que les jurons des charretiers leur rentrèrent dans la gorge. Même les chevaux s’arrêtèrent, oreilles droites. Et l’oiselet chantait si bien que les grosses pierres se mirent à le suivre, s’arrachant au fossé des fondations, descendant le coteau St Melaine comme des taureaux qui mouchent, sautant la Chère à qui mieux mieux, grimpant la Butte du Tertre. Elles se rangèrent autour du grand chêne au pied duquel le moine priait. Les seigneurs, les ouvriers, les « perrayeurs » et les « char’tiers » n’en revenaient pas. Et quand ils virent le moine prosterné devant le petit os desséché, ils comprirent. Et le bourg pris le nom de St Aubin. Du moins, c’est ce que dit la légende.

Avec ses 1350 habitants (dont 310 agglomérés et les autres dispersés dans la campagne), le bourg de St Aubin est juché sur une colline de 70 mètres d’altitude (91 mètres maximum sur la route de Châteaubriant en limite de commune). On y accède par une route en lacets, comme pour un village de montagne, ce qui ne manque pas de donner au bourg un aspect attrayant. Avec ses 47 km2 de superficie, la commune de St Aubin est aussi étendue que celle de St Nazaire et plus étendue que Châteaubriant. Mais elle ne compte que 28 habitants au km2, contre 417 à Châteaubriant et 1461 à St Nazaire.

St Aubin est bien dotée en rivière (La Chère) et ruisseaux au nom parfois étrange : le Néant, le Néguery, le ruisseau de St Georges et celui des Veslais. Elle compte en outre cinq étangs naturels : la Courbetière (en partie avec Châteaubriant), la Hunaudière (en partie sur Sion les Mines), Chahun et la Petite Fenderie (en limite de la commune de Sion) et Beauchêne (en limite avec Rougé). Le paysage est boisé avec le Bois de la Roche, le Bois de Jeux (autour du Château du Plessis). La Forêt de Teillay et celle de Domnaiche sont très proches.

85 F le m2 - Imbattable

Petit bourg mais grands projets. Le maire, Michel RETIF les a détaillés pour 1990 :

D’abord des LOGEMENTS LOCATIFS. Maintenant que l’assainissement du bourg est terminé (ce n’est pas vieux, cela date de 1989 !), la municipalité a cinq logements en prévision : une réhabilitation (totalement autofinancée par la commune) et quatre logements neufs : « Nous donnons le terrain et nous concédons la construction des logements à une société. Dans 55 ans, ces logements seront propriété de la commune » explique Michel RETIF qui compte bien que ces logements seront prêts pour juillet 1991. Ce faisant, il espère attirer des habitants sur sa commune qui ne se trouve guère qu’à 9 kilomètres de Châteaubriant. « Nous avons aussi des terrains à vendre dans le lotissement communal, à 85 F le m2 » explique Marcel BEAUTRAIS : c’est donné ! Le lotissement se situe en face du terrain des sports, sur la route de Ruffigné et Sion les Mines et il reste trois lots (mais nous pouvons en faire cinq de plus, rapidement, au besoin, disent les élus).

Deuxième projet : AMENAGER LE BAS DU TERTRE c’est un endroit particulièrement beau, au bord de la Chère. La municipalité veut y faire un plan d’eau en recreusant la rivière et en faisant un barrage. Une aire de loisirs au pied de la Butte du Tertre ne peut que renforcer l’attrait du bourg.

Troisième projet : REPENSER LA PLACE DE L’EGLISE, la fleurir, la rendre moins « minérale ». L’étude a été confiée à un cabinet d’architecte de Nantes, « Paysages de l’Ouest ».

Quatrième projet : REVOIR L’AMENAGEMENT FONCIER. Le CRACDA de Châteaubriant (organisme dépendant de la Chambre d’Agriculture) a fait une étude sur les sols de la commune « on peut les classer en quatre grandes catégories en fonction de leur substrat : le grés, les schistes d’Angers, les schistes tendres et les cuirasses ferrugineuses. Les aptitudes de ces sols sont différentes mais on constate que les cultures pratiquées correspondent davantage aux systèmes d’exploitation qu’à la vocation des sols ». Cette étude a relevé les atouts de la commine et aussi ses faiblesses et elle a fait des propositions :

-  conserver le caractère paysager original de la commune

-  regrouper les propriétés autour des sièges permettant leur exploitation

-  tenir compte de la co-existence d’autres activités (notamment loisirs et boisement éventuel)

 Aménagement foncier : Ne pas faire n’importe quoi

Elle propose aussi d’opter pour d’autres productions agricoles, par exemple des vaches allaitantes sur des sols qui ne « méritent » pas de drainage et ont une bonne aptitude pour la prairie, ou des productions animales intensives à partir de fourrages de qualité (taurillons) ou de céréales (porcs), et enfin, des productions nouvelles (oléagineux, petits pois, tournesol, selon la nature du sol et en lien avec les Centres de Frais de certains grands magasins). Ceci peut exiger une aide de la commune pour l’installation de jeunes agriculteurs (exonération d’impôt foncier) ou pour le drainage, voire pour la construction d’atelier-relais pour les productions animales. Cette réflexion est en cours au sein de la municipalité.

Enfin cinquième projet. « NOUS VOULONS UNE PHARMACIE » à St Aubin des Châteaux explique Jean HAMON. « La commune a de nombreux commerces, presque tous les commerces, et il s’en implante de nouveaux. Elle a un médecin qui ne manque pas de clients. Il nous manque une pharmacie ». La demande est faite depuis deux ans. Aboutira-t-elle ? Cela dépend de la décision du Préfet.

Note : en 2006, ces cinq projets sont réalisés. La commune a même construit une salle des fêtes appelée "Espace Castella" et s’apprête à accueillir un Foyer de vie.

 35 week-ends par an

St Aubin est une commune qui ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. Elle a la chance de connaître une riche vie associative : « on peut dire qu’il se passe quelque chose à St Aubin, 35 week-ends par an » dit Jean-Paul PESLERBE qui, responsable de l’association ARCEL, sait de quoi il parle. L’ARCEL (Animation Rurale Culture et Loisirs) organise des conférences : la toute dernière, sur le Don d’Organes a attiré la foule dans la magnifique salle polyvalente. Tous les ans, elle organise la Fête du 14 juillet, le Centre Aéré (qui accueille 45 gosses) et même un réveillon spectacle à la Saint Sylvestre : le dernier, qui a refusé du monde, a fait le plein en 10 jours, sans publicité. La CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) est aussi très active. Créée en 1982 avec 11 membres, elle en compte maintenant 75 et peut fournir une vingtaine de matériels différents à ses adhérents, du round-baller à l’enfonce pieux. Il faudrait aussi parler de l’Union Sportive Aubinoise et du hand-Ball Club Aubinois (qui organise tous les ans la Fête des Rosalies) et les groupements de Parents d’Elèves, et l’union des commerçants. Sans oublier le Club du Troisième Age qui s’appelle « L’Age du Rêve » (Tout un programme !)

 Un travail collectif

Un conseil municipal, dans une petite commune, cela ne se passe pas comme dans une grande. A Châteaubriant, par exemple, les projets de délibérations sont remis à chaque conseiller quelques jours avant la séance, et votés le jour du Conseil, avec quelques modifications éventuellement. Mais il n’en est pas de même lorsqu’il n’y a, comme à St Aubin, que 15 conseillers. « Nous débattons, dit le maire, le secrétaire de mairie prend des notes et rédige la délibération ensuite. Elle ne devient définitive que lorsque les conseillers ont approuvé le compte-rendu du Conseil ».

A St Aubin, comme presque partout désormais, le Conseil travaille en commissions. Il y en a six : finances, bâtiments communaux, urbanisme et environnement, voirie-agriculture-hydraulique, affaires scolaire, sports-animation-culture-information. « Nous n’avons pas créé de commission extra- municipale, mais, lorsque le sujet est important, nous invitons les responsables des associations concernées et nous leur laissons la possibilité de se faire accompagner de deux personnes de leur choix » explique Marcel BEAUTRAIS.

C’est cela, St Aubin des Châteaux,
Une commune qui sait ce qu’elle veut
Haute en altitude
Haute en ambitions
La beauté des paysages vallonnés
Et de charmants villages
Entre Chère et collines
La richesse de la vie associative
Et la bonne santé économique
A Saint Aubin, on est bien !

 Promenade à St Aubin

La campagne aubinoise est fort agréable, au printemps quand sont fleuris les « jaunaies » et qu’embaument les aubépines tout au long des taillis. Le paysage de bocage au maillage serré, avec un relief accidenté est souvent pittoresque. Il y a des bois sur tout le territoire communal mais souvent il s’agit de petites surfaces parfois en friches. Les routes sont sinueuses mais jamais monotones ; certaines ne sont que grossièrement empierrées quand elles conduisent à des villages abandonnés, le Breil Herbert par exemple, où les granges de pierre, à lucarnes ou fenêtres entourées de briques, ne manquent pas d’allure. Les noms de lieux-dits évoquent les hauteurs « La Butte », « La Motte » ou la rivière qui les traverse « Chère ». Les maisons ont très souvent la forme des longères caractéristiques de la région et les échelles de bois, qui ont un montant plus haut que les autres, sont toujours là, dressées en façade, permettant l’accès aux gerbières. Les toits sont en ardoise mais la tempête de février 1990 y a causé de nombreux désordres.

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St Aubin des Châteaux

L’habitat est souvent groupé en gros villages dont certains n’ont plus d’agriculteurs (La Chapelle, le Perray). Dans ce paysage agricole, le bourg apparaît très ramassé sur sa butte.

En pleine campagne, deux activités semi-industrielles sont à signaler : il s’agit de deux carrières. L’une, au Bois de la Roche, assure la fourniture de cailloux pour les routes. Sa couleur rouge, tout près du bourg, tranche sur le vert omniprésent. L’autre, fournit de la terre bleue au lieu-dit « Le Tertre Rouge » : une argile bleue, le plus souvent exportée, pour fabriquer des briques réfractaires.

 St Aubin en chiffres

Selon le percepteur, St Aubin des Châteaux a une bonne santé financière. Son endettement se traduit par une charge de 383 F par habitant, contre 526 en moyenne pour les communes de même importance. Cela fait 3 ans que la commune n’a pas eu besoin de faire d’emprunts !

La commune fait 11 km de long et 7 km de large.

En 1989-90, il y avait 154 gosses dans les écoles primaires : 101 à l’école publique et 53 à l’école privée. Et il y a 17 gamins qui sont inscrits à Châteaubriant, ce qui pose des problèmes à la commune quand elle doit se battre pour empêcher la fermeture d’une classe.

108 exploitations agricoles ont été dénombrées en 1989 (ce qui représente 187 personnes actives agricoles). La surface moyenne est de 32,3 ha (contre 30,3 en Loire-Atlantique). La production est essentiellement animale. L’âge moyen des chefs d’exploitation est de 49,7 ans (contre 48,3 en Loire-Atlantique). Dans quelques années, 644 hectares de terres seront libérés par leurs exploitants, avec succession non assurée. Les terres sans successeur iront grossir les exploitations existantes ou serviront à l’installation d’un jeune.

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St Aubin des Châteaux

 IL y a 200 ans

Nous voulons un pont

St Aubin, comme la plupart des communes de France, a fait son cahier de doléances en 1789. En voici un extrait :

« Dans cette paroisse, il y a plusieurs rivières mais surtout celle de Chère qui est un assez grand cours d’eau, qui est à présent sans arche ni pont pour passer ni bœuf ni voitures sans courir risque de perdre la vie. Les cavaliers et gens de pieds sont souvent obligés de perdre le service divin, également pour l’administration des sacrements que pour le transport des corps morts pour recevoir la sépulture à l’église de la paroisse ».

Pourquoi ils demandent que le grand pont du moulin à eau de St Aubin des Châteaux soit fait et rétabli comme il était anciennement, au lieu de deux planches qui y existent présentement.

Demandent pareillement qu’il soit aussi ordonné à Monsieur Degrand Ville-Loquet, seigneur de Fougeray, de faire des arches, ponts et chaussée et passage viables au lieu et passage de la Chapelle (...)

 Sous la Révolution

Dans les notes qu’il a laissées sur l’histoire de St Aubin, l’abbé DENIAU, curé, s’intéresse essentiellement à l’histoire religieuse du bourg. Mais il a cependant des remarques fort pertinentes. Il explique par exemple qu’à la veille de la Révolution, les juridictions s’enchevêtraient, ce qui avait pour effet de multiplier les notaires, procureurs, etc. qui centuplaient les papiers timbrés et les actes et « mangeaient à belles dents les héritages des autres. A la fin du XVIIIe siècle, la plupart des seigneurs ont abandonné leurs châteaux et bien des nobles délaissent leurs manoirs pour faire une carrière libérale ou militaire. Ils se font remplacer par des procureurs, pressés de faire leur « boule » aux dépens de leurs maîtres mais aussi des métayers : la haine sourd au cœur des exploités. Des réformes s’imposaient. Le plus curieux, c’est que ce fut le Tiers Etat qui se fit le champion de ces réformes et qu’il était surtout composé des auteurs de ces abus... » écrit-il.

A cette époque, le seigneur était un Du Fresne de Virel, qui possédait le Château du Plessis. Il n’en fut chassé que très provisoirement par la Révolution. Parmi mes nobles, on relève les noms de Jean Antoine Luette de la Pilorgerie qui était chevau-léger de la garde du Roi. Son gendre, Le Pays de la Riboisière aurait été le premier Capitaine de la Garde Nationale de Châteaubriant. Le huguenot Jean de Virel fut capitaine gouverneur de Châteaubriant tandis que Pierre II Bonnier de la Coquerie devint gouverneur de Guérande et Président du Parlement de Bretagne à Rennes. Il faut signaler aussi les Bastard de Villeneuve, les Colins de la Biochais, les Couraud du Bois Robert et Louis Peslerbe, avocat à la cour et sénéchal de St Aubin.

Du côté des bourgeois, hommes de loi, notaires, procureurs fiscaux, l’abbé DENIAU relève les noms de Narbonne du Feuillais, Roul de la Touche, Houssais de la Doue, Camus de la Motte, Jambu de Mauny, Denieul de l’Oiselière. Ils portaient le nom de « maître », puis de « noble maître ».

 Les Maîtres de Forges

En dehors des hommes de loi, quelques hommes faisaient figure d’industriels : c’étaient les maîtres des Forges de la Hunaudière, de Chahin et de Nicord. Les Forges occupaient de nombreux ouvriers, des « perrayeurs » pour extraire le minerai, des charbonniers pour fabriquer le charbon de bois, des « sacquiers » pour transporter minerai et charbon à dos de cheval, et puis il y avait tous les fondeurs qui se transmettaient le métier de père en fils. Le maître de Forges ne pouvait enlever sa charge à un fondeur sans un jugement où les ouvriers étaient appelés pour juger leurs pairs. A côté des fondeurs, il y avait les affineurs, les cloutiers et les « grelottiers » ceux-ci étaient chargés de ramasser les fumerons mal consumés (appelés « grelots ») et de les faire recuire pour en tirer le fer. Ils profitaient des feux pour faire griller des feuilles de tabac. Ces « grille-betun » fournissaient du tabac aux betuneurs, à la barbe du fisc.

A côté des forges fixes de la Hunaudière ou de Chahin, il y avait des forges volantes comme au Bois de la Roche ou au Bois Vert. En 1789, il y aurait eu 800 ouvriers à St Aubin ! Rien que pour la forge. Mais il ne faut pas oublier les autres métiers : les peigneurs de laine, les tissiers, les sargers, les tailleurs d’habits, les sabotiers. On dit qu’une « Pisle à draps », appelée aussi « Pisle à Foulon » a existé près du manoir du Bois Vert jusqu’au milieu du XIXe siècle. On parle d’une autre « Pisle à draps » du côté de la Grippais.

Citons encore les meuniers, les charpentiers, les couvreurs (dont l’un Jean Huet, en 1782, était dit « la Liberté », les garde-champêtre. Il y eut même une sage-femme, Jeanne Moron, au bourg.

 « Des gens prudents et honnêtes »

Des cultivateurs, il y en avait de diverses sortes : les hommes de loi étaient eux-mêmes des cultivateurs. A notre époque, on les aurait appelés des cumulards. Les fermiers étaient proches, au point de vue social, des hommes de loi : la vie commune avec les nobles des manoirs les rapprochait d’eux. Dans les rares actes où il est question de fermiers on dit « maître « ou même « noble homme » c’est dire la place qu’ils occupaient au-dessus des ouvriers et artisans et de ceux qui ne cultivaient qu’un lopin de terre.

Quant aux autres, à ceux qui constituaient le « bas-peuple », les métayers, les journaliers, les miséreux, l’histoire n’a rien retenu d’eux.

Pendant la Révolution, St Aubin des Châteaux eut son curé « jureur », Charles RICHARD, qui était vicaire à Louisfert, tandis que le recteur Etienne-Mathurin LE METAYER, qui avait refusé de prêter serment, s’était enfui chez sa nièce qui résidait Faubourg de la Torche à Châteaubriant. Bien que caché et proscrit, il continua à exercer son ministère sans être trop inquiété : il était en relation avec les Chouans de par ses attaches de famille et était aussi l’allié des TREBUCHET, du Petit Auverné. Ceux-ci avaient une tante qui était la maîtresse de CARRIER à Nantes, et une fille Sophie qui avait fait la connaissance de Muscar et Hugo, chefs militaires à Châteaubriant. « M. LE METAYER trouvait souvent refuge chez les TREBUCHET et y rencontrait chefs révolutionnaires et chouans, pas ensemble évidemment. Ce double jeu des TREBUCHET lui servit à seconder les efforts de modération de la municipalité de St Aubin » dit encore l’abbé DENIAU qui pense qu’il y eut des chouans à St Aubin, et des gens qui se faisaient passer pour tels pour servir leurs appétits de pouvoir et d’argent. « Il y eut des actes regrettables de part et d’autre ; il y en aurait eu bien davantage si notre population avait été la proie des exaltés au lieu d’avoir pour la diriger des gens prudents et honnêtes » écrit-il.


EN REMONTANT LE TEMPS...

 LA CHAPELLE DES TEMPLIERS

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Chapelle des Templiers - l’enfeu
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Chapelle des Templiers
Serrure de la porte sud

Au cours du XIIe siècle, les Templiers remanièrent cette antique chapelle pour en faire l’église de leur commanderie. C’est ainsi que la voûte de bois primitive fut soutenue par de gros contreforts et qu’une porte fut agencée dans la façade. Les trois voussures qui encadrent cette porte mérite l’attention du visiteur. En effet, la voussure de bas n’est pas dans l’axe des deux autres. Certains y ont vu un symbole ésotérique. Des arbalètes gravées dans la pierre de chaque côté de cette entrée sont un témoignage incontestable de cette présence des Templiers. Une niche surplombant la porte recevait la statue de saint Jean-Baptiste, titulaire de la chapelle.

Au sud, une petite fenêtre éclairait l’autel et deux portes, dont l’une avait été agrandie afin de permettre le passage de charretées de foin... (l’église a servi d’écurie jusqu’en 1910). Au nord, le mur est légèrement dévié vers la gauche. Dans celui-ci, deux fenêtres en forme d’ogive ont été percées. Elles sont moins larges que les ouvertures primitives. Celle qui est la plus proche est simplement encadrée de pierres de Nozay. La seconde possède un curieux trilobe qui ferme l’ogive, peut-être est-ce une réminiscence de l’art arabe ; le tout est surmonté d’un cadre qui supportait soit un sceau, soit une image. Le fond de la chapelle a été reculé entre les deux contreforts. L’autel est dominé par une fenêtre murée de quatre mètres de hauteur sur deux mètres de largeur.

On remarquera également le cadre d’un enfeu. Formé de moulures arrondies, ce cadre est surmonté d’un écusson portant trois fleurs de lys.

La charpente entièrement taillée à la hache, fait l’admiration des visiteurs. Elle comprend vingt-huit arcs de bois.